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Randal Kolo Muani : totem moi non plus

Par Thomas Morlec
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Randal Kolo Muani : totem moi non plus

Convoqué dans la dernière liste de Didier Deschamps avant celle de la Coupe du monde 2026, Randal Kolo Muani retrouve les Bleus pour la première fois depuis juin 2025. Pourtant loin d’être flamboyant dans une équipe de Tottenham encore moins flamboyante, l’ancien Parisien peut compter sur le soutien indéfectible du sélectionneur tricolore. À juste titre ?

Pour ceux qui s’attendaient à voir du changement dans la liste de Didier Deschamps, c’est (encore) raté. Pour son ultime répétition avant la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Bleus n’a pas souhaité voir de nouvelles têtes – coup dur pour les aspirants Jean Butez (Côme), Matthieu Udol (Lens) ou encore Robin Risser (Lens) – et est resté droit dans ses bottes en faisant confiance à ses cadres habituels. « Et puis si j’avais tout changé maintenant, vous auriez pensé que je suis devenu fou », sourit le boss. Mais parmi ses décisions, répondant la plupart du temps à une logique cohérente, celle de rappeler Randal Kolo Muani peut faire hausser quelques sourcils.

Loin d’être irrésistible avec les Spurs 

Absent des trois derniers rassemblements des Bleus, parce qu’enlisé entre les différents prêts puis forfait pour blessures, dont une à la mâchoire, l’ancien Nantais n’était plus apparu sous la tunique tricolore depuis juin 2025, où son statut était déjà remis en question. Depuis, « RKM » est tout sauf flamboyant avec Tottenham, actuellement seizième de Premier League. S’il a fait très mal à son ex parisien (auquel il est toujours lié) en novembre dernier, Randal Kolo Muani, buteur lors de l’élimination des Spurs face à l’Atlético ce mercredi, galère au moins autant que son club. Auteur d’un seul petit but et d’une passe décisive en Premier League en 24 rencontres, il n’a pas les performances sportives qui justifient sur le papier d’être sélectionné. Pour autant, le sélectionneur français a décidé de renouveler sa confiance, comme il a pu le faire avec d’autres par le passé. « Il n’est pas dans la meilleure période de sa carrière, a reconnu Deschamps. Comme tout joueur, il peut avoir des périodes moins bien. Kolo Muani a été absent aussi à cause d’une longue blessure. Il y a un moment qu’il est avec nous, de par ce qu’il a fait et ses qualités. » Le baratin classique, finalement.

Outre son bon jeu de tête, l’un des gros avantages de Kolo Muani sur ses concurrents directs est sa polyvalence, puisqu’il est capable d’évoluer sur tout le front de l’attaque. Dans le logiciel DD, les performances à l’instant T comptent, mais elles ne font pas tout. À l’instar de N’Golo Kanté, dont le maintien avec les Bleus peut légitimement poser question, le technicien champion du monde 2018 prend en considération le « vécu positif » avec le groupe. Dans ce registre, le buteur des Spurs a toujours répondu présent lors des grandes compétitions. Buteur lors de deux demi-finales (Coupe du monde 2022 et Euro 2024) et passeur (et rateur) décisif lors de la finale perdue face à l’Argentine, l’ex-Canari sait se transcender dans les moments clés, est pleinement intégré à ce groupe France et ne va jamais se plaindre de sa situation personnelle. Des qualités primordiales pour durer sous le règne Deschamps.

Conforté mais pas intouchable

Les vraies questions sont de savoir s’il ne profite pas d’une certaine manière du forfait de Bradley Barcola, touché à la cheville et out pendant plusieurs semaines, ou s’il ne dispose pas d’une certaine manière d’un totem d’immunité, comme les frères Hernandez, par exemple. Dans cette liste, Maghnès Akliouche semble être l’autre variable d’ajustement. Qu’importent les interrogations, RKM, qui n’a marqué que cinq buts et délivré que quatre passes décisives (TCC) en 33 matchs cette saison, est pour le moment dans le bon wagon pour voir les États-Unis cet été : « Statistiquement, on retrouvera beaucoup de joueurs de cette liste dans celle du mois de mai, même s’il ne faut pas faire trop de conclusions hâtives. En deux mois, il peut se passer beaucoup de choses. » L’ancien Parisien devra toutefois montrer bien plus lors de ses prochaines sorties pour conserver son rôle de joker de luxe de l’équipe de France et ne pas avoir de mauvaises surprises le 13 mai prochain, jour de la liste pour le Mondial 2026. À moins que son billet soit déjà réservé depuis des mois…

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