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Arsenal ferait-il un moche champion ?

Par Ethan Ameloot
5 minutes
Arsenal ferait-il un moche champion ?

Après la défaite d’Arsenal contre Manchester United, Scholes a détruit les Gunners et leur style de jeu dans son podcast The Good, The Bad and The Football. Mikel Arteta en rigole presque, mais estime lui que son équipe est la plus excitante d’Europe. Moche ou pas, il est surtout temps de remplir l’armoire dans le nord de Londres.

Ce jour-là, il caille dans le nord de Londres. La température en cette fin janvier n’y est pour rien, car celui qui fait remettre les moufles aux supporters d’Arsenal, c’est Matheus Cunha. D’une frappe surpuissante de l’extérieur de la surface à la 87e minute, le Brésilien permet à Manchester United de mener au score. 2-3, coup de sifflet final, les supporters des Red Devils jubilent. Arsenal reste en tête du classement, mais cette victoire fait un bien fou aux Mancuniens au cœur d’une nouvelle saison compliquée. Une belle soirée et une opportunité pour les supporters de taquiner les perdants sur les réseaux dans leurs trains ou bus retours vers le nord de l’Angleterre.

Et s’il y en a un qui se marre, c’est Paul Scholes, légende de Manchester United dans les années 2000 et aujourd’hui podcasteur. Le lendemain de cette victoire, dans son podcast The Good, The Bad & The Football, Scholes se permet d’en rajouter une couche. « Si Arsenal remporte le championnat, cela pourrait être la pire équipe qui gagne la Premier League », grogne-t-il. Arsenal ne serait pas offensif. « Si vous envisagez de composer l’équipe de la saison et de choisir les quatre attaquants, aucun joueur d’Arsenal n’y figurera. […] Le seul qui pourrait éventuellement y figurer est Saka, mais je ne pense pas qu’il ait été brillant, il n’a pas marqué beaucoup de buts ni fait beaucoup de passes décisives cette année. Les autres… »

Au-delà des vieilles rivalités qui ne s’estomperont jamais, la sortie du Divin Roux pose une question : et si Arsenal, en cas de titre, aurait délaissé son traditionnel « beau jeu » pour arriver à ses fins ? Robert Pirès, l’un des Invincibles, n’est pas loin d’adhérer à cette façon de voir les choses : « Sur les derniers championnats, Arsenal a fini 2e et on disait qu’ils jouaient super bien, que ça allait vite, que c’était rapide, fluide, fort tactiquement et techniquement. Mais ça ne fait pas pour autant gagner. On va dire qu’Arteta a changé pour gagner. » Lui semble avoir fait son choix  « Est-ce que tu préfères très bien jouer et ne pas être champion ou jouer moyen et l’être ? »

Une armoire magnifique mais vide

Aujourd’hui, Arsenal est leader de Premier League, leader de la phase de groupes de Ligue des champions et est toujours en course en FA Cup et League Cup. Alors que demande le peuple ? Du beau jeu peut-être… Mikel Arteta estime quant à lui que ses joueurs régalent les spectateurs. « J’entends tout le contraire, partout en Europe on dit qu’on est l’équipe la plus excitante du continent », justifie le technicien basque. Alors qu’Arsenal n’a remporté aucun trophée majeur depuis 2020 et sa victoire en FA Cup (si on ne compte pas le Community Shield de 2023), est-ce qu’Arsenal doit bien jouer ou tout simplement gagner ?

Quand on pense au beau jeu, on imagine le FC Barcelone et l’Espagne au tournant des années 2010. Ces équipes ont tout gagné en pratiquant un football créatif et surtout moderne pour leur époque. Mais bien jouer ne garantit pas la victoire. L’Ajax Amsterdam de 2019 a, malgré une campagne de Ligue des champions impressionnante, craqué dans les dernières minutes de la demi-finale contre Tottenham et la Belgique de 2018 (eh oui) a dominé la France, mais a fini écœurée par une tête de Samuel Umtiti. On associe le joga bonito aux passes, aux dribbles, au mouvement. Le football champagne fait rêver les enfants et les adultes. La créativité est valorisée. On s’extasie lorsque l’on voit un geste que nos pupilles n’avaient jamais capté. C’était le cas lorsque Johan Cruyff a inventé le football total, quand Rabah Madjer a donné son nom à un geste ou le jour où l’on a découvert le gegenpressing du Liverpool de Klopp. L’innovation impressionne. « Finalement, qu’est-ce que tu retiens ? Le nom du vainqueur », contrebalance Pirès.

Un autre canon de beauté

Parfois, le pragmatisme l’emporte, et à Arsenal, il est temps d’aller chercher la win. En matière de passes, de dribbles, de tempo, il est vrai qu’Arsenal n’est pas le meilleur élève d’Angleterre, sans pour autant être un cancre. Dans sa dernière lettre hebdomadaire, le CIES (Centre international d’études du sport) présente les équipes les plus joueuses. Les indicateurs sont la proximité des passes, leur rythme, la possession et le pourcentage de balles réceptionnées dans le tiers adverse. En Premier League, Arsenal se classe 4e. Là où les Gunners perdent des places, c’est la proximité des passes, mais surtout leur tempo. Une catégorie dans laquelle ils se retrouvent derrière Fulham et… Manchester United. Une nouvelle possibilité pour Scholes de faire le malin.

Si Arsenal est en tête de Premier League, c’est aussi grâce à son arme fatale et plus du tout secrète : les phases arrêtées. L’entraîneur dédié à celles-ci, le Français Nicolas Jover, y est pour beaucoup. Chipé par Arteta à Manchester City, Jover met en place chaque semaine de nouvelles combines que les adversaires n’arrivent tout simplement pas à défendre. Si la nouveauté et la créativité sont les critères du « beau jeu », alors, par ses phases arrêtées, Arsenal n’est pas moche. « Pour marquer sur coup de pied arrêté, il te faut de bons tireurs ou tu ne marques pas, explique Pirès. Mais quand t’as Saka, quand t’as Declan Rice, c’est une arme supplémentaire qui a été perfectionnée par Arteta et son staff. » Reste que, pour un spectateur, ça reste moins impressionnant, mais il faudrait faire la fine bouche pour trouver ça immonde. Et puis avec un trophée dans les mains, ce débat sera déjà très vite oublié.

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Par Ethan Ameloot

Propos de Robert Pirès recueillis par EA.

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