- Ligue 1
- J33
- Le Havre-Marseille (0-1)
Habib Beye, emporté par la houle

Alors que la situation en interne à l’OM se dégrade semaine après semaine et malgré la petite victoire au Havre, Habib Beye semble désormais bien seul à tenter de sauver les apparences. L’entraîneur de l’OM varie désormais entre câlinothérapie, mises à l’écart et discours d’affirmation, dont l’accumulation frise le pathétique. Tour d’horizon.
« Du sport, j’ai connu le pire et le meilleur. Mes plus grandes émotions ont un nom : Marseille », écrivait Bernard Tapie dans sa biographie Librement. Un sentiment que devrait partager Habib Beye, l’entraîneur de l’OM, dont l’aventure pourrait s’achever dès la dernière représentation de la saison dimanche prochain face à Rennes au Vélodrome, trois mois après avoir changé de crémerie. Du capitaine adoré au premier technicien depuis Albert Emon en 2002 à compter cinq défaites après ses dix premiers matchs, l’ancien consultant a beau plaider le contexte marseillais depuis son arrivée, il ne parvient toujours pas à l’appréhender.
Une aventure sportive contrariée
Malgré son aventure en demi-teinte du côté du Stade rennais, l’arrivée d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM en février dernier pouvait ressembler à une bonne idée, malgré le chantier qui l’attendait. Capitaine du club au mitan des années 2000, Beye semblait donc un candidat sérieux pour tenter de remettre de l’ordre dans les têtes et des sourires sur les visages phocéens. Quatre mois plus tard, la déception se fait sentir. L’échec n’est pas encore total, l’OM pouvant encore espérer se qualifier pour une compétition européenne la saison prochaine, mais cette équipe est bien loin des objectifs initiaux de 2e place et de qualification directe en Ligue des champions.
Habib Beye ne compte que 13 points après ses 9 premiers matchs officiels sur le banc avec l'OM en Ligue 1, soit les pires débuts pour un entraineur arrivée en cours de saison chez le club phocéen dans l'élite depuis Franck Passi en 2016 (13). #OMOGCN
— Stats Foot (@Statsdufoot) April 26, 2026
Quatrièmes, à cinq points de Lyon et six d’avance sur Rennes et Lille, au terme de la 22e journée, date du dernier match marseillais supervisé par Pacho Abardonado, les Olympiens pointent à la sixième place onze journées plus tard, à trois points de Rennes avec des rêves de C1 évaporés et une piteuse élimination aux tirs au but face à Toulouse en Coupe de France. Mais s’il n’y avait que le bilan comptable…
Outre les résultats sportifs plus que moribonds, Beye semble également avoir perdu son vestiaire selon quelques indiscrétions de La Provence qui explique que les joueurs marseillais s’étaient déjà renseignés auprès de leurs homologues rennais lors de son arrivée, qui leur ont dépeint un portrait peu flatteur. Son management aussi a pu crisper. À l’instar du sort réservé à Himad Abdelli, écarté depuis plusieurs matchs et qui concentre, à entendre l’entraîneur de l’OM, tous les maux phocéens, alors qu’il n’est pas plus fautif qu’un autre de la situation marseillaise.
Une communication au vitriol
Seule constante dans un bateau qui tangue en cette fin de saison, entre une direction intérimaire et des joueurs qui ont surtout la tête à leur suite de carrière, Beye s’est tendu dans sa communication au fur et à mesure des déconvenues. Alors que l’entraîneur de l’OM n’hésitait pas à rentrer dans les détails lors de ses premières conférences de presse, son discours s’est particulièrement raidi avant la réception de Nice : « En adoptant ce comportement, je ne m’adresse pas aux joueurs, mais au contexte. Quand je parle, j’explique trop. Quand je décris, je décris trop. On dit que je vous enfume quand je détaille. » Le tacticien olympien peine tout de même à imposer son style face à ses dirigeants. Lui qui était plutôt opposé à une nouvelle mise au vert cette semaine contrairement à ses dirigeants selon RMC Sport, n’a pas souhaité revenir sur les conditions de cette nouvelle punition en conférence de presse avant Le Havre.
Aujourd’hui, ce sont des mensonges qui sont mis sur la place publique vis-à-vis d’Habib Beye.
Le point de non-retour a été atteint après la victoire face au Havre (0-1). Toujours très attentif à sa communication, l’entraîneur de l’OM ne supporte plus les fuites médiatiques qui entourent son vestiaire et l’a fait savoir : « Ce qui me dérange, ce n’est pas ce qui est dit. Ce sont les mensonges vis-à-vis de moi et de ma personne. On va être très clairs maintenant. Aujourd’hui, ce sont des mensonges qui sont mis sur la place publique vis-à-vis d’Habib Beye. […] La problématique que nous avons aujourd’hui, c’est que nous sommes entrés dans une course à l’info – à la mauvaise info et aux mensonges – qui n’est plus du tout vérifiée. » L’ancien technicien du Red Star désormais entraîneur de l’OM a également expliqué n’avoir aucun problème avec ses joueurs et que, concernant les absents, « ce n’est pas à [lui] qu’il faut poser la question ». Une pique à Pierre-Emerick Aubameyang, absent du déplacement au Havre pour un comportement jugé non approprié durant la mise au vert (pour une sombre histoire d’extincteur…), une première pour l’international gabonais qui est le seul joueur à avoir participé aux onze rencontres supervisées par Beye. Une preuve supplémentaire de la difficulté pour l’entraîneur de l’OM d’asseoir sa posture.
Gerónimo Rulli affecté par l’ambiance à MarseilleLB




















































