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Le Real Madrid est-il un club toxique ?

Des contrats longue durée et des joueurs vendus à bas prix avec des priorités à la revente : au grand jeu de dupes du mercato, le Real Madrid se distingue des autres clubs par sa propension à vouloir garder sous le coude ses joueurs. L’ADN d’un club toxique, ou une belle méthode pour gratter un peu de sous ?
Les deux derniers transferts du Real Madrid interrogent. Gonzalo García, parti à Fulham, vaut-il 40 millions d’euros ? Son compère César Palacios, qui a filé dans le même club, mérite-t-il d’être vendu contre 10 millions d’euros ? Fulham, comme les autres clubs anglais, est-il un lointain cousin du Columba livia domestica, plus connu sous le nom de pigeon ? Si la propension des clubs anglais à surpayer des joueurs est désormais bien connue des mercatos, un fait attire l’attention : le Real Madrid vend très bien ses jeunes joueurs. Mieux : selon les très bien informés Fabrizio Romano et son pendant espagnol Matteo Moretto, il conserverait des primes à la revente, s’offrant ainsi un droit de regard sur ses anciennes pousses. Moitié toxique, moitié bien mené.
La Fábrica fric
Le Real Madrid s’est spécialisé dans les ventes de ses jeunes à bas prix. Cet été, la maison de Florentino Pérez a conservé 50 % du montant d’une future revente de Gonzalo García, une excellente Coupe du monde des clubs à son actif. Il préserve 30 % de celle de César Palacios, cinq matchs de Liga, tous disputés sous Álvaro Arbeloa, qu’il retrouvera à Fulham. Ils ne sont pas les seuls : Fran García a été vendu au Real Betis contre quatre millions d’euros, mais le Real préserve 50 % sur sa revente. Bref, il n’y a pas de petites économies sur les jeunes. Chaque transfert est accompagné d’un message copier-coller, lisible à chaque communiqué ou presque : « Le Real Madrid, qui restera toujours sa maison, lui souhaite, ainsi qu’à sa famille, tout le bonheur possible dans cette nouvelle étape de sa vie. »
La meilleure académie du monde.
Derrière ces adieux larmoyants, la technique se répète chez un des clubs à l’indice de formation le plus élevé du monde, selon le CIES. Le Real Madrid a en effet conservé 50 % de la revente de Mario Gila, parti à la Lazio en 2022 après deux petits matchs dans la capitale espagnole. Le défenseur a été transféré au Milan cet été et dans ce deal, le Real a donc récupéré 13 millions d’euros. Le départ d’Álvaro Rodríguez, passé par Madrid entre 2023 et 2025 et transféré cet été à Bournemouth, a rapporté un peu d’argent aux madrilènes. Álex Jiménez, prêté par Bournemouth à la Fiorentina, a presque été transféré dix millions d’euros aux Espagnols. C’est la fameuse Fábrica de papel.

Victor Muñoz (Liverpool), Mario Martin (Getafe), Victor Valdepeñas (Fiorentina) sont les autres incarnations de ce système sur le papier vertueux. D’un côté, un club achète un joueur bien formé. En échange, le Real Madrid profite de la croissance de sa valeur marchande. Selon AS et plusieurs autres sources, le Real Madrid aurait ainsi empoché quelque 193,5 millions d’euros cet été. Florentino Pérez peut ainsi se vanter, toujours dans les colonnes du quotidien espagnole : son académie est « la meilleure au monde ».
Je te tiens, tu me tiens
Toujours est-il qu’à l’inverse, le Real Madrid s’enrichit moins en vendant ses stars. Cet été, deux Dani (Ceballos et Carvajal) et un David (Alaba) ont quitté le Real Madrid libres. Les Luka Modrić, Toni Kroos et consorts sont quant à eux partis âgés et sans indemnités de transfert. La Casa blanca privilégie les contrats longs : Marc Cucurella a signé six ans de contrat, quand Denzel Dumfries et Ibrahima Konaté se sont quant à eux engagés pour quatre ans. Même le petit Carlos Espí, arrivé de Levante, a signé un contrat de cinq ans. Seul Bernardo Silva a signé un contrat inférieur à quatre saisons.
Le modèle est poussé à son paroxysme avec le joli Nico Paz, qui pourrait vite retourner à Madrid, comme l’indique son communiqué de départ : « Cet accord, réalisé à la demande du joueur lui-même, prévoit également que le Real Madrid conserve une option unilatérale de rachat des droits fédératifs de Nico Paz pour la saison 2027-2028. » Bref, Paz est encore lié pour un bout de temps à Real Madrid, seul club à agir ainsi. Imaginons un instant le PSG, ou l’OL, avoir fait la même chose ainsi avec Adrien Rabiot, Castello Lukeba ou Christopher Nkunku. Le message est clair : un joueur file s’épanouir ailleurs et revient si et seulement si son niveau est suffisant pour jouer à Madrid. Le club conserve ainsi une forme d’emprise sur ses jeunes pépites, qui ne remercieront jamais assez la maison-mère de leur avoir ouvert ses portes quand ils étaient adolescents. Vous avez dit toxique ?
Florentino Pérez s’est rendu à CeutaPar Ulysse Llamas, avec Mamadou Junior Diop















































