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Southampton, chronique d’un échec total

Par Matthieu Darbas

Bon dernier de Premier League, Southampton disputera le Championship la saison prochaine pour la première fois depuis onze ans. Plutôt logique, tant cela fait de nombreux mois que le bateau coule sur la côte Sud de l'Angleterre.

Southampton, chronique d’un échec total

Matt Crocker, Toby Steele, David Thomas, Joe Shields, Matt Hale, Dan Rice, Alex Kleyn, Tom Stockwell. Tous ces noms ne vous disent peut-être rien, mais ces hommes de l’ombre – qui ont pendant longtemps fait le bonheur de Southampton – plieront tous bagage à l’issue de la saison. S’ils ne l’ont pas déjà fait. Respectivement directeur du football, directeur général, directeur commercial, membre du conseil d’administration, responsable de la cellule de recrutement, directeur de l’académie, analyste vidéo et responsable de la connaissance des joueurs, tous ont décidé de « fuir un navire en train de couler », comme l’a récemment rapporté anonymement une de ces huit têtes pour The Athletic. Après un long séjour de onze années dans l’élite, les Saints disputeront le Championship la saison prochaine. Le résultat de plusieurs mauvaises décisions.

Un environnement loin d’être sain

Une saison, près de 145 millions d’euros dépensés sur le marché des transferts, et une relégation. La première de la société d’investissement Sport Republic à la tête de Southampton est tout simplement un échec. Soutenue par le magnat des médias et milliardaire serbe Dragan Šolak, la société a vu rouge dès le premier exercice de son mandat : 36 matchs de championnat, 6 petites victoires, 6 matchs nuls et 24 défaites. Toujours au niveau des statistiques, les Saints cette saison en Premier League, c’est aussi la cinquième pire défense et la pire attaque. L’élimination dès les huitièmes de finale de la FA Cup, à la maison, aux dépens de Grimsby (1-2), actuel onzième de League Two (quatrième division anglaise, NDLR) vient un peu plus entacher le tableau, sans que la demi-finale de Carabao Cup ne vienne sauver les apparences. Et si la crise que traverse Southampton se lit facilement sur les différents tableaux d’affichage chaque week-end, tout se retranscrit, sans grande surprise, en coulisses.

De nombreux médias anglais ont fait la liste : les cadres de l’équipe avaient de gros doutes quant à la qualité du recrutement l’été dernier ; les jeunes talents s’agaceraient de ne pas avoir assez de temps de jeu – bloqués par les quinze recrues des Saints lors des deux dernières fenêtres de transfert – ; une division entre les nouveaux et anciens du vestiaire serait même très vite apparue, jusqu’à voir l’emblématique James Ward-Prowse se changer avec d’autres collègues dans un vestiaire à part au centre d’entraînement ; certaines recrues n’avaient clairement pas de rage de vaincre dans la course au maintien ; la restructuration de l’organigramme du club par le nouveau codirecteur Rasmus Ankersen n’a pas fait l’unanimité – elle empêcherait de nombreux membres du personnel de faire leur travail correctement – ; et la pression de voir les salaires de chacun des joueurs être baissés de 40% à la suite de la relégation était beaucoup trop difficile à porter. Bref, entre une division dans le vestiaire, un sérieux souci d’organisation, et une terrible série de départ du personnel, Southampton ne pouvait que prendre l’ascenseur.

La définition de l’instabilité

Arrivé en 2018, Ralph Hasenhüttl a été limogé après une défaite 4-1 face à Newcastle en novembre dernier et un début de saison catastrophique (12 points en 14 rencontres). Souhaitant relancer la machine à court terme et donner un véritable élan au projet serbe, Ankersen avait alors décidé de placer Nathan Jones sur le banc du St Mary’s Stadium. Mais l’ancien entraîneur de Luton et de Stoke City n’a rien eu d’un sauveur : 7 défaites en 8 matchs de Premier League, des séances d’entraînement « trop basiques », même « surprenantes », et « un style de jeu pas défini », expliquait The Athletic. Résultat : 94 jours ont suffi pour que Dragan décide de se séparer du tacticien gallois.

Pour sa première en tant qu’intérimaire, Rubén Sellés s’est farci Chelsea (0-1) le 18 février dernier. Il n’en fallait alors pas plus au dirigeant serbe pour décider de le laisser sur le banc jusqu’à la fin de la saison. Les belles performances face à Tottenham (3-3), Arsenal (3-3), Leicester (1-0) ou encore Manchester United (0-0) sur ses 14 premières rencontres aux rênes de l’équipe première n’ont pas empêché la relégation. Dans l’immédiat, Sellés a créé une équipe bis pour tenter de donner du temps de jeu à tout le monde, et surtout définir qui fait et ne fait pas partie de son groupe. La stabilité a fait défaut à cette équipe, et le discours ambitieux et bourré d’optimisme de l’Espagnol, désirant rester au club pour « les dix prochaines années », est peut-être la meilleure direction à prendre pour le club.

À travers un communiqué, il a pour le moment assuré « qu’une amélioration est nécessaire, et à la fin de la saison, nous présenterons nos prochaines étapes qui détailleront la façon dont le club fonctionnera à l’avenir », juste après l’officialisation de la relégation. C’est bien connu, l’argent entraîne souvent les problèmes lorsqu’il est mal utilisé sur la planète foot. Elle semble loin, l’époque où les Saints dénichaient Sadio Mané, Virgil van Dijk ou encore Pierre-Emile Hojbjerg. « On n’aura rien appris cette saison. Tous les week-ends, on a continué à faire la même chose et forcément, on obtient toujours les mêmes résultats. C’est très frustrant », avait lancé Ward-Prowse après la défaite face à Nottingham Forest il y a quinze jours. Arrivé au club à l’âge de 8 ans, le parfait tireur de coup franc s’est dit « très touché » par la situation, « mais c’est horrible pour moi, pour tous les fans, les gens qui travaillent pour le club, tous ceux qui se sentent proches de Southampton de près ou de loin ». Le début de la fin ? La fin qui entraîne le début ? Les prochains mois apporteront les premières réponses.

Ruben Selles
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