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Olivier Kapo : « Personne ne pourra jamais remplacer Guy Roux »

Aujourd’hui, c’est les 80 ans de Guy Roux. Reconnaissant, l’ancien international Olivier Kapo lui souhaite un bon anniversaire depuis Abidjan et propose qu’une statue soit érigée en son honneur aux abords de l’Abbé-Deschamps.

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Salut Olivier. Tu es de retour à Abidjan, ta ville natale, où tu as récemment ouvert une académie de jeunes.
Oui, d’ailleurs, on a les couleurs de l’AJA ! J’ai même un peu copié le logo. Elle s’appelle Centre d’apprentissage du football, ce qui signifie qu’on y est tous des apprentis. Si tu penses déjà connaître le football, ce n’est pas la peine de venir.

La patte Guy Roux y est-elle présente ?
« Oui, la patte Guy Roux est présente à travers trois choses : l’amour du maillot, le respect de soi et de l’autre, et l’humilité. »
Oui, principalement à travers trois choses : l’amour du maillot, le respect de soi et de l’autre, et l’humilité. Mais il ne faut pas oublier la rigueur, ainsi que la science du management pour parvenir à faire jouer ensemble des garçons de cultures différentes. C’est grâce à tout cela que Guy Roux est parvenu à faire émerger autant de grands joueurs. Et c’est ce que je cherche à reproduire aujourd’hui, même s’il n’y a qu’un Guy Roux et que personne ne pourra jamais le remplacer.

Aujourd’hui, tes jeunes pousses semblent prometteuses, mais celles de l’AJ Auxerre peinent à décoller.
Cela me fait de la peine de voir le club tellement en difficulté. Aujourd’hui, rien ne va, il n’y a pas de joueurs issus du centre en équipe première, alors que la formation, c’est l’ADN de l’AJA. On ne signe pas de pros, on ne gagne pas de matchs, on végète en Ligue 2, mais on se dit quand même qu’on est trop forts. Je n’ai qu’un chose à dire à la nouvelle génération : respectez le blason et les couleurs du club. C’est une institution mythique.



On te sent très peiné par la situation actuelle. Avant de te lancer ici, tu as pensé à revenir en Bourgogne pour donner un coup de main ?
Oui, j’aurais aimé, mais les portes du club sont visiblement fermées aux anciens. C’est un problème structurel grave qui tranche avec l’esprit familial qui nous a toujours guidés. Beaucoup de gens pourraient pourtant revenir aider, le club a formé tellement d’internationaux... Prenez Laurent Blanc, c’est Auxerre qui l’a relancé. On pourrait faire une réunion d’anciens qui aurait vraiment de la gueule, chacun aurait une histoire à raconter, car c’est un club qui vous marque à vie. Mais rien n’est fait.

Quand est-ce que tu as vu Guy Roux pour la dernière fois ?
« Je tiens en particulier à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi, pour le club et pour les amoureux du football en général. »
Cette année, lorsque je me suis rendu à Auxerre avec des jeunes de mon académie. Il avait l’air très bien, on le voit d’ailleurs régulièrement sur le plateau de L’Équipe 21. Je le félicite en tout cas pour son anniversaire – 80 ans ce n’est pas rien – et je lui souhaite d’être encore là très longtemps pour l’AJA. Je tiens en particulier à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi, pour le club et pour les amoureux du football en général.

Ton histoire avec Auxerre commence au début des années 1990. À l’époque, il paraît que Guy Roux a dû te payer ton billet de train pour venir faire un test...
Non, mais ça, c’est n’importe quoi. (Rires.) Je suis arrivé en France en 1991, chez ma sœur qui habitait à Choisy-le-Roi. Un an plus tard, le 1er août 1992, je débarque à l’AJA. Je m’en souviens bien, le trajet en train coûtait 114 francs. À mon arrivée, Guy Roux m’a donné l’argent du billet dans une enveloppe. Par la suite, il a raconté partout, dans les journaux et dans ses bouquins, qu’il m’avait payé le transport, comme si c’était incroyable, alors que ça n’avait rien d’exceptionnel ! Que tu viennes par le train ou en voiture, tous les frais de déplacement sont remboursés pour les parents qui emmènent leur enfant au club. Mes parents n’étaient pas en France, mais ce n’était pas la peine d’insister sur mon cas.

Qu’est-ce que t’a appris Guy Roux pendant toutes ces années ?
Le travail, la rigueur. Et surtout l’amour de l’AJA. C’était son club, sa maison, sa cuisine ! Il connaissait par cœur le nom de tous les jeunes du centre de formation. Il maîtrisait les moindres aspects de la vie du club, et plus généralement toute la ville d’Auxerre. C’est sa vie, tout simplement.

Quel message veux-tu lui faire passer pour son anniversaire ?
Je le remercie du fond du cœur pour tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il a donné. C’est lui qui nous a fait passer en pro, mais surtout, il a fait de nous des hommes.



Il vous a élevé à la dure, non ? Guy Roux est réputé pour sa sévérité...
« Et c’est lui qui nous a appris à faire le ménage aussi ! Tout ça, c’est resté. Aujourd’hui, mes enfants ne sortent pas tant que leur lit n’est pas fait. »
Une anecdote à ce sujet : quand on était au centre de formation, il venait inspecter nos chambres en permanence. Quand ton lit n’était pas fait, ta poubelle pas vidée, ton armoire pas rangée... il renversait tout par terre ! Derrière, il débarquait à la cantine pour nous dire qu’un grand vent était passé. On savait tous ce que ça voulait dire. En plus de devoir ranger, il y avait les amendes à payer ! 30 francs pour la poubelle, 150 pour le lit et l’armoire. Et c’est lui qui nous a appris à faire le ménage aussi ! Tout ça, c’est resté. Aujourd’hui, mes enfants ne sortent pas tant que leur lit n’est pas fait. (Rires.)

Avec Djibril Cissé, Philippe Mexès et Jean-Alain Boumsong, vous avez constitué le « carré magique » , le dernier grand quatuor révélé par Guy Roux. Qu’est-ce que ça t’évoque en y repensant aujourd’hui ?
Je ne veux pas paraître prétentieux, mais c’est vrai qu’on était plus chouchoutés que les autres au centre de formation. On se complétait parfaitement sur et en dehors du terrain. Avec Djibril, on partageait la même chambre, avec Mexès, on a joué ensemble en équipes de France de jeunes et avec Boumsong, c’était chez les espoirs... On se connaissait par cœur, on devinait nos appels les yeux fermés. Guy Roux savait comment nous faire travailler et progresser ensemble. C’est lui qui nous a lancés en équipe première, puis remis en réserve, avant de nous faire repasser chez les pros, lorsqu'il a senti que nous étions vraiment prêts. C’est un véritable chef et c’est grâce à lui que nous nous sommes retrouvés internationaux par la suite.


Et vous traîniez ensemble en dehors du terrain ?
Oui, car on avait la chance d’être célibataires, donc on se voyait tout le temps. Le midi, on mangeait ensemble après l’entraînement, le soir, on traînait chez l’un ou chez l’autre... Je crois que c’est de cette complicité, de cette fraternité même, qu’est née l’expression « carré magique » . Ç'a été une chance énorme d’en faire partie.

Vous faisiez des bêtises malgré la surveillance de Guy Roux ?
Djibril était toujours en retard à l’entraînement, ce qui avait le don d’agacer le coach. Il avait toujours un problème avec sa voiture, et le coach ne se privait pas de lui faire remarquer qu’il en possédait trois.


À propos de voitures, on raconte que Guy Roux payait les employés du péage pour savoir s’ils vous voyaient passer sur la route de Paris...
« On ne sortait que quand on avait quartier libre, c’est-à-dire plutôt le dimanche et le lundi. Du coup, on ne faisait pas vraiment la fête. »
Je ne suis même pas sûr qu’il les payait, il leur donnait simplement une place pour le prochain match et les gars étaient contents. D’ailleurs, on ne sortait que quand on avait quartier libre, c’est-à-dire plutôt le dimanche et le lundi. Du coup, on ne faisait pas vraiment la fête. Boumsong et moi on allait voir nos familles et Djibril, il allait voir son sponsor.

Chez les anciens, il y a un joueur en particulier qui t’a marqué ?
Yann Lachuer. J’ai connu de grands capitaines dans ma carrière, comme Del Piero pour ne citer que lui, mais Yann aussi était un vrai capitaine. Nous on était jeunes, mais on devait se battre pour être aussi forts que lui, qui avait de l’expérience, après avoir joué à Bastia et à Paris. Il nous a pris sous sa houlette, partagé son expérience, ses conseils... C’était vraiment le capitaine idéal pour une génération comme la nôtre. J’ai beaucoup appris auprès de lui et je voudrais encore l’en remercier.



2004, c’est l’année où vous partez tous vers de nouveaux horizons. Avec la Coupe de France dans la musette, gagnée un an plus tôt face au PSG. Un accomplissement ?
« Guy Roux m’en a voulu d’être parti gratuitement à la Juventus, mais c’était le moment pour moi de connaître autre chose. »
Sincèrement, on a eu le regret de ne pas avoir été champions de France et d’avoir échoué à quelques points de la première place. Mais ça reste malgré tout une grande fierté d’avoir remporté la Coupe parce qu’en face, le PSG, c’était de grands noms comme Ronaldinho, Pochettino, Heinze, Luis Fernandez... Nous, on était les petits paysans d’Auxerre. Des petits gamins bourguignons, mais qui ont prouvé qu’ils savaient gagner. Après ça, Guy Roux m’en a voulu d’être parti gratuitement à la Juventus, mais c’était le moment pour moi de connaître autre chose.

Depuis son départ en 2005, le club a connu pas mal de déboires...
C’est à ce moment que les problèmes ont vraiment commencé. Je ne veux pas le critiquer, mais c’est vrai qu’au début, il avait du mal à décrocher. Il allait à l’entraînement, regardait un plot et disait à l’entraîneur : « Ah non, moi je mettais le plot ici. » Ou alors si l’autre faisait une séance d’une heure et demie, il lâchait : « À mon époque, on s’entraînait cinquante minutes. » Mais laisse-les faire son boulot ! Il y a un moment où il faut savoir s’effacer.


Finalement, qu’est-ce que tu as retenu de tes années auxerroises pour la suite de ta carrière ?
Ça tient en deux mots : le travail.

Et Guy Roux ?
On devrait lui construire une statue, comme Arsenal l’a fait pour Thierry Henry, ou Manchester United pour Sir Alex Ferguson. Il le mérite parce que l’AJA, c’est lui.

Propos recueillis par Julien Duez et Christophe Gleizes, à Abidjan Photos : Iconsport, JD et CG
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