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Manchester United ou faire le deuil d’être un grand club

Septième de la Premier League à 17 points du leader Arsenal, Manchester United continue de patauger et d’user des entraîneurs depuis le départ d’Alex Ferguson en 2013. En nommant Michael Carrick pour seulement six mois, le club mancunien montre qu’il navigue à vue et n’a plus rien d’un grand club.
Onzième entraîneur à prendre les rênes de Manchester United depuis le départ du légendaire entraîneur Alex Ferguson en 2013, dont l’ombre plane constamment, en attestent sa statue aux abords d’Old Trafford et la tribune à son nom, Michael Carrick a une mission colossale à remplir : remettre sur pied le club aux 20 couronnes de Premier League. S’il n’y a rien de mieux qu’un derby contre Manchester City, samedi à 13h30, pour lancer une dynamique, il est temps de se faire une raison : Manchester United ne ressemble plus vraiment à un grand club. Et cela ne risque pas de s’arranger.
Un déclin constant
Outre son passé de joueur – 464 matchs et 12 trophées majeurs glanés avec les Red Devils, dont cinq titres de champion d’Angleterre et une Ligue des champions –, Carrick a déjà de l’expérience en tant qu’entraîneur sur le banc mancunien puisqu’il a été adjoint de José Mourinho puis d’Ole Gunnar Solskjær, et a même été intérimaire en 2021 (2 victoires, 1 nul), avant de devenir l’entraîneur principal de Middlesbrough jusqu’à juin dernier, où il a été limogé. Les dirigeants ont préféré opter pour son profil plutôt que de miser sur un retour de Solskjær, pourtant réclamé par de nombreux supporters.
Ce choix d’intérim démontre tout de même le déclassement de cette équipe, présente seulement quatre fois sur le podium durant les douze dernières saisons. « Je sais ce qu’il faut pour réussir ici, a posé le nouveau coach lors de son intronisation. Mon objectif est désormais d’aider les joueurs à atteindre les standards que nous attendons dans ce club exceptionnel, et nous savons que ce groupe en est largement capable. »
Michael Carrick is back 🤝 Our former captain is our Head Coach for the remainder of 2025/26 🔴
— Manchester United (@ManUtd) January 13, 2026
Si on ne doute pas de la motivation de Carrick, l’ancien membre des Three Lions n’a pas un effectif à la hauteur pour renverser la situation. Malgré près de 250 millions investis lors du mercato estival, le onze est à des années-lumière des heures glorieuses du club mancunien. Si le recrutement de Bryan Mbeumo et Senne Lammens sont satisfaisants, ceux de Matheus Cunha et Benjamin Šeško déçoivent pour une équipe qui manque cruellement de leaders et ne fait plus rêver grand monde. De plus, la pression constante mise sur le club n’aide pas les techniciens à se libérer.
Parmi les trouble-fêtes, les anciens joueurs des Red Devils sont les premiers à tirer dans les pattes des successeurs de Sir Alex. À l’instar des commentaires incessants d’anciennes gloires reconverties en consultants comme Gary Neville ou Roy Keane, le légendaire Wayne Rooney, qui s’est proposé pour donner un coup de main à Carrick, a mis son grain de sel : « L’âme du club a disparu. Il doit y avoir un message pour expliquer où va le club. Pour le moment, nous sommes tous assis là à attendre qu’il s’effondre. »

Une image de marque, et après ?
Sur le papier, Manchester United est pourtant toujours très bankable, en étant encore aujourd’hui le deuxième club le plus valorisé au monde (6,6 milliards d’euros). Mais derrière le strass et les paillettes, le club mancunien a une dette monstrueuse de 1,29 milliard de livres sterling (environ 1,5 milliard d’euros). La faute à des mauvais choix en cascade de la famille Glazer et aux résultats décevants qui s’accumulent, notamment la 15e place la saison dernière et l’absence de Coupe d’Europe. Résultat, 450 employés licenciés, la fin des avantages sociaux et même l’arrêt de la cantine du personnel à Carrington. La situation est telle que le club cherche des matchs amicaux pour renflouer ses caisses.
Malgré l’arrivée de Jim Ratcliffe (copropriétaire) et d’Ineos, qui ont récupéré la charge de la partie sportive, United ne parvient pas à relever la barre et ne compte que six trophées depuis l’après-Ferguson, dont le dernier est une Ligue Europa en 2017. Si quelques signaux entretiennent faiblement la flamme, comme l’épopée en C3 la saison dernière et la victoire spectaculaire face à Lyon (5-4, A.P.), les Red Devils n’ont plus goûté à un dernier carré de Ligue des champions depuis 2011. Ressasser sans cesse son passé glorieux n’a jamais permis d’envisager sereinement l’avenir, et c’est avec cet état d’esprit que les erreurs se répètent inlassablement. Le voisin City, vainqueur de six des huit dernières Premier League, a récupéré le flambeau et les éloges. Manchester n’est plus vraiment United.
Les clubs de Premier League dépensent (vraiment) sans compterPar Thomas Morlec


























































