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Top 1000 : les meilleurs joueurs du championnat de France (280-271)

Par Quentin Ballue, Jérémie Baron, Adel Bentaha, Raphaël Brosse, Clément Gavard et Steven Oliveira, avec toute la rédaction de SF

Quel est le meilleur joueur de l'histoire du championnat de France depuis sa création en 1932 jusqu'à 2022 ? Statistiques, palmarès, trajectoires personnelles, classe, dégaine, empreinte laissée : autant de critères qui nous ont permis d'établir notre classement très subjectif des mille joueurs les plus marquants de Division 1 et de Ligue 1. Le credo d'un feuilleton qui va durer précisément 100 jours.

#280 - Pascal Vahirua

Pascal Vahirua
Auxerre (1984-1995), Caen (1996-1997)

Déraciné de son île, Pascal Vahirua est allé se replanter dans les terres fertiles de l’Yonne. Sous l’œil attentif du jardinier Guy Roux, qui lui a donné tout ce qu’il fallait pour qu’il grandisse. « Il a découvert un autre climat, ici. L’hiver, ses pieds devenaient rouges. Je lui prenais et les frottais comme si c’était un paillasson, pour le réchauffer. J’avais fait tricoter, par une dame, des chaussettes chaudes pour lui » , confiait-il à Ouest-France. Couvé, le Tahitien prend de l’épaisseur, jusqu’à devenir un majestueux joueur de foot. Il enchante l’AJ Auxerre dix ans durant. Le trio formé avec Gérald Baticle et Christophe Cocard fait son petit effet, notamment en Coupe de France, compétition que les Icaunais remportent en 1994. Quelques coups de pagaie, et Vahirua déboule sur son côté gauche. « Il me disait là où je devais être pour recevoir les ballons dans de bonnes conditions » , se souvenait Frédéric Née, aiguillé par son aîné à Caen. Passeur, le Tahitien est aussi buteur : 53 réalisations dans l’élite, dont 10 rien que sur l’exercice 1993-1994, où il termine meilleur buteur de l’AJA (à égalité avec Corentin Martins). Quel kiff, la Vahiruade.

#279 - René Franquès

René Franquès
Sète (1933-1939 et 1945-1946)

En naissant à Florensac, petite commune de 5000 habitants dans l’Hérault, Joseph Bonnel – légende de l’OM et de Valenciennes dans les 60s – pouvait légitimement s’attendre à être la star de son village et voir le stade municipal porter son nom. C’était oublier qu’avant lui, il y a eu René Franquès, décédé à Florensac. Et c’est ce dernier qui a eu l’honneur de voir le stade du village porter son nom. Et pour cause, l’international français était l’un des meilleurs défenseurs des premiers championnats de France, remportant d’ailleurs deux fois le titre de Division 1 avec son club de presque toujours, le FC Sète. Il s’agit d’ailleurs des deux seuls titres de champion de France des Dauphins, et René Franquès n’y est pas étranger, notamment pour le second avant que la guerre empêche le club héraultais de remplir un peu plus son armoire à trophées. Car si Sète possédait l’une des meilleures défenses des années 1930, c’est en grande partie grâce à l’ami René. Pour le plus grand désespoir de Joseph Bonnel qui (spoiler alert) peut toujours se dire qu’il a battu Franquès dans notre top 1000.

#278 - Jean-Christophe Thouvenel

Jean-Christophe Thouvenel
Paris FC (1978-1979), Bordeaux (1979-1991), Le Havre (1991-1993)

Jean-Christophe Thouvenel a la particularité d’avoir commencé sa carrière à Genève, où son père travaillait. Mais c’est bien dans son pays que l’arrière droit s’est construit une brillante carrière, assurant la navette dans le couloir droit des Girondins d’un bout à l’autre du règne de Claude Bez, et garnissant son palmarès comme il faut : trois titres de champion (1984, 1985 et 1987), deux Coupes de France (1986 et 1987), deux demi-finales de coupes d’Europe (C1 1985, C2 1987), trois places de vice-champion de France (1983, 1988, 1990) et un strapontin sur le podium des joueurs les plus capés de l’histoire du club aujourd’hui (près de 490 apparitions). Le médaillé d’or aux JO de Los Angeles 1984, qui ne se séparait jamais de ses lunettes en dehors du carré vert, a notamment marqué Éric Di Meco, comme l’a un jour raconté l’ancien Marseillais sur RMC : « J’ai débuté en Ligue 1 ailier gauche. J’ai fait 70 matchs à ce poste, et quand je jouais contre le grand Bordeaux du milieu des années 1980, je passais le match à courir après Thouvenel, qui était un arrière droit très offensif, avec un gros physique, dans une équipe en plus qui dominait le championnat à l’époque. C’est en jouant ailier gauche contre lui qu’on s’est dit un jour que je pourrais jouer défenseur parce que je passais mon match à le tacler. Oui, c’est clair que c’est lui qui a changé ma carrière. »

#277 - Désiré Carré

Désiré Carré
Le Havre (1945-1947), Nice (1948-1952), Strasbourg (1953-1954)

Un mot revient souvent pour qualifier Désiré Carré : l’élégance. Longtemps capitaine de l’OGC Nice, le milieu offensif est l’un des piliers de la légendaire équipe qui domine le championnat de France deux années d’affilée, soulevant le titre en 1951 et 1952. Pas ses meilleures saisons sur le plan statistique, l’Eurois ayant placé la barre extrêmement haut avec ses 18 buts en 1949-1950. Mais quand il fallait allumer la lumière, c’est toujours Carré qui possédait l’interrupteur. « Ce milieu offensif de talent avait signé ses débuts par un but dès son premier match, à Angers. Il clôturera son expérience niçoise de la même manière avec une ultime réalisation, sa 74e pour le Gym, le 25 mai 1952, face à Marseille » , souligne le site de l’OGC Nice. « Le prince de la passe décisive, comme le qualifiait Nice-Matin, saoulait Tylipski d’ouvertures lumineuses. […] Le milieu de terrain Belver-Carré-Bonifaci-Amalfi est un don du ciel. Un carré magique. » Et un Carré magique, aussi, avec la majuscule.

#276 - Jules et Victor Zvunka

Jules et Victor Zvunka
Jules Zvunka : Metz (1961-62) et Marseille (1966-73) // Victor Zvunka : Metz (1970-73), Marseille (1973-80), Laval (1981-83), RC Paris (1984-1985)

Contrairement à leur frère aîné Georges, Jules et Victor Zvunka ne se sont pas éternisés au FC Metz. Avec la même destination : l’Olympique de Marseille. Un club dans lequel Jules a validé son surnom de « Capitaine courage » puisqu’il a remporté la Coupe de France 1972, brassard autour du biceps, et disputé une rencontre face au PSG avec le nez cassé et un masque de fer pour le protéger. L’OM ne pouvant pas se passer de Zvunka, le club phocéen a remplacé Jules, parti à la retraite en 1973, par son petit frère Victor. Un autre défenseur dur sur l’homme qui était le cauchemar des attaquants adverses qui stressaient avant d’affronter la paire défensive Zvunka-Marius Trésor, restés longtemps les deux joueurs non nés à Marseille à avoir disputé le plus de rencontres avec l’OM. Le tout sous la houlette d’un entraîneur qui n’était autre que… Jules Zvunka. Rare joueur à avoir été coaché par son frère, Victor est ensuite parti à Laval où il n’a eu besoin que de deux saisons pour faire partie des 22 joueurs du siècle du club. Il faut dire qu’il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la famille Zvunka. À Metz comme à Marseille.

#275 - André Abegglen

André Abegglen
Sochaux (1934-1938)

De mémoire de Lionceau, André Abegglen demeure un chasseur de buts comme le championnat de France en a peu connu. Associé à Roger Courtois, le Suisse a fait régner la terreur dans les années 1930. Ses stats sont éloquentes : les filets ont tremblé 51 fois en seulement 61 matchs de D1. « Un modèle de l’époque » , loue le FC Sochaux, avec qui il a remporté deux titres de champion de France et une Coupe. Meilleur buteur du championnat en 1934-1935, Abegglen a aussi la particularité d’inscrire un septuplé contre Valenciennes en août 1935. Seul le Rouennais Jean Nicolas a réussi pareille performance par la suite. « Véritable stratège-buteur, le merveilleux André Abegglen est une sorte de Di Stéfano des premiers âges » , décrit le site Football The Story. Il aura même la fonction d’entraîneur-joueur pendant un temps, avant de voir la fin de son histoire sochalienne gâchée par les blessures. Mort d’une septicémie à seulement 35 ans, Abegglen a laissé une trace indélébile dans le Doubs. Une empreinte nettement plus proche du Lion que du Lionceau.

#274 - Michael Essien

Michael Essien
Bastia (2000-2003), OL (2003-2005)

Pour devenir l’un des meilleurs à Chelsea, Michael Essien a dû se forger en Ligue 1. Et c’est à Bastia, puis au sein du grand OL, que le Ghanéen s’est révélé à l’Europe. L’éclosion du défenseur central arrive en 1999, alors qu’il dispute la Coupe du monde des moins de 17 ans en Nouvelle-Zélande. Invité en essai à Manchester United, l’adolescent séduit même Sir Alex Ferguson, mais un défaut de permis de travail annule le transfert. Envoyé en Belgique, au Royal Antwerp (club filial de MU) où il est recalé par les formateurs, il enchaîne au LOSC où, cette fois, Vahid Halilhodžić lui ferme les portes de Luchin, peu séduit par le profil. Ultime porte de sortie, le Sporting Club de Bastia, qui lui propose finalement un contrat professionnel sec, à l’été 2000. En Corse, c’est donc la révélation, pour celui qui est replacé au poste de récupérateur : « C’est Robert Nouzaret qui décide de me repositionner, déclarait l’intéressé dans un entretien à Citi Sports Ghana. À l’entraînement pendant la présaison, le coach m’a dit : « Tu ne vas plus jouer en défense, tu vas jouer au milieu de terrain. » J’avais honte de dire que j’avais un peu d’appréhension, donc j’ai dit oui, directement. » Bonne pioche, puisque malgré la peur de ce nouveau poste, il disputera 76 rencontres jusqu’en 2003, formant l’un des meilleurs trios du début de siècle aux côtés de Nicolas Dieuze et Cyril Jeunechamp.

Suffisant pour attirer l’œil de l’Olympique lyonnais donc, au terme d’un transfert complexe : « Beaucoup d’équipes s’intéressaient à moi. J’étais proche de signer à Liverpool quand Gérard Houllier en était l’entraîneur. Je suis même allé à Liverpool pour le rencontrer. On a parlé, et je suis rentré à Bastia. D’autres clubs anglais m’ont contacté, mais je pensais qu’il était trop tôt pour moi pour partir en Angleterre. Enfin, j’ai appris que le PSG avait fait une offre, c’était même passé aux infos. Mais quand j’ai appris que le coach était Halilhodžić, je l’ai tout de suite envoyé balader. Alors, la seule consigne que j’avais donnée à mon agent, c’est que si Lyon était vraiment intéressé, il fallait que j’y aille. » Chose faite en juillet 2003, pour deux saisons seulement, mais un tremplin majuscule vers les sommets. Du haut de ses 96 matchs (dont 50 lors de la seule saison 2004-2005), Essien marque les esprits avec Juninho, Edmílson et Mahamadou Diarra, pour s’offrir deux titres consécutifs dans le septuplé lyonnais, avant d’aller conquérir l’Angleterre.

#273 - Jacques Santini

Jacques Santini
Saint-Étienne (1971-1981), Montpellier (1981-1982)

L’aventure stéphanoise de Jacques Santini dure dix ans et comprend une date charnière : le 7 août 1973. Ce jour-là, sur la pelouse du Vélodrome, le milieu de terrain des Verts est victime d’un tacle d’une violence inouïe, signé Victor Zvunka. Gravement blessé à un genou, il met de très longs mois avant de revenir sur les terrains. Mais sa carrière, forcément, prend une tournure différente. « De 1971 à août 1973, j’avais gagné ma place au sein du milieu stéphanois, malgré la concurrence, et je m’apprêtais à être sélectionné en équipe de France par monsieur Kovač, rappelle le joueur originaire de Franche-Comté dans un entretien accordé à So Foot. J’étais plutôt un numéro dix, dans un 4-3-3 au milieu très offensif. Je marquais beaucoup de buts à l’époque. Mais la blessure m’a fait perdre un peu de puissance et de vivacité, donc je me suis retrouvé dans des zones où marquer n’était pas une priorité. » Cela ne l’empêche toutefois pas de remporter le titre de champion de France à quatre reprises (1974, 1975, 1976 et 1981), de voir sa tête rebondir sur la transversale carrée de Glasgow, un jour de finale de C1 en 1976, puis de réussir une belle reconversion en tant qu’entraîneur. Et, donc, d’occuper une jolie 273e place dans ce top 1000.

#272 - Pierre Flamion

Pierre Flamion
Reims (1944-1950), OM (1950-1951), OL (1951-1952), Troyes (1954-1956), Limoges (1958-1961)

Dans les années 1940 et 1950, Pierre Flamion est devenu une figure emblématique du football champenois. Au Stade de Reims, où il disputera 171 rencontres en six saisons, de 1944 à 1950, puis à Troyes, rival grandissant des Rémois, qu’il servira en fin de carrière. Entre-temps, l’ailier gauche promènera sa justesse technique chez les deux Olympiques, de Marseille et Lyon. Lors de son transfert de Reims à l’OM, il deviendra d’ailleurs le « premier plus gros transfert » de l’histoire du football hexagonal, avec un montant de huit millions d’anciens francs. Suffisant pour lui offrir dix-sept capes en Bleu. Une seule campagne sur la Canebière (1950-1951), une autre chez les Gones (1951-1952), promus dans l’élite, avant donc de se réinstaller dans l’Aube, à Troyes. De 1952 à 1957, Flamion accumule 183 apparitions, mais, surtout, inscrit 73 buts. Parti finir son aventure à Limoges, dans un costume d’entraîneur-joueur, il dirigera les exploits sportifs d’un certain Guy Roux, qui se décrira comme « disciple de Pierre Flamion » . La plus belle des reconnaissances pour un technicien en France.

#271 - Ricardo

Ricardo
PSG (1991-1995)

Avant d’être ce coach qui revient tous les dix ans en Ligue 1 pour filer de sérieux coups de main, Ricardo Gomes Raymundo a été un brillant défenseur central pionnier de la filière brésilienne au PSG, où il a posé ses valises en 1991 pour quatre saisons de patron, et dont il a été le héros du titre en 1994, avec un superbe coup de casque victorieux contre Toulouse lors de la 36e journée, au premier poteau sur un corner de Valdo. Pas étonnant quand on sait que « Macana » a marqué dix-sept fois sous la tunique francilienne, dont onze fois en D1. « C’est la plus belle rencontre que j’ai faite dans le football. Il y en a eu beaucoup de très belles, mais notre relation a été la plus durable et la plus solide, nous racontait en 2014 Michel Denisot, président parisien au moment du passage du Brésilien. Quand il est arrivé, le PSG n’avait rien d’un grand club européen, il n’y avait qu’à voir le Camp des Loges à l’époque, il était choqué. Mais petit à petit, il a vu le club se transformer et l’a accompagné dans son développement. Plus que n’importe qui, il était très attaché au Paris Saint-Germain. Toute la construction du PSG, il l’a vécue. Pour moi, c’est un winner absolu. Je pense que je n’ai jamais vu quelqu’un faire une aussi belle carrière sur un seul genou. » « Ce qui m’a toujours le plus impressionné chez lui, c’était son jeu de tête absolument incroyable, témoignait de son côté José Cobos pour les 50 ans de l’ex-défenseur. Ça me faisait rire, mais, même sous pression dans les airs, il parvenait à faire de véritables passes au millimètre près ! Il ne dégageait pas la balle, il la relançait. » Et logiquement, Paname sera sa première étape par la suite, dans son parcours d’entraîneur.

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