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« Il est impossible de sauver le football de sa course folle »

Les Football Leaks ne font que commencer. Si les infos brutes qu'elles proposent permettent de mieux saisir les dessous et les coulisses du monde du football, les enseignements sont plus délicats à en tirer. Pierre Rondeau, professeur d’économie et chroniqueur-consultant à RMC Sport, auteur avec Richard Bouigue, de Le foot va-t-il exploser ?, tente une première analyse à chaud.

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Les révélations des Football Leaks nous apprennent-elles vraiment quelque chose de nouveau sur le fonctionnement de l'économie du football professionnel en Europe ?
Finalement, pas vraiment. N’importe quelle personne qui suit le football européen depuis le début des années 2000 affirmera qu’il n’y a rien de nouveau – pour l’instant – avec ces révélations. Le Paris Saint-Germain qui gonfle artificiellement ses contrats de sponsoring, afin de rattraper son retard, on le savait déjà. L’UEFA qui ferme les yeux et fait preuve d’une mansuétude caractéristique, on le devinait déjà. Nicolas Sarkozy qui aurait joué un rôle majeur dans l’obtention du Mondial 2022 par le Qatar et dans l’adoucissement des sanctions à l’encontre du PSG et de City, on le percevait déjà. Les grosses écuries européennes qui projetteraient de créer une Super Ligue fermée regroupant seulement les puissants, on le distinguait déjà. Bref, rien de nouveau sous le soleil, circulez il n’y a rien à voir.
« De façon très cynique, on pourrait alors parler, non pas d’un dopage financier comme l’affirme Mediapart, mais d’une optimisation financière. Dans le monde cruel et barbare du ballon rond, le PSG a réussi à tirer son épingle du jeu. »
Seulement, le néophyte pourrait crier au scandale, se déclarer choqué des sommes mises en avant (on parle de 1,8 milliard de dopage financier pour le PSG, N.D.L.R.), s’insurger contre l’indulgence de l’UEFA, à la fois juge de la régulation supranationale et complice de la plus grande tricherie de l’histoire. Mais c’est cela le football business, pourrait-on dire. Le football du XXIe siècle est un univers impitoyable, où s’affrontent des acteurs à coups de centaines de millions d’euros, où l’argent coule à flots et où la morale n’a pas lieu d’être. Le football d’aujourd’hui c’est bats-toi ou tais-toi, affirme-toi ou disparais à jamais dans les limbes des divisions inférieures. Si Paris a voulu exister et concurrencer le gotha européen, il a dû contourner les règlements, maximiser ses stratégies, trouver des alternatives. De façon très cynique, on pourrait alors parler, non pas d’un dopage financier comme l’affirme Mediapart, mais d’une optimisation financière. Dans le monde cruel et barbare du ballon rond, le club a réussi à tirer son épingle du jeu.


Le PSG est particulièrement visé, sa situation est-elle si délicate aujourd'hui au regard du fair-play financier ?
Concrètement, et au regard du droit particulier de l’UEFA, le PSG n’a rien à se reprocher puisque des sanctions, sur la période 2012-2017, ont déjà été sorties et que des accords ont été trouvés entre les parties. On ne critique pas un arrangement qui a déjà été réalisé, cela reviendrait à remettre en cause la légitimité juridique de l’Union européenne du football. Le PSG a gonflé ses contrats. L’UEFA, malgré une obligation de décote, les a quand même validés. Alors s’il y a eu magouilles, négociations, interventions politiques, menaces, conflits d’intérêt, tout cela s’est passé au sein de la justice de Nyon. Tout est histoire médiatique, histoire de morale, mais juridiquement, les choses ont été signées, ont été validées. Maintenant, reste à déterminer le devenir comptable du Paris Saint-Germain. Avec la fin du contrat qui lie le PSG à QTA, estimé à 145 millions d’euros, mais redescendu à 65 millions par l’UEFA, dès juin 2019, le club de la capitale devra rapidement trouver des alternatives afin de combler ce manque à gagner. Mediapart parle d’un trou de 300 millions d’euros. Mais c’est un trou potentiel, si et seulement si le club ne parvenait pas à trouver une alternative, à renégocier son contrat d’équipementier ou à atteindre les demi-finales de Ligue des champions. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille...



« Vu la hauteur de la triche, si elle a eu lieu, Paris et City auraient dû être interdits de Ligue des champions. Or, les équipes n’ont écopé que d’amendes financières. »
Ces révélations renforcent-elles l'idée que l'UEFA fonctionne à deux vitesses selon les clubs ?
Oui et non. D’un côté, et c’est la défense des dirigeants parisiens, on pourrait estimer que l’UEFA ne favorise que les gros, que les puissants et bloque la hiérarchie européenne en empêchant le PSG ou Manchester City de pouvoir se développer avec des fonds étrangers. Mais d’un autre côté, on peut relativiser cette vision complotiste et pessimiste – Jean-Claude Blanc parlait d’un « cartel » – en montrant que l’UEFA a fermé les yeux sur le « dopage financier » des nouveaux riches, sur la surévaluation des contrats et a laissé faire ces clubs sans les sanctionner lourdement. Vu la hauteur de la triche, si elle a eu lieu, Paris et City auraient dû être interdits de Ligue des champions. Or, les équipes n’ont écopé que d’amendes financières. Ce comportement versatile, presque schizophrénique, à vouloir passer pour un régulateur, un défenseur d’un football sain, mais fermer les yeux sur des pratiques déviantes, illustre bien l’impossibilité structurelle de l’UEFA à sauver le football de sa course folle.


À ce propos, le projet d'une Super League peut-elle vraiment se réaliser dans le football ?
Totalement, et avec ces révélations, on y va tout droit. D’un côté, les gros clubs se rendent bien compte de leur force et de leur importance dans la visibilité et les profits de l’UEFA. Les compétitions européennes rapportent à l’instance plus de 3 milliards d’euros par an, essentiellement grâce aux droits TV, aux audiences et à la notoriété des clubs. Ces derniers, les plus connus, se verraient bien alors accaparer l’intégralité du gâteau plutôt que de partager avec les plus faibles. De l’autre côté, l’UEFA, qui voudrait soutenir l’intensité compétitive, l’équité sportive et l’esprit du jeu, à travers plus de régulation et plus de contrôle, commence à énerver les équipes, comme le PSG ou Manchester City, désireuses de plus de libertés. En créant une compétition ad hoc, on change les règles et on impose la philosophie libérale du laisser-faire. Les Football Leaks annoncent dès 2021 une Super Ligue européenne : on se voit dans 3 ans ?



« On dira que c’est le business et qu’il faut faire avec, que pour réussir, il ne faut pas avoir peur de contourner les règles et de maquiller des comptes, de tout manière, tout le monde le fait. »
Toutes ces révélations justifient-elles une plus grande régulation étatique ou européenne ?
Encore une fois, oui et non. Dans le meilleur des cas, les peuples européens se rendront compte de l’injustice, de l’iniquité, de l’indécence du foot business et imposeront, via l’action politique et citoyenne, une véritable correction, une véritable régulation. Ou alors, on ferme les yeux et on accepte ces scandales – il n’y a qu’à voir comment les fans du PSG ont réagi après la diffusion des articles de Mediapart, fidèles à leur club, à défendre quelles que soient les nouvelles –, quitte à les renforcer et à les légitimer. On dira que c’est le business et qu’il faut faire avec, que pour réussir, il ne faut pas avoir peur de contourner les règles et de maquiller des comptes, de tout manière, tout le monde le fait. Avec ce choix d’un libéralisme chantant, la régulation étatique disparaîtrait totalement au profit d’un ordre spontané cher aux adorateurs du marché.



Propos recueillis par Nicolas Kssis-Martov
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