- Ligue 1
- J17
- Lille-Rennes (0-2)
À Lille, l’enfer c’est les hôtes
Le LOSC a perdu un match contre le Stade rennais (0-2) et surtout ses nerfs, ce samedi soir. Les Lillois n’ont pas digéré l’expulsion d’Alexsandro, mais les colères d’Olivier Létang, du genre récidiviste, et de Bruno Genesio ne rendent pas service au foot ni au club nordiste.
Il faut généralement quelques jours, voire semaines pour les plus motivés, pour voir les premières bonnes résolutions de l’année s’envoler – encore faut-il en prendre. On ne sait pas vraiment ce que s’étaient dit les Lillois pour 2026, mais ils n’ont pas passé la soirée qu’ils imaginaient ce samedi à Pierre-Mauroy. Le LOSC a perdu un match contre le Stade rennais, qui se rapproche au classement et devient un concurrent, mais il a surtout perdu ses nerfs, une fois de plus, sans attendre la fin de la partie.
La tension n’a cessé de monter, à partir de la 14e minute et l’expulsion d’Alexsandro, Olivier Létang descendant de sa tribune très vite pour se rapprocher du bord du terrain et faire part de son mécontentement. Dès la fin des trois minutes de temps additionnel, Bruno Genesio, fou de rage, devait être retenu par Nabil Bentaleb, Akon Haraldsson et Berkan Özer pour ne pas aller s’en prendre au corps arbitral, toujours sur la pelouse. « Depuis hier il y a que des merdes, c’est pire encore que l’année dernière, lui c’est le number one, lui c’est le top du top », s’emportait le technicien dans le couloir menant aux vestiaires, dans des images capturées par Ligue 1 +.
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Ces scènes vues à la pause ne rendent service à personne, ni au foot, ni au LOSC, ni à un championnat qui connaît des problèmes d’arbitrage cette saison, mais qui n’avancera jamais avec des dialogues qui n’en sont pas ou n’existent pas. En novembre, le président lillois avait par exemple refusé l’invitation de la FFF à une initiation à la VAR, où plusieurs dirigeants de Ligue 1 étaient présents. Il s’est en revanche emporté tout près de l’immense Dogue posé près de l’entrée de la pelouse, en hurlant sur Eric Wattellier (« Vous savez ce que vous avez fait, c’est une honte, c’est un scandale ») quand son bras droit, Sylvain Armand, demandait un peu plus calmement à l’arbitre du soir d’« assumer ses erreurs ». Une goutte d’eau de trop, selon certains, Lille ayant collectionné cinq cartons rouges sur ses six derniers matchs de L1, dont deux à Auxerre.
Le LOSC n’avait pas besoin de ça
À défaut d’assumer son erreur, en tout cas, l’homme au sifflet est venu confirmer sa décision en l’expliquant sur le plateau de Ligue 1 + après cette rencontre électrique. On aurait peut-être aimé voir Jérôme Brisard expliquer le but refusé à Monaco pour une faute imaginaire sur Corentin Tolisso et il est toujours agréable de laisser les arbitres se lancer dans un exercice de transparence. Ce qu’a fait M. Wattellier, assurant qu’il avait suivi la loi 12 dans « une situation d’anéantissement d’une occasion de but manifeste » et que « la décision était incontournable ». On pourra toujours se demander si Breel Embolo, excentré sur le côté droit à l’entrée de la surface au moment de l’action, serait allé au bout ou aurait pu être rattrapé par des défenseurs lillois, mais l’arbitrage reste un métier où il est parfois question d’interprétation.
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Cela n’a en tout cas pas arrangé la cote de popularité d’Eric Wattellier à Lille, après le derby à Lens en septembre où plusieurs décisions avaient été litigieuses en défaveur du LOSC, ce qui avait poussé Genesio avant le match à glisser ironiquement qu’il espérait le voir « en forme » après avoir été interrogé à ce sujet. Quatrièmes de Ligue 1 et en bonne posture en Ligue Europa, les Lillois n’ont pas besoin d’un tel cirque et les Dogues n’ont pas été aidés par cette électricité ambiante, ce samedi soir. L’équipe nordiste était plutôt courageuse et cohérente à dix contre onze, mais comment gagner un match en infériorité numérique quand un président et un entraîneur perdent la raison ? À la fin des quinze minutes de pause, Létang et Genesio étaient encore en train de fulminer et, hasard ou non, les locaux ont pris les deux buts peu de temps après la reprise, aux 49e et 57e minutes.
Le récidiviste Olivier Létang
On ne refera pas le foot et ses acteurs, ni la pression économique que ce sport génère aujourd’hui : tout le monde est sous tension dans le football français, des dirigeants aux arbitres, qui ont pour point commun de faire des erreurs et celles des premiers cités valent parfois bien plus chers qu’un simple carton rouge. C’est une chose d’entendre des insultes à gogo en tribunes, où les ultras lillois, installés près des médias en raison d’un huis clos partiel – dont on pourrait se passer quand il s’agit de pyrotechnique, répétons-le –, ont pu s’amuser avec la richesse de la langue française pour injurier l’arbitre, les Rennais, les anciens Lensois, la presse et la terre entière ; ça en est une autre de voir des dirigeants de foot se comporter de la sorte.
Sans oublier de dire qu’il n’était « pas différent des autres » face aux frustrations générées par l’arbitrage, Habib Beye a fait comprendre qu’il n’appréciait pas spécialement l’attitude de Létang (« ça ne devrait plus jamais arriver dans le foot ») et que les arbitres avaient « besoin d’être soutenus ». C’est plus facile à dire quand son équipe gagne et qu’elle finit le match à onze, mais c’est dit et cela a le mérite d’être entendu, à une époque où il est de plus en plus compliqué d’arbitrer dans le foot amateur et où les professionnels doivent servir de bons modèles et non pas de mauvais. Le président du collège de Ligue 1 est coutumier du fait, en championnat comme en Coupe d’Europe, où il avait assuré avoir écrit à Aleksander Čeferin à la mi-temps du match contre le PAOK. Il est resté silencieux après la rencontre, cette fois, comme Genesio qui a refusé la conférence de presse, laissant Thomas Meunier et Bentaleb faire le SAV sur Ligue 1+ et en zone mixte. La bonne nouvelle, ou la mauvaise, c’est qu’il reste 362 jours pour préparer les bonnes résolutions de 2027.
Arbitrage de Lille-Rennes : Nabil Bentaleb voit un autre problèmePar Clément Gavard, au stade Pierre Mauroy
Tous propos recueillis par CG, sauf mentions


























