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Le quart d'heure de gloire de Hinata Miyazawa

Par Anna Carreau

Actuellement meilleure buteuse de cette Coupe du monde, Hinata Miyazawa affiche quatre réalisations dont un doublé marqué contre l’Espagne. Numéro 7 du Japon ayant manqué les deux dernières grandes échéances, elle entame un revenge tour qui pourrait mener la Nadeshiko sur le toit du monde.

Le quart d'heure de gloire de Hinata Miyazawa

Revenge tour, épisode 2. Après la rage dévorante de Beth Mead lors du dernier Euro la poussant à devenir la meilleure joueuse de la compétition, une autre joueuse blessée d’avoir manqué les Jeux olympiques est en train de se faire un nom, cette fois-ci en Coupe du monde. Hinata Miyazama, 23 ans, compte déjà quatre réalisations en trois matchs et se classe pour l’instant au sommet du classement des buteuses, devant Alexandra Popp qui ne pourra plus la dépasser. Officiellement milieu de terrain, la numéro 7 japonaise obsédée par la vitesse – elle parcourt 50 mètres en 6.8 secondes – a martyrisé les pauvres défenses zambiennes et espagnoles, toutes deux victimes de ses jaillissements parfaitement maîtrisés et de sa finition chirurgicale. Elle-même semble un peu surprise par les dimensions que prend sa carrière internationale, ayant marqué lors de ce début de Mondial autant de buts que lors de ses 23 sélections précédentes. « Je n’avais jamais imaginé tout ça, assurait-elle en zone mixte, récupérant un deuxième trophée de femme du match après son doublé face à l’Espagne. Tous mes buts, c’est parce que mes coéquipières me font les passes qu’il faut. »

Tout pour la mama

Pourtant, l’histoire de Miyazawa avec la sélection japonaise s’écrit en pointillés. En 2019, c’est la mine déconfite qu’elle découvre qu’elle est écartée au dernier moment du groupe qui s’envole pour la France. Avant de vivre une désillusion beaucoup plus dure à encaisser : manquer les Jeux olympiques à domicile, alors que la finale se jouait à moins d’une heure de bagnole de chez elle. « J’ai été frustrée, reconnaît-elle dans une interview pour Sendai Sports. Mais je me suis dit que je ne devais pas m’arrêter là, en me disant simplement que j’étais déçue. Au contraire, ça m’a permis de me concentrer sur l’équipe et travailler dur pour la WE League. J’utilise cette frustration comme un tremplin. En regardant les Jeux olympiques à la télévision, je me suis sentie plus déterminée à faire partie de l’équipe la prochaine fois. » Lorsque finalement elle apprend qu’elle est retenue pour participer à la Coupe du monde en Océanie – bénéficiant du changement de sélectionneur pour retrouver Futoshi Ikeda avec qui elle avait remporté la Coupe du monde U20 en Bretagne – elle fond en larmes.

Quand mon nom a été prononcé, j’ai été soulagée, ou plutôt, j’ai eu la chair de poule. J’ai appelé ma mère et nous avons pleuré toutes les deux.

Hinata Myazawa

« Quand mon nom a été prononcé, j’ai été soulagée, ou plutôt, j’ai eu la chair de poule, raconte-t-elle. J’ai appelé ma mère et nous avons pleuré toutes les deux. Je lui ai dit : ‘J’ai enfin été sélectionnée !’ » Si, devant la cage, Hinata Miyazawa a cet instinct égoïste de la buteuse, elle n’oublie jamais de remercier sa mère de lui avoir permis de vivre son rêve. Fait assez rare dans un Japon très conservateur, la native de Minamiashigara a grandi sans son père, qui a quitté le foyer alors qu’elle avait huit ans. Pour nourrir Hinata et Keita, son frère, sa mère Takayo se coltine donc deux boulots à temps partiel. Les deux rejetons Miyazawa ont pourtant un projet commun qui lui coûte cher : celui de devenir pro. La faute au plus grand, qui a entraîné sa petite sœur de trois ans sa cadette dans des parties de foot qui font office de garderie. Alors après avoir facturé ses équipements, ses déplacements et ses entraînements à sa mère, Hinata n’a qu’un seul rêve lorsqu’elle signe son tout premier contrat professionnel en rejoignant la toute nouvelle WE League (première ligue professionnelle japonaise fondée en 2021) : « Connaissant la force de ma mère, je veux devenir encore plus forte et meilleure. » Depuis, elle donne également 1% de son salaire à l’action One Percent FCqui promeut un football accessible à tous.

« Je veux être une joueuse effrayante »

La gamine qui a grandi en voyant le Japon remporter la Coupe du monde féminine 2011 et en admirant Nahomi Kawasumi, à qui elle rend hommage à chaque match en portant un bandeau rose, fait ses premiers pas avec le club de MyNavi Sendai. Elle quitte ainsi le Tokyo Verdy Beleza après trois saisons, ayant notamment décroché pendant son passage le titre de meilleure jeune joueuse de la Ligue féminine et été la première lycéenne à être appelée avec la sélection A dès 2018. Passée à tous les postes de l’attaque au cours de sa formation, elle occupe aujourd’hui le rôle de détonateur des moindres offensives japonaises, qu’il s’agisse de faire accélérer le jeu au milieu de terrain ou de se projeter pour conclure. Un genre de couteau-suisse offensif dont le rôle a été sculpté pour elle dès ses années à la Seisa Kokusai High School, son entraîneur étant persuadé qu’elle pouvait amener à l’avenir « les buts dont le Japon aurait besoin ». Un type plutôt visionnaire.

Replacée dans l’axe avec son nouveau club, elle se décrit comme une joueuse qui « aime dribbler et percer ». « J’aime tourner dans un petit espace au milieu et faire une passe en profondeur. Je suis le type de joueuse qui veut tirer le meilleur profit des autres », insiste celle qui a pour consigne de « continuellement se déplacer entre les adversaires ». S’étant fait une place de choix dans l’effectif nippon, elle compte bien remplir les objectifs qu’elle s’était fixée en début de saison : « Je ne suis pas une attaquante, mais j’ai faim et j’essaierai de marquer des buts de n’importe où. Je veux être une joueuse effrayante rien qu’en étant sur le terrain. Je veux marquer un but par match. Je veux que les gens qui me regardent sourient et soient impressionnés. Je veux que les gens se disent : ’Je suis excité quand cette joueuse a le ballon’ ou ‘Je me demande ce qu’elle va faire maintenant’. » Son frère, lui, est resté à quai et n’évolue qu’en D6 japonaise à Kuno, d’où il débriefe au téléphone chaque performance XXL de sa sœurette. Mais au-delà de la reconnaissance de sa famille monoparentale, Hinata a un autre horizon : « Quand on pense au football féminin au Japon, on se souvient surtout de la victoire de 2011. Mais je veux changer cela. » La Norvège est prévenue.

Par Anna Carreau

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