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Top 100 : Célébrations mythiques (de 70 à 61)

Par Victor Launay, Valentin Lutz et Arthur Stroebele

À l'heure où le football se joue dans des stades vides et où il n'est plus possible de célébrer avec les joueurs, voici une sélection de 100 célébrations de but qui ont marqué l'histoire, chacune à leur façon. Au menu : des explosions de joie, actes provocateurs ou gestes politiques. Et d'énormes fails en prime.

#70 - Les saltos de Djibril Cissé

Les saltos de Djibril Cissé

Pour tous les risques pris

Guy Roux les haïssait, nous les adorions. Il les lui avait interdits, nous en redemandions chaque week-end. Les saltos de Djibril Cissé ont bercé nos années 2000, et fait vaciller sa hanche. Il racontait, dans son livre Un lion ne meurt jamais, l’origine de ses folles galipettes : « Ma rondade salto est venue d’un ami d’enfance qui nous a quittés depuis. Il venait d’une famille de gitans qui habitait juste en dessous de chez moi. (…) Je jouais au foot avec son frère, et lui faisait de la gymnastique. Dès qu’il rentrait au quartier, il nous faisait une démonstration de ce qu’il avait appris à l’entraînement. Il nous gonflait avec ces acrobaties, alors j’ai eu envie de le faire taire en faisant mieux. Je me suis entraîné pour maîtriser la rondade salto qu’il ne maîtrisait pas encore. J’y suis parvenu et, spontanément après avoir marqué un but, j’avais fait le saut. Je devais avoir autour de 14 ans, c’est resté. » Pour notre plus grand plaisir.

#69 - Les baloches de Simeone

Les baloches de Simeone

Atlético – Juventus (2-0), Ligue des champions, 20 février 2019

Chez les Argentins, on ne badine pas avec l’entrejambe. Ángel Di María, Lisandro López, mais aussi (et surtout) Diego Simeone ont tour à tour voulu montrer dans leurs célébrations sur le terrain qu’ils en avaient lourd de cojones. Tout en finesse, le coach de l’Atlético s’est ainsi distingué en célébrant avec extravagance la victoire des Colchoneros face à la Juve. El Cholo est d’ailleurs un récidiviste : vingt ans plus tôt, alors qu’il portait les couleurs de la Lazio, il avait déjà attrapé ses baloches lors d’une victoire capitale contre… la Juve. En 2019, il a ainsi justifié son geste devant la presse : « Ce n’est pas un beau geste, mais je voulais envoyer un message à mon équipe. Faire jouer Diego Costa et Koke, après un mois et demi sans eux. Il fallait qu’ils aient assez de couilles. Je les avais, et tout s’est bien passé ! » Dommage qu’au retour, les baloches de Cristiano Ronaldo aient été encore plus grosses.

#68 - Le « Why Always Me ? » de Super Mario

Le « Why Always Me ? » de Super Mario

Manchester United – Manchester City (1-6), Premier League, 23 octobre 2011

Et dire qu’aujourd’hui, Balotelli, à peine 30 ans, s’est perdu à Monza. À une époque, Super Mario, c’était ça : un type capable de marquer l’histoire du derby de Manchester en trois secondes et un T-shirt. Le 23 octobre 2011, juste après avoir ouvert le score d’un match qui tournera à la démonstration (1-6 pour les Citizens à Old Trafford), Mario Balotelli dévoile un T-shirt sur lequel figure : « Why always me ? » Quelques jours plus tôt, juste pour s’amuser, l’attaquant italien avait complètement détruit son appartement en y foutant le feu après avoir tiré un feu d’artifice depuis sa baignoire. La célébration est un coup de génie, à la hauteur du chalutier de Cantona, car elle déplace instantanément le problème et crée une légende. De quoi marquer une décennie entière, et toute une génération : si c’était toujours lui, c’est bien qu’il y avait une raison.

#67 - Le brassard catalan de Carles Puyol

Le brassard catalan de Carles Puyol

Real Madrid – FC Barcelone (2-6), Liga, 2 mai 2009
A 02:12

Rien que pour le symbole. Le 2 mai 2009, le FC Barcelone colle un gigantesque 6-2 à un minuscule Real Madrid chez lui, et lorsque Carles Puyol marque le deuxième but des siens à la 20e minute de jeu, le défenseur des Blaugrana ne se pose pas de questions et embrasse son brassard de capitaine… Sur lequel figure bien sûr les bandes rouge et jaune du drapeau de la Catalogne. Le stade Bernabéu explose, car le symbole, celui d’une Catalogne qui n’a jamais abandonné ses velléités d’indépendance, est fort, d’autant plus qu’il est produit par un joueur qui s’est toujours tenu plutôt éloigné des débats nationaux. Catalogne 6, Espagne 2.

#66 - Le sprint de José Mourinho

Le sprint de José Mourinho

Manchester United – Porto (1-1), Ligue des champions, 9 mars 2004

Que serait le football moderne sans José Mourinho, son art de la provocation et sa capacité à faire littéralement péter un plomb à tous ses adversaires ? Les frasques, toutes plus exubérantes, sont devenues légion, mais dès ses premiers instants de gloire, le technicien portugais avait posé les bases de sa légende. Le 9 mars 2004, alors que son équipe de Porto vient d’inscrire grâce à Costinha un but qui la qualifie pour les quarts, le bon José s’élance sur la pelouse d’Old Trafford et se met à courir le long de la ligne de touche, les bras écartés, longtemps. Impossible de rêver à une célébration plus ostentatoire et plus insolente. Impossible aussi d’imaginer aujourd’hui un manteau si long ailleurs que dans les X-Files.

#65 - Chris Waddle, christique

Chris Waddle, christique

OM – AC Milan (1-0), Ligue des champions, 20 mars 1991

Après avoir arraché le nul à San Siro, l’OM accueille pour le quart de finale retour de la Coupe d’Europe des clubs champions le grand Milan de Maldini, Gullit et Baresi dans un Vélodrome électrique comme jamais. 72e minute : Abedi Pelé centre pour Papin qui détourne vers Waddle, au pied gauche magique, mais qui claque une improbable reprise du droit. Petit filet opposé, Sebastiano Rossi est battu. Encore sonné d’un duel avec Maldini, Magic Chris est alors dans un état second et se dirige vers le poteau de corner les bras en croix, avant d’agiter ses mains délicieusement pour faire trembler un stade qui devient alors survolté. Au point de faire sauter les plombs, quelques minutes plus tard.

#64 - La langue tirée de Benedetto

La langue tirée de Benedetto

River Plate – Boca Juniors (3-1), Copa Libertadores, 9 décembre 2018

Finalement jouée à Madrid, à cause de la folie incontrôlable qui s’était alors emparée de l’Argentine, la finale retour de Copa Libertadores 2018 sentait la poudre. Et c’est finalement Dario Benedetto qui a allumé la première mèche, juste avant la mi-temps, en inscrivant le premier but de la rencontre. Le ballon au fond des filets, Benedetto enchaîne Gonzalo Montiel avec un viril coup d’épaule, puis le nargue d’un tirage de langue juste devant le nez. Malgré le regard de Pipa façon Undertaker, le but ne suffira pas à enterrer les Millonarios : River l’emporte et ramène la coupe à la maison.

#63 - La glissade ratée de Mathieu Valbuena

La glissade ratée de Mathieu Valbuena

OM – Nice (2-2), Ligue 1, 11 novembre 2012

On est très loin de la glissade parfaite de Didier Drogba sur la pelouse soyeuse de Stamford Bridge. Visiblement rugueuse, l’herbe du Vélodrome n’était pas prête pour voir Petit vélo lui glisser dessus. Résultat : Valbuena se plante les genoux au sol, bascule en avant et s’offre une gamelle monstrueuse à domicile. On saluera tout de même le caractère résilient du bonhomme, qui se relève et célèbre d’un point rageur. Comme si de rien n’était. Sauf qu’on a tous parfaitement vu ce qu’il s’était passé. Et, on peut le dire : on en rit encore beaucoup.

#62 - Le Matador de Marcelo Salas

Le Matador de Marcelo Salas

Pour tous ses pions avec la Lazio (et il y en a eu)

Des coups de tête dingues, un sang-froid ahurissant, une Lazio 1999-2000 au top, une doublette de fou avec Ivan Zamorano et une célébration de but. Marcelo Salas, c’est un genou posé à terre, le doigt en l’air, à la manière d’un matador réalisant un rodillazo. Un geste intimement lié au surnom du buteur, qui a cependant senti le vent tourner avec la grogne des associations anti-corrida et qui s’est depuis reconverti dans la production de myrtilles.

#61 - Le Take The L d'Antoine Griezmann

Le Take The L par Antoine Griezmann

Pour tout ce bel été 2018

Alors d’accord, ce n’est pas la plus belle célébration de ces dernières années. D’accord, elle consiste à imiter un mouvement d’un jeu un peu débile et d’accord, elle ne peut être que calculée. Et pourtant, quand Antoine Griezmann mime la célébration Take the L de Fortnite en finale de la Coupe du monde 2018, après l’avoir répétée dès que possible les mois précédents, on ne peut s’empêcher de la trouver un peu jouissive. Et puis, il n’y a pas de hasard, et si des centaines l’ont repris pour fêter la France championne du monde, c’est qu’elle parlait à une époque et à une génération. Et qu’elle renverra pour toujours à ce bel été 2018.

Par Victor Launay, Valentin Lutz et Arthur Stroebele

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