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Abdelhamid : « Ce geste sur les salaires, c’est juste logique »

Dans une lettre ouverte publiée lundi, les joueurs du Stade de Reims ont annoncé baisser leur salaire jusqu'au mois de juin. Capitaine rémois et expert comptable de formation, Yunis Abdelhamid revient sur ce beau geste et les négociations qui l'ont précédé.

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Tu es le capitaine d’un vestiaire qui a unanimement accepté de baisser ses salaires jusque juin. Pourquoi avoir fait ce geste ?
Parce qu’on ne pouvait pas nier la réalité qui nous entoure. On est footballeurs, mais quand on entend tout ce qu’il se passe avec la crise sanitaire, la crise économique, le fait de jouer à huis clos, l’histoire de Mediapro et des droits TV... On prend conscience que cette année, il y a un gros manque à gagner pour le club, et surtout, que cela met le club en difficulté. On a eu une réunion avec les dirigeants et l’UNFP, où tout nous a été présenté en détail. On a compris que s’il n’y avait pas de changements, le club serait en difficulté.

« Je connais beaucoup de restaurateurs : on ne parle pas de joueurs là, mais de gens qui ont mis toute leur vie dans un projet, et qui se trouvent en difficulté. Quand tu vois ça, tu ne peux que prendre conscience de cette réalité, et agir. »

Tu évoques la réunion d’il y a 15 jours, avec le président Caillot. Comment ça s’est passé ?
Ça a été très concret. Les chiffres ont été donnés en toute transparence, les pertes du club ont été expliquées. On ne nous a pas demandé de baisser le salaire juste comme ça pour le geste, il y a des éléments concrets derrière. Des éléments qui font que c’était naturel de baisser nos salaires. Agir autrement, ça aurait été de la mauvaise foi de notre part. C’était logique dans un club familial comme Reims.

Toi qui as connu la « vraie vie » , ça t’a aidé à appréhender cette situation ?
Bien sûr. J’ai connu le monde du travail « normal » , se lever pour faire des études, puis pour aller bosser. Et puis aujourd’hui autour de moi, dans ma famille, je vois des gens qui ne peuvent pas travailler. Ici à Reims, je connais beaucoup de restaurateurs : on ne parle pas de joueurs, là, mais de gens qui ont mis toute leur vie dans un projet, et qui se trouvent en difficulté. Quand tu vois ça, tu ne peux que prendre conscience de cette réalité, et agir. D’autant que nous, on est des privilégiés, parce qu’on a la chance de jouer, de se lever le matin pour s’entraîner, de faire les matchs le week-end, tout en étant payés tous les mois. Alors aujourd’hui, quand on voit le club en difficulté, il faut prendre du recul et faire ce geste sur les salaires, c’est juste logique.

C’est logique pour toi, mais peut-être pas pour tout le monde dans le vestiaire. Vous en avez beaucoup parlé entre vous ?
Honnêtement, ça a été logique pour tout le monde et ça a été plutôt bien accueilli. On a tous rencontré en individuel le directeur général, Mathieu Lacour, pour en discuter, entrer dans le vif du sujet. Ce qui s’est dit, ça reste propre à chacun, mais tout le monde a joué le jeu. On en a un peu discuté dans le vestiaire, le jour de la réunion et le lendemain pour comprendre, essayer de trouver des solutions pour chaque joueur, parce que chaque cas est différent. Après, une fois les rendez-vous individuels entamés, ça a été vite réglé.

« Je ne peux pas me regarder dans la glace si je continue à être payé et que dans quelques semaines, Patricia, qui fait le ménage, n’est plus là parce que le club est en difficulté. »

Vite réglé parce que Reims est un club familial, donc c’est plus facile ?
Oui. En tant que joueurs, on est proches de nos dirigeants déjà, donc ça facilite le dialogue. Mais on est aussi proches des employés administratifs, de ceux qui font le ménage. Moi, je ne peux pas me regarder dans la glace si je continue à être payé et que dans quelques semaines, Patricia, qui fait le ménage, n’est plus là parce que le club est en difficulté. Si ça arrive et que je n’ai pas baissé mon salaire, pfff... Ce n'est pas possible, en fait. Et c’est pareil pour tous les joueurs. On vit avec ces personnes au quotidien, les intendants, les cuistots, etc. On a fait ce geste pour eux, pour que le Stade de Reims continue à vivre.

Tu es capitaine du club, mais aussi comptable de formation. On imagine que tu as joué un rôle central dans ces négociations ?
Pas spécialement, parce que c’était un processus individuel en fait. Ce qui a été dit dès la première réunion, c’est que chaque joueur devait prendre conscience de la situation, puis discuter individuellement avec les dirigeants. Parce que chaque cas est différent : on n’a pas tous le même salaire, ni autant d’années de contrat restantes. C’était impossible de négocier pour tout le monde, parce que ce qui me satisfait ne peut pas convenir à chacun. Le club a pris le temps de discuter avec tous les joueurs. Après quand certains joueurs avaient des questions, voulaient des renseignements, ils venaient me voir, et j’essayais de répondre.

Finalement, vous êtes arrivés à une baisse de combien ?
Ça représente 20% de nos salaires.

« Je pense surtout aux restaurateurs qui ne peuvent pas bosser, aux personnes qui sont au chômage partiel, sans emploi. À côté de cela, ma situation est secondaire. »

Dans ton quotidien, ça a un impact sur des projets en cours ?

Non, parce que j’attends la fin de carrière pour me lancer dans des projets, donc pour l’instant, ça ne me gêne pas trop, puisque je vais jouer encore quelques années, j’espère. (Rires.) J’ai la chance d’avoir un salaire confortable. Et puis, il faut prendre du recul. Certes, je perds de l’argent, mais il y a des choses plus importantes que cela, ça ne m’empêchera pas de vivre. Je pense surtout aux restaurateurs qui ne peuvent pas bosser, aux personnes qui sont au chômage partiel, sans emploi. À côté de cela, ma situation est secondaire.

Tu préfères perdre de l’argent qu’un 32e de finale de Coupe contre Valenciennes ?
(Rires.) Oui. Largement. Mais le plus important surtout, c’est la santé.


En tant que joueurs, vous êtes responsables de la réussite sportive du club. Mais là, on compte aussi sur vous pour la situation économique. Ça ajoute de la pression ?
On est plus que des sportifs, et ça ne date pas de la crise. Par exemple, on a une responsabilité sur l’image du club. On doit l’entretenir dans la vie de tous les jours vis-à-vis du club, des supporters. On le voit bien quand des joueurs commettent des écarts, on en parle partout sur les réseaux sociaux. Donc on a déjà des responsabilités au-delà du sportif en temps normal. Là, la baisse de nos salaires, ce n’est pas ce qui va sauver le club, mais c’est un geste, un coup de pouce, qui permettra peut-être à d’autres employés du club de rester, tout simplement.

« La baisse de nos salaires, ce n’est pas ce qui va sauver le club, mais c’est un geste qui permettra peut-être à d’autres employés du club de rester. »

Est-ce que vous avez eu des retours d’autres joueurs ou d'autres clubs pour saluer votre geste ?
Des joueurs d’autres clubs sont venus aux informations pour savoir comment ça s’est passé, oui, mais je ne dirai pas qui. (Rires.) Ils ont pris des renseignements sur les négociations. En Ligue 1, tout le monde y pense, la majorité des joueurs a compris la situation des clubs. Après, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut, ça dépend aussi des relations entre dirigeants et joueurs, entre employés et joueurs. Nous, à Reims, elles sont très bonnes, donc ça a été rapide.

Propos recueillis par Adrien Hémard
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