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Griezmann, avec un très grand G

Par Adel Bentaha
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Griezmann, avec un très grand G

Devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’Atlético de Madrid ce mercredi 10 janvier 2024, Antoine Griezmann a fini de construire sa légende personnelle en terre rojiblanca.

174. Affiché en grand sur tous les visuels de l’Atlético de Madrid, le record de buts battu par Antoine Griezmann a fait le tour du monde. Ce mercredi 10 janvier 2024, « Grizou » a en effet choisi le Derbi de Madrid, la demi-finale d’une Supercoupe d’Espagne (défaite 5-3) et l’Al-Awwal Stadium de Riyad pour étaler sa classe. Rien de plus logique, puisqu’en arabe, Al-Awwal signifie « Le numéro un ». Rien de plus logique non plus, pour celui qui est définitivement entré dans l’histoire colchonera en surpassant Luis Aragonés, jusque-là détenteur de la performance et surtout considéré comme le véritable monument du club.

Joueur générationnel

Ce record, Antoine Griezmann aura pourtant mis plus de temps que prévu à le maîtriser. Du moins, sur ces dernières semaines. Certainement crispé par l’enjeu, le meneur a en effet passé trois matchs sans marquer, entre la fin décembre et le début du mois de janvier. Une aubaine, finalement, puisque cette minuscule disette a laissé place aux strass et paillettes d’un Real Madrid-Atlético. La meilleure scène possible pour assister à l’avènement d’un grand joueur devenu aujourd’hui légende. Comme un symbole, Antoine Griezmann aura d’ailleurs vécu cette soirée en trois temps. Celui de la tristesse, devant la défaite des siens. De la frénésie, au vu du scénario offert par les deux formations. Et de la solennité, en rentrant aux vestiaires sous les applaudissements de ses coéquipiers et de son illustre entraîneur, Diego Simeone.

Griezmann n’est pas un grand joueur de l’Atlético. C’est une légende ! Un mec qui a inscrit son nom en lettres d’or. Et on parle d’un étranger, pas d’un mec du cru, c’est encore plus fou.

Francisco « Patxi » Ferreira

De l’autre côté des Pyrénées, Francisco « Patxi » Ferreira est tout aussi enthousiaste. « Antoine Griezmann est un joueur générationnel ! Les anciens ont vécu avec Escudero, Collar, Reina et Aragonés. Les quadras ont connu Futre, Simeone, Solozabal et Vieri. Les plus jeunes pourront dire qu’ils ont vu jouer Koke, Oblak et Monsieur Antoine Griezmann. » Avec 150 matchs au compteur et le blason colchonero greffé au cœur, Ferreira fait en effet partie des figures marquant de l’Atléti des années 1990, parvenu à chiper deux Coupes d’Espagne à l’ultradomination Barça-Real Madrid (en 1991 et 1992). « Griezmann n’est pas un grand joueur de l’Atlético. C’est une légende ! Un mec qui a inscrit son nom en lettres d’or. Et on parle d’un étranger, pas d’un mec du cru, c’est encore plus fou. »

« Il est pas mal votre petit français là »

La folie d’un bonhomme dont le parcours semblait fait pour marquer l’histoire de l’« autre » club de Madrid. Lui qui a inscrit son premier but le 16 septembre 2014 (contre l’Olympiakos), soit près de dix ans avant celui du record. Lui qui a également inscrit le premier but de l’Atlético au Civitas Metropolitano (le 16 septembre 2017, contre Malaga). Et enfin lui, qui a réussi son opération rédemption, après un départ controversé au FC Barcelone et une parenthèse catalane mitigée entre 2019 et 2021. Le voici pardonné. « Il est pas mal, votre Français, là hein… », pose Gregorio Manzano, entraîneur et dirigeant de l’Atlético à l’entame du nouveau millénaire. « Je pense que s’il avait été espagnol et formé au club, son empreinte aurait même été plus grande encore. » Un peu de chauvinisme pour maintenir la rivalité France-Espagne ? « Non j’exagère, plaisante Manzano. Griezmann est très, très haut dans la hiérarchie. »

Des chiffres et de la symbolique, appuyés par une régularité affolante « malgré un football moderne totalement instable », ajoute Ferreira. « Aujourd’hui, notre sport est un marché et Griezmann aurait pu se perdre après Barcelone. Mais il est revenu comme un mort de faim, en respectant l’écusson pour lequel il joue. Antoine a survécu à tous les grands joueurs passés par le club. » Gregorio Manzano, lui, préfère l’aspect nostalgique : « L’Atlético, c’est mon club. J’ai connu Luis Aragonés. Adelardo. Fernando Torres, Paulo Futre et je ne pensais pas revoir des mecs de ce calibre un jour. Et puis Antoine Griezmann est arrivé. » Refusé en France, Grizou a décidé d’exister ailleurs : mieux vaut être grand chez les autres, que petit chez soi.

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Par Adel Bentaha

Tous propos recueillis par AB.

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