- Espagne
- Real Madrid
Élection présidentielle au Real Madrid : plus c’est gros, plus ça passe ?

Ce dimanche, Florentino Pérez teste sa popularité face à l’entrepreneur Enrique Riquelme et tentera de se maintenir à la tête du Real Madrid. Les deux hommes rivalisent de promesses alléchantes, parfois irréalistes, quitte à frôler l’indigestion et donner l’impression que la vénérable Maison-Blanche s’est transformée en vulgaire cirque.
70 000 personnes, c’est l’équivalent de la population de la ville de Cergy et c’est aussi le nombre de socios du Real Madrid appelés aux urnes ce dimanche pour décider du futur président de leur club. Enfin, « nouveau », seulement dans le cas où Florentino Pérez, 79 ans et au pouvoir sans discontinuer depuis 2009 (après un premier mandat entre 2000 et 2006), serait battu par son challenger, Enrique Riquelme, 37 ans, entrepreneur à succès dans le secteur des énergies renouvelables et seul homme à avoir été capable de remplir les nombreuses conditions préalables pour se présenter.
En plus d’afficher plus de 20 ans d’ancienneté comme socio, il dispose d’une garantie bancaire équivalente à 15% du budget du club, qui plafonne à 1,25 milliard d’euros cette saison. Solide, mais face à un patriarche omnipotent qui a convoqué des élections anticipées, un an après sa dernière victoire, pour entériner sa popularité auprès des actionnaires après deux exercices « ratés » à la suite, Riquelme ne pouvait pas se contenter de sa belle gueule et de son portefeuille bien garni pour se faire élire d’un claquement de doigts.
Appel, contre-appel
C’est ainsi qu’il a choisi de flatter les socios du Real en leur faisant des promesses que n’importe quel candidat populiste ne renierait pas. Des exemples ? Rapatrier Raúl pour en faire le directeur sportif du centre de formation, lequel serait présidé par Fernando Hierro. Ou bien recruter Rodri et Erling Haaland, en finançant leur venue par la vente de Vinícius Junior. L’homme semble tellement y croire qu’il a d’ores et déjà promis de rembourser leur cotisation aux 100 000 socios madridistas s’il ne parvenait pas à tenir parole.
🙌 JUGADA TREMENDA DE FLORENTINO PÉREZ 🙌 💣 El primer spot tras @El_Hormiguero, Riquelme y Haaland... EL ANUNCIO DE JOSÉ MOURINHO. 📺 Nos vemos a las 12 de la noche en MEGA. pic.twitter.com/ByHV8zawQX
— El Chiringuito TV (@elchiringuitotv) June 3, 2026
Seulement, le père et l’agent du cyborg norvégien ont d’ores et déjà réagi à la rumeur publique en déclarant que « tout cela est très divertissant, mais faux » et souhaitant « bonne chance aux deux candidats ». Plus gravement, un porte-parole de Manchester City a confirmé que « les informations venues d’Espagne concernant l’avenir d’Erling Haaland sont fausses », avant d’ajouter que le club « envisage des poursuites pour l’utilisation de l’image de [son] joueur dans ce contexte ».
Et Pérez ? Plutôt que de bien faire et laisser braire, il n’a pas manqué de remettre lui-même une pièce dans la machine. Une grosse pièce qui s’appelle José Mourinho, lequel viendrait remplacer Álvaro Arbeloa, lui-même venu tenter de relancer le flop – pour ne pas dire gâchis – Xabi Alonso. Faire du neuf avec du vieux et l’annoncer à grand renfort d’intelligence artificielle ? Pérez semble sûr de son coup, en tout cas aussi sûr que des transferts à venir de Denzel Dumfries et Ibrahima Konaté, ou dans sa capacité à offrir un joueur mystère à 150 millions d’euros. À deux jours du scrutin, Riquelme a juré qu’il sortirait lui aussi le nom de l’entraîneur qui s’assiérait sur le banc après son élection. Et annoncer un ou deux autres blases ronflants pour renforcer l’effectif par la même occasion ? S’il est vif, Pérez aura tout juste le temps de surenchérir pour tenter de faire la différence.
Course à l’échalote avariée
Finalement, cette sorte de course à l’échalote dans laquelle deux messieurs très riches tentent de convaincre leurs électeurs qu’ils sont capables de pisser plus loin que leur adversaire frise le ridicule. Si Florentino Pérez peut faire jouer l’argument de l’ère des Galactiques dans la balance, force est de constater que le football a changé et que pour gagner, il ne suffit plus d’empiler des stars très chères.
Le Paris Saint-Germain a mis douze ans à le comprendre et en fut récompensé par la première de ses deux Ligues des champions. Même le FC Barcelone sous Hansi Flick semble avoir retenu la leçon et recommence à aller de l’avant. Pour éviter de se transformer en caricature de la vieille gloire incapable de vivre avec son temps, le Real Madrid ferait bien d’appuyer sur pause, de souffler un bon coup et de se comporter comme l’institution qu’il prétend être, c’est-à-dire sans surjouer la carte du football circus. Sans quoi, la réalité du terrain comme du business finira indéniablement par le rattraper.
Mais qui est le joueur à 150 barres que promet Pérez au Real Madrid ?JD




















































