- Angleterre
- Liverpool FC
Pourquoi Liverpool a aimé Jacquet
En toute fin de mercato hivernal, Liverpool a sécurisé l'arrivée du Rennais Jérémy Jacquet pour la saison prochaine contre 70 millions d'euros. Achat stratégique, panic-buy ou argent jeté par les fenêtres ? Voici pourquoi les Reds ont fait tourner la planche à billets pour le joueur de 20 ans.

→ L’archétype du défenseur moderne
Jérémy Jacquet n’a eu besoin que de 30 matchs de Ligue 1 sous le maillot du Stade rennais pour devenir le défenseur le plus convoité du mercato hivernal, finalement enrôlé par le très dépensier Liverpool contre 70 patates. Pour autant, le central de 20 ans n’est pas sorti de nulle part d’un coup. Deux prêts successifs et un retour à l’étage inférieur avec Clermont lui ont été nécessaires pour s’installer dans la charnière centrale rennaise. Et assumer pleinement son style de jeu, qui correspond à ce que l’on attend du défenseur moderne : « Avec le ballon et dans la lecture du jeu, c’est un profil exceptionnel. Il ne faut pas oublier qu’il n’a que 20 ans », expliquait son entraîneur Habib Beye en novembre dernier.
On connaît tous son destin : s’il n’a pas de problèmes physiques ça ira très haut et très loin
Profil longiligne d’un mètre 90, Jacquet et ses grandes spatules n’ont pas pour habitude de se faire déborder par les attaquants adverses. Solide dans les duels, il se distingue également par une compétence obligatoire pour qu’un club de Premier League télécharge le CV : une bonne relance balle au pied. Dans cet exercice, Jacquet a un avantage, il a joué en tant que sentinelle dans les jeunes équipes rennaises. Ses inspirations parlent pour lui, avec une jolie prémonition. « Comme défenseur, j’aime bien Virgil Van Dijk, et récemment Ibrahima Konaté. Après, mon joueur préféré, c’est Paul Pogba, puisque je jouais milieu. […] Oui, sentinelle, c’est aussi un poste qui pourrait m’aller. », lançait-il à L’Équipe en novembre dernier.
→ Vole comme un papillon, pique comme Habib Beye
C’est bien d’être moderne, mais avoir les fondamentaux du central, ça aide aussi. S’il n’a sans doute aucune passion pour les compagnies aériennes, Air Jacquet s’y connaît pas mal : il a le cinquième meilleur pourcentage de réussite dans les duels aériens des cinq grands championnats européens selon Opta, avec 37 bastons gagnées sur 49, soit 75,5% de réussite. Loin de nous l’envie de vous présenter un cyborg, Jacquet restant un être humain, qui est donc perfectible et qui connaît des passages à vide. En octobre dernier, Habib Beye le piquait volontairement sur son inconstance.
« Nous avons eu une discussion où j’été un petit peu plus franc dans mes propos. Je lui ai dit qu’à partir de maintenant je le jugeait à partir de ses ambitions, donc je vais attendre beaucoup plus de lui dans le leadership et l’agressivité. On connaît tous son destin : s’il n’a pas de problèmes physiques ça ira très haut et très loin », déroulait-il après une victoire étriquée au Paris FC. Un petit rappel qui ne l’empêche pas d’avoir une confiance aveugle envers lui : cette saison, Jacquet est le troisième joueur le plus utilisé par Beye (derrière Brice Samba et Valentin Rongier), et n’a tout simplement jamais été remplacé sur ses 19 matchs joués. Une fiabilité et un mental qui plaisent sûrement à un autre maillot rouge.

→ Joueurs prometteurs : le label Rennes
Et pendant ce temps-là. Rennes continue d’amasser les excédents sur ses joueurs formés au club, en dépit de son ambition sportive. Après Ousmane Dembélé, Eduardo Camavinga, Désiré Doué (pour ne citer qu’eux), la formation rennaise excelle encore avec la vente annoncée de Jacquet pour l’été prochain, la plus grosse de son histoire (devant celle de Doku à City pour 60 millions d’euros). Avec la vente de Jacquet, Rennes va atteindre l’été prochain les 300 millions d’euros de vente (dont 100 rien qu’avec lui et Kader Meïté) sur 278 joueurs formés dans sa Piverdière depuis la saison 2021-2022, comme relevé par Transfermarkt.
C’est certainement cette piste qui explique ce montant faramineux pour un joueur à 30 matchs de Ligue 1 : plus la formation est digne de confiance, plus les prix augmentent. Mais ce n’est pas pour autant que les clubs anglais sont moins regardants. Cette saison, les matchs du SRFC sont devenus la valse des scouts anglais en tribune, leur motif de venue se résumant à observer la pépite dans ses moindres faits et gestes.
→ Défenseurs centraux : le label France
Pour enfin expliquer cette somme colossale, la réponse se trouve dans la question : Liverpool. Auteur du plus gros mercato de son histoire avec un demi-millard d’euros posé sur le marché des transferts, le club de la Mersey prépare un début d’après Van Dijk et mise sur l’alchimie franco-française, et un futur tandem central Ibrahima Konaté-Jérémy Jacquet. En 2019, Arsenal sécurisait William Saliba (30 millions) dès ses 18 piges pour s’assurer de beaux jours en défense. Un an plus tard, Leicester fonçait sur Wesley Fofana (35 milions), Chelsea tentait Benoît Badiashile (38 millions), puis Disasi (45 millions). Liverpool, déjà en 2021, misait sur Ibou Konaté (40 millions)… Montant total de ces exemples des sept dernières années : 258 millions d’euros. Le prix à payer d’une qualité française reconnue en défense, et surtout l’assurance d’un produit la plupart du temps fiable. De quoi mettre une jolie pression au jeune Jacquet : on ne fait que juger à hauteur de ses ambitions.
En direct : Marseille-Rennes (0-0)Par Théo Juvenet




























































