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Stéphane Richard : il était une fois un Marseillais

Officiellement nommé président de l'Olympique de Marseille ce vendredi par Frank McCourt, Stéphane Richard débarque à l'un des postes les plus enviés mais aussi exigeants du football français. Une chose est sûre : l'ancien PDG d'Orange aiment et connaît Marseille, au cas où vous ne l'auriez pas compris.
La deuxième conférence de presse de Frank McCourt depuis sa prise de poste en 2016 était particulièrement attendue ce vendredi. Et pour cause, elle devait permettre d’enfin connaître le successeur de Pablo Longoria au poste de président de l’Olympique de Marseille. Le suspense a très vite été levé puisque Stéphane Richard est apparu avec un sourire légèrement crispé aux côtés de l’Américain dès le début de celle-ci. Si les premières rumeurs annonçaient l’arrivée du journaliste Mohamed Bouhafsi à la tête du club, c’est finalement bien l’ancien patron d’Orange qui occupera le poste à partir du 2 juillet prochain. Son nom ne vous parle pas, c’est normal, mais la conférence de presse du jour a permis d’en apprendre un peu plus sur le personnage (spoiler : il connaît et comprend très bien la ville de Marseille, oui, oui, il vous le jure !)
Bac et ricanements
Dans son propos liminaire, Stéphane Richard a très vite voulu prouver qu’il avait un lien fort avec Marseille, un critère important pour McCourt. « Une grande émotion pour moi parce que mes deux passions convergent : Marseille et le foot, a-t-il posé. Je garde beaucoup de contacts, dont ma professeure de français. J’ai passé mon bac à Marseille, puis je suis monté à Paris pour ma classe préparatoire. Je me souviens des ricanements quand je disais que je venais de Marseille. J’ai gardé des liens très forts avec cette ville, où se trouve la seule maison que je possède aujourd’hui. J’y ai beaucoup d’amis, c’est une ville que je connais intimement. »
L’ex-directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde au ministère de l’Économie, cité dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, en a même rajouté une couche quelques minutes plus tard en répétant qu’il n’était « pas un étranger » qui débarque à Marseille et qu’il était prêt pour démarrer son « dream job ». Une précision importante, parce qu’à sa manière d’appeler son supérieur « Frannnkeee » avec un accent tout droit sorti de Brooklyn, on pourrait s’y méprendre.
L’homme qui « cochait toutes les cases » selon son N+1 a semblé conscient que l’OM, auteur d’une saison plus que contrastée avec une élimination précoce en C1 et en Coupe de France, était à la croisée des chemins mais assure avoir les épaules assez larges pour le poste. Questionné sur son profil administratif, Richard a tenu à mettre les points sur les i en précisant bien qu’il n’était pas un « institutionnel ». S’il assure être un passionné de football et n’avoir loupé aucun des derniers grands matchs internationaux et européens, l’ancien haut fonctionnaire a répondu que son plus grand souvenir avec l’OM était la finale perdue en Ligue Europa en 2018 face à l’Atlético Madrid (3-0) et la dernière victoire face au PSG au Vélodrome (1-0). On n’y aurait pas pensé.
L’Olympique de Marseille est heureux d'annoncer la nomination par Frank McCourt de Stéphane Richard en tant que Président du Directoire du club. Il prendra officiellement ses fonctions le 2 juillet prochain. pic.twitter.com/H5WpJ7I5zy
— Olympique de Marseille (@OM_Officiel) April 10, 2026
L’homme-orchestre aux partitions encore floues
Sélectionné parmi « un nombre de candidats important », à en croire McCourt, le natif de Caudéran (Gironde) a tout de même parlé un peu ballon durant cette heure de conférence de presse. Pour Richard, la qualification pour la prochaine Ligue des champions est « capitale » pour l’avenir du club et il est important de « réinventer le dialogue » avec les supporters. D’accord. Son principal cheval de bataille va surtout permettre « d’amener une période de stabilité, une vision de moyen, long terme qui va essayer de réconcilier un peu tout le monde ». Conscient de ne pas être un technicien du foot, l’associé en conseil d’une banque de fusions/acquisitions à Paris, qui a tout de même tenté de commenter la situation délicate de Liverpool, va s’entourer de professionnels « aguerris » du secteur. Sans surprise, le futur directeur sportif aura fort à faire pour redresser la barre.

En attendant sa prise de poste le 2 juillet prochain et son démarrage « full speed », l’ancien contrôleur de gestion, pas fâché avec l’humour quand il s’agit de parler de son âge et de sa longévité (63 ans), va profiter de ce laps de temps pour se préparer pour sa nouvelle fonction de président de l’OM avec l’aide de Medhi Benatia et Alban Juster, son intérimaire. Davantage dans les pas de Jacques-Henri Eyraud que de son prédécesseur, il assure être un leader dans l’âme : « Je vais essayer d’être un homme-orchestre qui va essayer de prendre les bonnes décisions de recrutement et d’ici là, j’espère donner un supplément d’énergie pour la qualification en Ligue des champions. » Top 3 en Ligue 1 tous les ans dans le viseur donc, mais toujours pas d’investisseurs à l’horizon. Pas sûr que les supporters de l’OM soient totalement rassasiés après ces annonces.
À la tête d’Orange quand le groupe diffusait la Ligue 1, il peut se targuer de s’y connaître dans le dossier des droits TV, d’avoir participé au naming du Vélodrome et d’être membre du conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille. Alors que certains pensaient que Stéphane Richard avait l’étoffe pour être maire de Marseille, ce sera finalement sur le fauteuil de président du club phocéen qu’il va s’asseoir. Pas sûr que le job soit moins prenant.
Le nouveau président de l’OM a-t-il été condamné dans l’affaire Tapie ?Par Thomas Morlec, avec Suzanne Wanègue






















































