S’abonner au mag
  • Espagne
  • Real Madrid

Le vrai problème du Real Madrid s’appelle Florentino Pérez

Par Evan Margerin
4' 4 minutes
3 Réactions
Le vrai problème du Real Madrid s’appelle Florentino Pérez

En 23 ans à la tête du Real Madrid. Florentino Pérez a tout vu, tout gagné, tout géré et ces derniers temps, tout raté. Le président de la Casa Blanca, bâtisseur des Galactiques, chasseur de Ballon d’or, homme qui a réussi à faire signer Zidane, Ronaldo, Beckham et Mbappé dans le même club, en est réduit en ce printemps 2026 à une idée de génie digne d’un mercato de Ligue 2 : rappeler José Mourinho. Celui-là même qu’il a viré en 2013. Une inspiration que même le FC Nantes n’aurait pas eue.

À 79 ans, Papy Pérez commence à tourner en rond et ça se ressent. La rumeur Mourinho dit tout du problème numéro un de la Casa Blanca : le manque d’idée. Les Galactiques ne sont plus à Madrid ou plutôt, ils y sont toujours, mais ils ne font plus rêver personne. Quinze Ligues des champions au palmarès, et pourtant, depuis deux ans, les Merengues n’ont pas atteint le dernier carré de la compétition. D’ailleurs, il suffit de regarder la demi-finale aller entre le PSG et le Bayern pour mesurer l’écart : le football tout-terrain de Luis Enrique, la puissance collective de Vincent Kompany, deux équipes habitées par une identité forte, un projet lisible. Lâché au tour précédent, le Real Madrid empile lui les étoiles, mais cherche encore son jeu. Mbappé, Vinícius, Bellingham, la plus belle collection d’individualités d’Europe, pour un résultat collectif qui fait de la peine.

L’homme providentiel qui ne l’était pas

En début de saison, pourtant, on a cru que Florentino avait compris. Xabi Alonso au poste d’entraîneur : jeune, moderne, auréolé d’une Bundesliga, d’une DFB-Pokal et surtout d’une incroyable série de 51 matchs sans défaite avec le Bayer Leverkusen. L’homme semblait taillé pour le poste, et son lien affectif avec le club où il y avait joué cinq ans, de 2009 à 2014, donnait à sa nomination un parfum de destin accompli. Mais en réalité, c’était encore le choix de la facilité. Xabi Alonso rêvait du Real Madrid depuis longtemps, ses débuts au Castilla en 2018, son passage à la Real Sociedad B, Leverkusen comme grande vitrine : tout son parcours d’entraîneur ressemblait à une longue lettre de candidature adressée à Florentino Pérez. Le Real a simplement ouvert la porte au bon moment.

L’aventure tourne rapidement au vinaigre. Dans sa dernière réunion avec les dirigeants, Alonso leur aurait asséné un truc pour dire « qu’on ne peut pas donner autant de pouvoir aux joueurs, et qu’il est impossible de dominer un vestiaire si le club se positionne systématiquement de leur côté », selon Fabrizio Romano. Le club lui répondra que le motif principal de son licenciement, c’est justement qu’il ne tient pas ce vestiaire. Dialogue de sourds entre un entraîneur qui veut de l’autorité et un président qui préfère ses stars. Vinícius avait déploré publiquement son propre remplacement et menacé de partir si ça continuait. La réaction n’a pas été sanctionnée, le club s’est tu, et le vestiaire a parfaitement compris le message. Sept mois après son arrivée en grande pompe, Xabi Alonso quitte un bateau qui prend l’eau de toutes parts.

Tradition maison

Cette manière de s’appuyer sur les anciens avant de les jeter en pâture n’est pas une nouveauté, et malheureusement, Alonso ne sera pas le dernier. À vrai dire, son successeur Álvaro Arbeloa est promis au même destin. Défenseur solide, champion du monde, pilier de vestiaire à défaut de l’être sur le terrain, il pouvait être cité en exemple aux jeunes et a été récompensé par un poste d’intérimaire pour boucler une saison qu’on promet blanche. Problème : Arbeloa a plutôt assuré le service sans jamais avoir la prétention d’incarner le projet du futur. Et dans ce vestiaire plein d’ego, il faut un patron. Comme quoi, Mbappé n’est pas à l’origine de tous les problèmes du monde…

Alors que faire ? Dos au mur, Pérez fait ce que la plupart des septuagénaires auraient tendance à faire : s’appuyer sur une canne. Ce bon vieux José Mourinho a encore l’air de tenir debout. Depuis Benfica où le Special One est occupé à décrocher une qualification européenne. Que Madrid se souvienne de lui après les trois matchs homériques qu’ils se sont livrés cette année en Ligue des champions, entre un but du gardien ou les insultes de Prestianni, ça a quelque chose de cocasse. Surtout quand on sait que c’est ne même Florentino qui l’avait poussé dehors en 2013 après trois saisons et un bilan en demi-teinte.

Le Mou n’a engrangé qu’un titre de champion d’Espagne et une Coupe du Roi, dans un club qui mesure sa réussite en Ligue des champions. Il n’est pas exactement le chantre du beau jeu. C’est pourtant avec cette incarnation que le président tout-puissant pense pouvoir renverser l’ordre continental. Puis que le Real aime s’appuyer sur de l’ancien, voilà ce qu’en dit Guti : « Mourinho est un grand entraîneur, mais je pense qu’il n’est plus à son apogée, dans le sens où il vient de Fenerbahçe, il a pris les rênes de Benfica à un très mauvais moment, et je pense qu’il y a des entraîneurs en meilleure forme que Mourinho que je recruterais. » Qu’il envoie donc son avis à [email protected], ça pourrait peut-être servir au patron.

Jürgen Klopp ne rêve pas d’entraîner le Real

Par Evan Margerin

À lire aussi
Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier
  • L'anesthésiste tueur
Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier

Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier

Après le Prix Varenne, notre article sur L'Affaire Péchier a remporté le prix Angle Noir du Club de la Presse de Reims, qui récompense le meilleur fait divers de l'année.

Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

10
En direct : Rayo Vallecano - Strasbourg (1-0)
En direct : Rayo Vallecano - Strasbourg (1-0)

En direct : Rayo Vallecano - Strasbourg (1-0)

En direct : Rayo Vallecano - Strasbourg (1-0)

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.