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Nuno Espirito Santo, des racines sans ailes

Par Mathis Blineau-Choëmet
4' 4 minutes
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Nuno Espirito Santo, des racines sans ailes

Remercié lundi soir par le propriétaire de Nottingham Forest, Evangelos Marinakis, Nuno Espirito Santo quitte encore un banc de Premier League au moment où il semblait toucher le haut du panier. Un scénario à nouveau vécu par cet entraîneur talentueux chez les équipes moyennes, mais limité avec les grosses écuries.

À Nottingham, la tradition de couper les arbres reste un des pendants de l’histoire du club. À l’inverse, on pensait que celle de trancher les têtes avait disparu depuis les aventures de Robin des Bois au Moyen-Âge. Ce mardi matin, le nouveau baron de la ville, Evangelos Marinakis, a rappelé que cette période n’était pas révolue. Dans un communiqué, le propriétaire de Nottingham Forest a annoncé le départ de Nuno Espirito Santo après seulement trois matchs de championnat cette saison (1 victoire, 1 nul, 1 défaite, soit un bilan loin d’être ridicule), mais surtout avant le retour de la Coupe d’Europe à Nottingham Forest, 30 ans après leur dernière participation. Une qualification obtenue grâce aux prouesses tactiques du coach portugais la saison dernière.

Sur le banc des Tricky Trees à partir de 2023, l’esprit saint de Nuno avait redonné ses lettres de noblesse à un club passé de la zone de relégation aux portes du top 5 de la Premier League. Avec sa science de la contre-attaque et des principes de jeu bien identifiés, le fin tacticien avait réussi à cultiver le talent de joueurs réputés moyens, à l’instar du redoutable finisseur Chris Wood, auteur de la meilleure saison de sa carrière, pour enraciner son équipe au sommet du championnat.

Bataille gréco-portugaise

Après un cru 2024-2025 réussi, le destin du Portugais a basculé à l’intersaison. Début août, Nuno avait publiquement critiqué l’arrivée d’Edu Gaspar à la direction sportive. À la suite de plusieurs désaccords entre le staff et le nouveau bras de droit de Marinakis sur certains dossiers du mercato estival, l’ancien gardien de Porto avait déclaré que sa relation avec la direction du club avait changé. « Avec Marinakis, nous ne sommes plus aussi proches. Tout le monde au club devrait être solidaire, mais ce n’est pas le cas. » Cette prise de parole a ravivé les tensions déjà présentes entre les deux hommes, entre autres illustrées par leur engueulade en fin de saison dernière après un nul contre Leicester. Ces points de discorde ont poussé le Grec à virer le Portugais pendant cette trêve internationale.

L’arbre n’aura donc caché la forêt qu’une saison. Comme trop souvent dans sa vie d’entraîneur, Nuno débarque, il impose sa patte, il structure son équipe et dès qu’il touche aux succès, sa calvitie se heurte au plafond de verre du haut niveau. Le destin d’un entraîneur idéal pour les clubs dits moyens, mais trop limité pour réitérer ses performances sur le long terme. Déjà, son franc-parler ne matche pas avec certains présidents, surtout auprès du sulfureux Evangelos Marinakis. Face à un dirigeant omniprésent, son caractère bien trempé est devenu une source de tension. Ce comportement a porté ses fruits à court terme, parce que les résultats suivaient, mais a rapidement montré ses limites.

Nuno garde ses principes

Autre frein pour se maintenir au sommet, l’incapacité du Portugais à se réinventer sur le plan tactique. À Wolverhampton, il a quitté le club après une saison 2020-2021 frustrante (13e) où il n’était pas parvenu à révolutionner son système préférentiel, le 5-2-3, qui avait emmené les Wolves du Championship aux quarts de finale de la Ligue Europa. Malgré cette dernière saison décevante dans les West Midlands, le Tottenham du « défunt » Daniel Levy avait jeté son dévolu sur le coach portugais en 2021 pour, une nouvelle fois, relancer une équipe à bout de souffle. Doté de moyens financiers suffisants pour projeter une équipe au top, Santo avait réussi son début de saison avant de sombrer dans les bas-fonds du classement avec les Spurs. Après un enchaînement de défaites, il avait aussi pris la porte, cette fois au mois de novembre.

Quatre ans après cet échec, Espirito Santo s’est réveillé ce mardi matin avec une lettre recommandée à son chevet. Ce n’était ni un poème d’amour ni une prolongation de contrat, mais bien un acte de limogeage signé du meilleur ami de John Textor, Marinakis. Une fois de trop, l’homme né à Sao-Tomé a suivi ses principes : élever une équipe jusqu’aux cimes naissantes, puis s’éclipser avant d’effleurer le top niveau. Le scénario se répète et montre à nouveau que Nuno reste un coach limité, tactiquement et aussi dans ses rapports humains. À lui de retrouver un nouveau projet dans les prochains mois pour enfin prouver le contraire.

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Par Mathis Blineau-Choëmet

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