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Classique : La politique du siège vide

Par Julien Faure
5 minutes
Classique : La politique du siège vide

Si l’enjeu du Classique entre le PSG et l’OM sera surtout sportif, la rencontre phare du championnat de France se jouera à nouveau avec un parcage visiteur absent. Pourtant, dans tout l’écosystème du foot français, les voix sont nombreuses pour une répression allégée et une plus grande liberté de mouvement des supporters, bien au-delà du simple Paris - Marseille.

« Il est temps d’ouvrir le dialogue. » Fin janvier, les supporters parisiens, par la voix du Collectif Ultras Paris, ont appelé « solennellement les autorités (in)compétentes à autoriser la venue des supporters marseillais au Parc des Princes » dans « un cadre organisé, encadré et dans le dialogue avec les supporters des deux camps ». La raison de cette prise de parole n’a rien de compliqué, les Marseillais, une année de plus, ne se déplaceront pas au Parc des Princes pour le Classique du championnat de France. Un sur-place déjà observé lors du match aller, alors que les supporters parisiens n’ont évidemment pas été conviés à la première victoire marseillaise au Vélodrome depuis belle lurette.

Qui ne saute pas n’est pas convié ! Eh !

Le CUP l’a écrit rouge sur blanc, les ultras parisiens souhaitent voir leurs rivaux numéro un en tribunes garnir les bancs du parcage visiteurs du Parc des Princes : « Nous sommes favorables à la venue des supporters marseillais à Paris et bien sûr au déplacement des supporters parisiens à Marseille. » Un message clair et limpide qui témoigne d’une volonté de retrouver une partie du folklore du Classique, qui s’est perdu depuis des débordements bien trop graves à la fin des années 2000 et au début des années 2010. Si une certaine limite avait été franchie et a pendant longtemps pu faire office d’argument implacable au retour des supporters visiteurs dans un OM-PSG, et sans même demander d’oublier ce qui a pu arriver par le passé, le droit à une deuxième chance ne semble pas totalement dénué de bon sens.

Dans la semaine, les Marseillais, résignés, témoignaient à leur tour de leur volonté de venir à Paris, dans un climat rendu moins nauséabond par l’écart qui existe désormais et depuis de longues années entre les deux formations. Dans leur réclame, les ultras parisiens en ont appelé à la LFP et à la FFF, qui, si elles sanctionnent les débordements en tribunes, ne peuvent autoriser unilatéralement les déplacements de supporters, leurs clubs respectifs, dont le poids sur ce genre de décision est certainement inexistant et enfin, la préfecture de police de Paris. C’est cette dernière qui est finalement compétente en la matière et qui a décrété le 3 février que les supporters marseillais étaient interdits de déplacement.

Il serait trop long de lister ici tous les arguments retenus à charge contre les supporters de chaque équipe ainsi que contre la rivalité entretenue par le PSG et l’OM, mais ils ont suffi aux pouvoirs publics pour mettre un stop aux faibles espoirs de déplacements des supporters marseillais. Moins de deux ans après les JO de Paris 2024, où la capitale a accueilli des supporters par milliers pendant plus de deux semaines, l’incapacité à encadrer interroge. Surtout lorsque la préfecture argue que le Grand Slam de judo dans le 12e arrondissement nécessite trop de sécurité pour avoir aussi à s’occuper d’encadrer un déplacement de Marseillais dans le 16e arrondissement. Reste que le communiqué du Collectif Ultras Paris n’est pas anodin et témoigne d’une volonté de retrouver un semblant des ambiances connues lors des Classiques, où les supporters des deux bords pouvaient suivre leur équipe à l’extérieur.

Avant son déplacement à Jean-Bouin, l’OM s’était d’ailleurs offusqué de l’interdiction pour ses supporters de se rendre dans la capitale. Une prohibition qui s’était finalement transformée en camouflet, les tribunes étant finalement largement aux couleurs de Marseille au moment du coup d’envoi, un peu partout dans les gradins… plutôt que de voir les supporters concernés regroupés au même endroit. De débordements, il n’en fut rien. La rivalité PFC-OM étant certes bien plus feutrée que celle entre les Olympiens et les Rouge et Bleu, mais encadrer un petit millier de supporters, dont tous ne sont pas ultras il est important de le rappeler, ne paraît pas insurmontable, l’opération se réalisant plusieurs fois par an en Coupe d’Europe.

Un climat favorable, pourquoi ne rien tenter ?

Alors que reste-t-il aux supporters pour redorer leur image aux yeux des préfectures et des forces de police. Moins de débordements ? On ne peut pas dire qu’ils courent les rues ces dernières années, même s’ils existent évidemment. Mais entre Paris et Marseille, rien, fatalement, puisque le dernier déplacement d’une entité supportrice de l’un ou l’autre des clubs remonte à un match de Coupe de France, en semaine donc, et au 28 février 2018. Plutôt que d’interdire pour s’offrir la paix, ne serait-il pas plus judicieux de mettre les ultras face à leurs responsabilités ? Si ces derniers réclament plus de liberté en assurant ne pas constituer de troubles majeurs à l’ordre public, pourquoi ne pas les laisser faire et voir derrière ?

Ces derniers auraient tout de même l’air bien idiots de promettre un certain calme hors du stade et une ambiance décuplée en son sein si tout partait à vau l’eau à la première autorisation de déplacement. Les supporters, qui ont déjà beaucoup perdu, auraient ici bien plus à perdre que les pouvoirs publics. Un écart et c’est tout leur argumentaire qui pourrait tomber à l’eau.

Mais au milieu de tout ça, le Classique, à l’image des Sainté-Lyon, ne représente que la partie la plus visible, la plus bruyante d’une immensité d’interdictions de déplacements et de répression des libertés en tous genres. À la fin du mois de janvier, on dénombrait déjà pas moins de 56 arrêtés préfectoraux concernant des rencontres en tout genre, le foot féminin se voyant même affecté par ces interdictions alors qu’il n’est pas vraiment connu pour ses déboires en tribunes. Ce week-end, c’est un match de basket espoirs (!!!) entre Le Mans et Dijon qui s’est déroulé à huis clos en raison du derby Le Mans-Laval en Ligue 2, pour lequel les pouvoirs ont décidé de sortir l’artillerie lourde et un dispositif de sécurité renforcé. À ce rythme-là, les rencontres à l’extérieur vont finir par être bonnement et simplement interdite à tout visiteur et c’est une partie de l’essence du supportérisme qui s’envolera avec elles.

Luis Enrique chicote (encore) les journalistes

Par Julien Faure

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