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Luis Enrique, la révolution par la polyvalence

Luis Enrique a annoncé que son plus grand rêve serait de voir ses joueurs évoluer à tous les postes. Dans le monde du coach du PSG, des triangles se forment aux quatre coins du terrain, du gardien au numéro 9, qui eux-mêmes pourraient s’interchanger. Alors, bonne ou mauvaise idée ?
Gagner à l’EuroMillions, ne plus travailler de sa vie ou avoir accès à toute la nourriture possible ? Luis Enrique n’a pas les mêmes rêves que vous et moi. L’entraîneur du PSG, lui, nourrit l’espoir d’un autre foot, d’une utopie : « J’aimerais avoir des joueurs qui peuvent jouer partout. Nuno Mendes latéral, Nuno Mendes ailier, Nuno Mendes numéro 9. Ce serait un rêve d’avoir vingt joueurs qui peuvent jouer à tous les postes. Imaginez l’adversaire quand il voit le onze aligné avec des joueurs qui peuvent jouer partout… » Les latéraux droits de district se grattent déjà les veines en pensant recevoir un ballon dos au jeu dans la surface adverse, mais ce chaos organisé pourrait effectivement devenir pérenne.
Un réglage au millimètre
Luis Enrique n’est pas le seul à passer de drôles de nuits. Pep Guardiola s’inscrit dans la même pensée. Lors de son passage au Bayern, le Catalan comptait particulièrement sur David Alaba, Philipp Lahm et Joshua Kimmich, capables de jouer à tous les postes défensifs, de monter au milieu de terrain, voir plus haut pour l’Autrichien. « David Alaba est notre dieu. Il a déjà joué à quasi tous les postes », osait même le tacticien, qui a ensuite fait de Bernardo Silva son homme à tout faire à Manchester City, et qui semble avoir recruté Antoine Semeyo pour cette polyvalence.

Le jeu de position oblige à cette diversité, comme le football total néerlandais avant lui. Créer des triangles de passes aux quatre coins du terrain et trouver en permanence un joueur libre implique effectivement une liberté individuelle strictement cadrée. Ainsi, le défenseur central peut monter, pendant que le milieu redescendra et/ou qu’un des deux latéraux reviendra dans l’axe. C’est ce qu’ont dû apprendre Mario Lemina ou Jérémy Morel lors de la saison de Marcelo Bielsa à l’OM, car, dans ce processus, tous les rouages doivent être réglés au millimètre. Ces derniers mois, quelques grains de sable dans le système de Roberto De Zerbi – où Facundo Medina s’est retrouvé latéral, Amine Gouiri ailier gauche et Timothy Weah un peu partout – ont fait dérailler toute la machine.
S’inspirer de ce qui se passe ailleurs
La balance bénéfices-risques est justement instable au moment d’interchanger les joueurs chaque semaine. Mieux vaut-il avoir un avant-centre moyen qui peut suppléer sur les ailes voire dans l’entrejeu ou un très bon 9 exclusif ? L’expression « bon partout, mais excellent nulle part » existe-t-elle encore vraiment ? Dans d’autres sports collectifs, les schémas sont devenus si liquides que le numéro au dos du maillot n’a plus la même utilité. Pour échapper au casse-tête des replacements poste par poste, les rugbymen ont ainsi opté pour une polyvalence à outrance et il est désormais courant de voir des joueurs évoluer à cinq postes différents. Les « gros » peuvent maintenant entrer à la place de « maigres », l’inverse n’étant, pour l’heure, pas encore vrai. De la même façon, ces dernières années, le basket a vu fleurir le système small ball avec des joueurs plus petits que la moyenne, mais tous capables d’enquiller à trois points.
Exit le pivot qui ne sort pas de la raquette, le talonneur uniquement utilisé sur les touches et le milieu défensif seulement capable d’envoyer des longs ballons ? Dans un sport au rythme toujours plus exigeant, avoir des joueurs capables de compenser des blessures ou des choix tactiques s’avère nécessaire. « La problématique n’est pas la même pour nous que pour un club comme Monaco par exemple, qui a 15 joueurs. Eux, ils trouvent toujours une solution et n’ont pas besoin d’autant de polyvalence. À 9 pros, si tu n’en as pas, tu es mort », expliquait Elric Delord, ancien coach du Mans Sarthe Basket à Ouest-France. Il existe aussi des contre-exemples : cette saison, Nancy a l’effectif le plus garni de Ligue 2, mais compte dans ses rangs Jimmy Evans, ailier de formation, qui a évolué à… dix postes différents. On sait de qui Luis Enrique va rêver cette nuit.
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