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- Real Madrid-Bayern (1-2)
Olise, un joueur vraiment très spécial

Pour ceux qui doutaient encore du joueur qu'est Michael Olise, il aura suffi de se poser devant Real Madrid-Bayern Munich, ce mardi, et d'admirer. Le Français est indispensable de le collectif redoutable bâti par Vincent Kompany et incarne aussi peut-être l'avenir des Bleus, dans son style inimitable.
Il aurait été cruel pour Michael Olise de quitter la pelouse du Bernabéu sans être décisif. Au retour des vestiaires, les Madrilènes ne sont pas frais et une petite minute suffit pour qu’Aleksandar Pavlović lance le Français dans la profondeur. Sur son pied gauche, le numéro 17 fixe parfaitement la défense du Real à tel point qu’Antonio Rüdiger et ses coéquipiers laissent le buteur en série Harry Kane seul devant la surface. D’une malice parfaite, Olise glisse le ballon pour l’Anglais, qui n’hésite pas à fusiller la cage d’Andryi Lunin. Le Rekordmeister dominateur fait le break et un joueur vient de dépasser la légende Franck Ribéry avec sa 25e passe décisive de la saison. Rien que ça.
LE BAYERN ET HARRY KANE FONT LE BREAK FACE AU REAL APRÈS 20 SECONDES EN DEUXIÈME PÉRIODE 😱 Et dire que les Madrilènes avaient l'engagement 😰#RMABAY | #UCL pic.twitter.com/lyEyGNWqI3
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) April 7, 2026
Si certains se souviendront de la rencontre stratosphérique du portier Manuel Neuer, élu homme du match, Kane a tenu à remettre les pendules à l’heure et à rendre la passe décisive : « Olise a été fantastique. Il a posé beaucoup de problèmes aux défenseurs, il a eu beaucoup d’occasions. C’est lui, le responsable en grande partie de la manière dont on joue. » La dernière phrase n’est pas qu’un simple compliment balancé pour faire plaisir, c’est une vérité et une sensation quand on regarde la machine se mettre en action. En 90 minutes, le bonhomme aux dreadlocks aura touché 82 fois le ballon, se présentant comme une rampe de lancement et un élément perturbateur qui a aspiré l’âme du pauvre Alvaro Carreras, dépassé du début à la fin (dans un registre différent, Mbappé a par exemple touché 44 ballons).
Un OVNI dans le foot actuel
Olise incarne cet autre football, de plus en plus rare. Un gaucher rapide, utilisable dans l’axe ou sur son côté, capable de faire les bons choix aux bons moments, comme en témoigne cette action à la 55e minute. L’ancien de Crystal Palace crée une situation qu’un certain Arjen Robben adorait : devant le banc de son coach, la fusée Olise dépose Carreras d’un crochet du gauche limpide, prend de vitesse le défenseur du Real et, dans le bon tempo, décroche sa frappe, trop molle pour inquiéter Lunin. C’est ce petit manque de finition qui l’empêche de faire partie des très grands, pour l’instant. Son match, dans un quart de finale de la compétition reine, l’a déjà fait entrer dans une autre dimension. Olise est un OVNI, un joueur qui ne ressemble à aucun autre, un type spécial.
Michael voit le jeu avec son cerveau, il ne regarde pas tout le temps le jeu avec ses yeux. Il imagine et comprend le jeu différemment.
Insaisissable, imperturbable, toute la soirée, Olise a résisté à la pression du Bernabéu. Il a le charme du joueur qui n’est pas dans le paysage depuis qu’il a 16 piges, parce qu’il lui a fallu plus de temps que les ultra-précoces et peut-être parce qu’il ne fait partie de ces garçons tout de suite programmés pour être très forts très tôt. Et c’est tant mieux. « Michael est un joueur spécial. Il voit et pense le jeu d’une manière différente, comme il voit la vie, posait Thierry Henry, son ancien sélectionneur chez les Espoirs, en fin de match. Michael voit le jeu avec son cerveau, il ne regarde pas tout le temps le jeu avec ses yeux. Il imagine et comprend le jeu différemment. »
Il ne joue pas comme les autres, entre son élégance, sa simplicité et son efficacité dans son jeu. Celui qui a fêté ses 24 ans en décembre a le temps, après avoir longtemps côtoyé les bancs avec Reading ou Crystal Palace. Il lui faudra confirmer, même si c’est ce qu’il fait cette saison après avoir brillé discrètement à l’échelle de l’Allemagne pour sa découverte du Rekordmeister. Il bénéficiera de l’exigence d’un club comme le Bayern et d’un coach comme Kompany. « Ce n’est pas suffisant, je pense que nous devons le pousser à en faire plus, disait d’ailleurs son entraîneur. Mais il est sur une très bonne trajectoire, et c’est un plaisir d’en être témoin. » À le voir exercer son art un soir de gala à Bernabeu, ce mardi, on avait bien envie de se projeter sur la semaine prochaine, à Munich, et se dire que l’été pourrait être beau et chaud sous le maillot bleu.
Vincent Kompany le sait, l’ours n’est pas mortPar Adrien Radulovic






















































