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Les bizarreries qui ont rendu cette finale folle (et historique)

Par Quentin Ballue
6 minutes

La CAN s’est achevée dans la confusion dimanche, en nous offrant des histoires plus dingues les unes que les autres, sur la pelouse, dans les vestiaires et dans les tribunes. Une finale totalement folle, pour des raisons parfois bizarres et plus ou moins inédites.

Les bizarreries qui ont rendu cette finale folle (et historique)

→ Une équipe qui sort du terrain

La goutte de trop. Après un but refusé de manière très discutable, le Sénégal a vu l’arbitre désigner le point de penalty pour un accrochage plutôt léger sur Brahim Díaz. La désagréable impression d’un arbitrage maison (pour le coup déjà vu), qui a poussé une bonne partie de l’équipe à regagner les vestiaires. Une « dinguerie » selon les jeunes, une « loufoquerie » pour les plus vieux. En revanche, ce n’est pas la première fois que des joueurs sortent plus tôt que prévu. La différence est que généralement, cela arrive plutôt à cause d’une averse de grêle ou pour protester contre des actes racistes, à l’image de ce qui s’était passé lors du match entre le PSG et Başakşehir.

→ Onze hommes sur le terrain

La Coupe d’Afrique des nations masculine est un tournoi masculin et à la fin, ce sont des hommes qui gagnent. Oui, c’est complètement dingue ! Sadio Mané a exhorté ses coéquipiers à lever leurs fesses des bancs du vestiaire pour terminer cette finale sur le terrain, avec cette phrase puissante : « On va jouer comme des hommes. » L’histoire est formelle, 100% des équipes ayant participé à la CAN étaient composées d’hommes. Sadio Mané a donc vu juste. En revanche, il a bien fait de ne pas affirmer que le Sénégal allait jouer « comme des lions ». Bah oui, comment tu ferais pour mettre des crampons avec des pattes comme ça ? Et on ne parle même pas des problèmes d’agressivité et de respect de l’arbitre…

→ 25 minutes de temps additionnel

On jouait la 90e minute + 24 dimanche lorsque Brahim Díaz a lamentablement foiré sa panenka face à Edouard Mendy. Pas mal, mais encore insuffisant pour entrer au panthéon des matchs à rallonge. En septembre 2019, une défaillance électrique avait poussé l’arbitre à prononcer un temps additionnel de 28 minutes entre Burton et Bournemouth. Un problème d’éclairage avait occasionné 42 minutes de temps additionnel lors d’une rencontre opposant Shabab Khanyounis et Ittihad Khanyounis à Gaza. Mais la palme d’or revient incontestablement à la demi-finale Népal-Inde du Championnat d’Asie du Sud féminin 2024 : le chronomètre avait dépassé les 170 minutes à cause de multiples protestations contre l’arbitrage, venues des supporters, des joueurs et des staffs. Injouable.

→ Une embrouille avec des ramasseurs de balle

Yehvann Diouf a dû s’employer dimanche soir. Pas sur le terrain, puisqu’il était remplaçant, mais pour protéger la serviette d’Edouard Mendy, menacée d’enlèvement par des ramasseurs de balle marocains. Cette phrase n’a aucun sens, c’est vrai, mais le pire est à venir : le gardien de l’OGC Nice a été traîné au sol par deux d’entre eux, avant de réussir à s’extraire de ce guet-apens. Diouf a eu le mérite de garder son sang-froid, mais on aurait très bien compris qu’il la joue comme Eden Hazard avec un coup de pied bien placé. Les ramasseurs de balle sont souvent au cœur de la mêlée : pas plus tard qu’en mars 2025, l’un d’eux avait été plaqué par un membre du staff de Séville lors du derby. En revanche, deux morveux qui osent traîner un joueur de 1,88 m par les pieds, c’est du jamais-vu. Gilbert Montagné, au moins, a eu la chance de passer à côté de cette scène affligeante.

→ Un joueur sur Snapchat en plein match

On connaissait les célébrations « selfie », mais Ibrahim Mbaye a écrit une page d’histoire du football dimanche soir pendant l’interruption du match. Rentré aux vestiaires avec plusieurs de ses coéquipiers pour protester contre l’arbitrage, le joueur du PSG a fait ce que n’importe quel jeune de 17 ans fait quand il n’a rien à faire : prendre son téléphone. Et là, dilemme… Tinder, Instagram ou Snapchat ? Ce sera Snap, pour poster une photo avec le message « Peace on se f volé ». L’orthographe n’y est pas, mais on comprend l’idée. On ne peut que conseiller un petit stage de détox numérique.

→ Des journalistes prêts à en découdre

Les journalistes marseillais et parisiens arrivent à se côtoyer sans se mettre des gnons, alors tout le monde devrait être capable d’en faire de même, non ? Non. Comme à l’issue du match entre l’Algérie et le Nigeria, les zones destinées aux médias étaient sous grande tension dimanche soir. Pape Thiaw a été accueilli par des huées en conférence de presse, certains journalistes marocains exigeant de lui qu’il « dégage ». Les journalistes sénégalais n’ont évidemment pas apprécié de ne pas pouvoir interroger le sélectionneur national, et plusieurs représentants des médias ont commencé à s’écharper. De nombreuses vidéos montrent des invectives, et des bagarres ont aussi été rapportées. Pape Thiaw, lui, a été exfiltré sans pouvoir s’exprimer. Que dire, à part qu’on est déçu qu’aucun journaliste n’ait tenté une swanton bomb pour mettre tout le monde d’accord ?

→ Des coups de chaise… et de ventilateur

Généralement, les chaises ne sont pas considérées comme de potentielles armes par destination. Mais en foot comme à la WWE, leur popularité ne se dément pas. En 2023, des supporters ajacciens et bordelais s’étaient battus avec en tribune. Elles étaient encore dans la mêlée dimanche soir lorsque les fans sénégalais, en colère à la suite du penalty sifflé en faveur du Maroc, ont tenté d’entrer sur le terrain et d’écarter les stadiers en leur mettant des coups. Selon Foot Mercato, un stadier a aussi reçu un coup de ventilateur à la mâchoire. Lamentable, et pas très intelligent au moment où Donald Trump cherche à serrer la vis sur l’octroi des visas pour la Coupe du monde.

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→ Le retour de la tortue romaine

Krépin Diatta a quitté ses coéquipiers de manière prématurée, dès l’échauffement. Visiblement malade, il n’a pas pu participer à la finale. Ses teammates ne l’ont pas abandonné puisqu’ils étaient huit (!!!) autour de lui, en cercle, à l’escorter jusqu’au tunnel pour qu’il puisse se mettre au calme dans le vestiaire. Une drôle de scène, à propos de laquelle Ismail Jakobs ne dit pas tout, et un bel hommage à la fameuse tortue romaine, célèbre formation défensive des armées de l’Empire, immortalisée dans les aventures d’Astérix et Obélix.

→ Claude Le Roy sur le bord d’un terrain en Afrique

Quand tout part à vau-l’eau, il reste Claude Le Roy. Voilà l’enseignement de cette CAN. Au milieu du chaos, l’ancien sélectionneur du Sénégal et de cinq autres nations au cours de sa carrière était présent cette fois-ci comme consultant pour Canal+ Afrique. Le Normand est donc resté calme, sans s’agiter, au bord du terrain. Un roc, solide dans la tempête, vers lequel Sadio Mané s’est logiquement tourné pour demander conseil alors que ses coéquipiers avaient déserté. Le sage a parlé, l’ordre est revenu, et la finale a pu se terminer dans des conditions à peu près normales. C’est ça, avoir de l’influence. Et ça change des énergumènes comme Salt Bae ou IShowSpeed.

« On a perdu le récit narratif de cette CAN »

Par Quentin Ballue

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