- Mondial 2026
- Gr. J
- Algérie-Jordanie (2-1)
Pour l’Algérie, seule l’intensité suffisait

Vainqueur de la Jordanie après avoir été menée, l’Algérie a fait preuve de caractère pour se relancer dans son groupe. La preuve que seule un peu d’intensité suffisait.
Certes, le match n’était pas agréable à suivre ; certes, la victoire a été poussive ; certes, personne ne regarde un match de football à 5 heures du matin. Mais pour les joueurs algériens, rien de tout cela n’importe ce mardi. Opposés à une teigneuse équipe de Jordanie à San Francisco, les Verts ont en effet retrouvé au terme d’un scénario tendu le goût de la victoire en Coupe du monde (2-1), douze ans jour pour jour après la dernière (4-2 contre la Corée du Sud). Un déclic bienvenu, au lendemain de la déculottée reçue face à Lionel Messi et à l’Argentine, signe que seuls le lâcher-prise et l’intensité manquaient à l’Algérie pour enfin commencer son tournoi.
Plus de combativité, moins d’admiration
Après quelques innovations malvenues contre l’Albiceleste, cet Algérie-Jordanie aura logiquement été un retour aux bases. À une défense à trois d’abord, à un milieu solidifié ensuite, et à la titularisation du capitaine Riyad Mahrez enfin. Parvenu à démontrer qu’il est encore le détonateur de l’attaque algérienne, Mahrez a amené avec lui la dose de certitude recherchée par ses coéquipiers tout au long de leur duel argentin. Dans son sillage, la ligne Ramy Bensebaïni – Ibrahim Maza (homme du match) s’est chargé de faire le reste, assurant la connexion défense attaque avec succès. Pas un hasard si cette victoire est la première de l’Algérie en Coupe du monde après avoir été menée au score, ni si la sélection a battu ses records en nombre de passes réussies dans les 30 derniers mètres (136) et en ballons touchés dans la surface adverse (30). Incomparable avec le piteux spectacle proposé devant les Argentins, au cours duquel les joueurs se sont comportés en fan-boys de la Pulga. « C’est impossible de défendre sur Messi » se sont-ils évertués à répéter devant les micros, comme pour se dédouaner d’avoir été incapables de mettre une semelle ou un foutu taquet pour récupérer le ballon.

Tétanisés par l’enjeu en ouverture, les hommes de Vladimir Petković ont donc lâché les chevaux dans cette rencontre déjà décisive. Ils n’avaient, de toute manière, pas le choix, tant le visage affiché était laid et en décalage complet avec le niveau réel de cette séduisante équipe. Dos au mur, les duels ont été remportés, les phases offensives mieux gérées et, surtout, personne n’a cédé à la panique malgré l’ouverture du score adverse. « On est restés patients. On s’est dit que si on revenait avec la même patience, mais en faisant un peu plus, on marquerait des buts, a justement souligné Maza. Tout le monde s’est battu. Nous avons plus de confiance désormais. » Le complexe d’infériorité bien trop présent lors du premier match aussi s’est dissipé, comme une prise de conscience collective. À l’image du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Cap-Vert et de la RDC, toutes entrées dans la compète avec assurance et fierté, au tour des Algériens d’enfin comprendre qu’une Coupe du monde ne se joue pas au talent, mais à la gestion des émotions puis de l’effort. La recette de leur succès en 2014 et même avant, en 1982. Cette année-là, les Verts avaient été privés d’une qualification en phase finale par l’Autriche, qui est aussi leur prochain adversaire… Le calendrier fait bien les choses.
L’Algérie brise plusieurs records face à la JordaniePar Adel Bentaha



















































