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Kvaratskhelia : jamais dans la tendance, toujours dans la bonne direction

Par Théo Juvenet
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Kvaratskhelia : jamais dans la tendance, toujours dans la bonne direction

Un geste signature, des aller-retours en pagaille et un leadership croissant... Khvicha Kvaratskhelia a encore une fois montré sa faculté à briller dans les moments importants. Dans un PSG façon Luis Enrique au dispositif ultra-amovible, le Géorgien a préservé toute son authenticité de jeu, faisant paradoxalement de lui un joueur différent.

Le PSG est à un match de connaître une seconde finale de Ligue des champions d’affilée, et de vraiment défendre son titre. Une phrase encore difficilement inimaginable il y a deux ans en arrière, d’autant plus que Luis Enrique était sur le point de finir sa première saison sur le banc parisien. Deux ans plus tard, son équipe a, malgré quelques lacunes défensives, prouvé toute l’étendue de son talent offensif dans une victoire épique face au Bayern Munich (5-4), équipe la plus en forme du moment et déjà titrée dans son championnat. De ses petites mains, Luis Enrique a transformé le PSG en une machine qui finit toujours par gagner quand il le faut, avec des joueurs ultra-complets capable de permuter dans tous les sens et déstabiliser n’importe quelle défense européenne. Mais parmi les Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Vitinha et João Neves, aussi brillants soient-ils ce soir, il ne faut pas oublier l’importance et la singularité d’un Khvicha Kvaratskhelia.

Un geste signature

Là où tout ce beau monde semble finalement regrouper les mêmes qualités (techniques, tactiques et même physiques), le Géorgien a ses caractéristiques bien à lui. Dembélé et Doué s’amusent à permuter, lui reste fidèle à son côté gauche. Arrivé il y a seulement un an et demi de Naples, Kvara est entré différemment dans la machine à laver Enrique, et continue de mystifier ses vis-à-vis du même geste signature avec lequel il faisait vibrer le Diego-Armando-Maradona. Une conduite de balle agressive, un abrupt crochet extérieur du droit, puis une frappe puissante mi-enroulée, mi-coup-du-pied, qui se loge régulièrement dans les petits filets opposés adverses, y compris dans celui de Manuel Neuer ce mardi soir, sur l’égalisation parisienne. Un cheat-code qui rappelle dans l’idée les meilleurs enroulés d’Arjen Robben à son époque, bien que ceux du Géorgien soient un poil moins poétiques que ceux du Néerlandais. Qu’importe, la finalité est là.

Auteur d’un doublé ce mardi, Kvaratskhelia montre aussi sa capacité à se muer en co-leader d’attaque avec Dembélé, en particulier les soirs d’Europe. Si son ratio matchs joués-buts n’est pas débordant en Ligue 1 (7 buts et 4 passes dés en 25 matchs), celui-ci atteint le très haut niveau dans la compétitions aux étoiles (14 rencontres, 10 buts et 5 offrandes, meilleur buteur du PSG cette saison en C1). Choisirait-il ses matchs ? L’explication à cette différence réside davantage en un autre trait qui caractérise l’ancien Napolitain : sa grinta à toute épreuve sur le terrain, qui dans des matchs de très haut niveau finit toujours par se voir. C’est précisément sur le repli défensif que Luis Enrique a su perfectionner son ailier, à défaut d’avoir pu lui faire comprendre la différence entre un temps fort et un temps faible. C’est même l’intéressé qui évoquait cela en conférence de presse, à la veille de cette orgie de football. « Techniquement, j’étais aussi bon à Naples. Mais je me suis beaucoup amélioré défensivement avec Luis Enrique, il m’a vraiment poussé. Avec ce coach, on doit défendre comme des défenseurs. »

LE leader d’attaque ?

C’est ainsi que Kvaratskhelia jaunit toutes les bandes gauches des pelouses de Ligue 1 et de C1, par des sprints incessants entre les zones offensives et défensives (son retour sur Denzel Dumfries lors de la dernière finale est restée dans toutes les têtes). Encore ce mardi soir, son appel côté opposé lui a permis de reprendre victorieusement un centre d’Achraf Hakimi pour inscrire son doublé, là encore sans se poser mille questions. Il n’a finalement pas beaucoup changé dans sa manière de jouer, mais ses performances le font doucement passer dans une dimension encore un peu plus supérieure. Preuve en est que cette saison, il est devenu le co-leader d’attaque avec son coéquipier Ousmane Dembélé, et que les statistiques pures lui donnent même un léger lead : les deux attaquants sont co-meilleurs buteurs du PSG avec 18 buts TCC, mais le Géorgien en compte quatre de plus que le Français en C1. Pas tant seul dans son coin que ça, finalement.

Dembélé : « Si tu ne presses pas, si tu ne défends pas, Luis Enrique te met sur le banc »

Par Théo Juvenet

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