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Pourquoi le PSG doit fuir la tentation du copier-coller
Dans la tête des supporters du PSG, la septième journée de Ligue des champions renvoie instantanément aux souvenirs de la victoire dingue contre Manchester City, un an quasi jour pour jour plus tôt. Ils veulent s’y accrocher, revivre ce moment de bascule, et, surtout, relancer une dynamique menant au toit de l’Europe. Les schémas répétitifs ne sont en réalité jamais très bons et la chute n’en est que plus lourde.

Le 22 janvier 2025, le Sénat gelait les crédits de l’Élysée et du Parlement. Le 20 janvier 2026, la France n’a toujours pas de budget. De là à dire que rien n’a changé, il n’y a qu’un pas : la situation politique du pays reste déplorable, la paix est loin d’être trouvée aux quatre coins du monde, les voitures ne volent toujours pas, l’OM oscille entre euphorie et crise alors que le PSG s’apprête à disputer une septième journée de Ligue des champions à enjeux. Si les hommes de Luis Enrique peuvent se qualifier pour le top 8 de C1 dès ce mardi, il y un an quasi jour pour jour, ils étaient dos au mur avant d’affronter Manchester City dans un match qui versera finalement dans l’irrationnel et lancera six mois exceptionnels jusqu’au sacre européen tant attendu.
Mais, c’est bien connu, comparaison n’est pas raison. Au même stade, les deux saisons ne sont pas vraiment similaires puisque l’entraîneur espagnol n’est plus fragilisé pour un sou, l’effectif se connaît désormais parfaitement et atteint des sommets en termes de jeu collectif, lorsqu’il est au complet, tandis que les individualités ont appris à être décisives au bon moment. Tout ça grâce à ces six mois en lévitation. Après cette période passée au-dessus des nuages, les Parisiens ont retouché terre avec une fessée reçue par Chelsea en finale du Mondial des clubs, une épidémie de blessés et quelques contre-performances sur la scène nationale. Et puis de toute manière, 2026 ne pourra pas dans tous les cas être un parfait remake de 2025, puisque la possibilité de soulever la Coupe de France – et donc de réaliser un carton plein – s’est évaporée.
Barrage à la nostalgie
Pour échapper à cette torpeur, les supporters comme les membres du club veulent retrouver cette sensation de plénitude, ces six mois de bonheur, si longs, si courts. Revivre, en somme, comme le théorise Vladimir Jankélévitch dans L’Aventure, l’Ennui, le Sérieux. Selon le philosophe français du XXe siècle, dans un présent où rien ne se passe, l’envie de voir ressurgir la joie si pure de la première aventure est humaine. Flirter entre badinerie et mélancolie aussi. À l’heure de se déplacer à Lisbonne pour affronter le Sporting, les Parisiens, si friands de signes qui les renvoient au passé comme la malédiction du 14 février et le retour d’un Ousmane Dembélé serial buteur après avoir fêté la nouvelle année, apprennent tout simplement le concept portugais de « saudade » (un état émotionnel proche de la nostalgie qui renvoie à la notion de manque).
Je ne suis pas sûr que ce soit l’idéal [de gagner contre le Sporting], parce qu’on ne jouerait pas les barrages.
Luis Enrique, lui-même, semble touché. « Je pense que la trajectoire de l’équipe est un peu la même que l’an passé. Je maintiens que notre première partie de saison dernière avait été exceptionnelle : on avait souffert de notre manque d’efficacité, mais le reste est très similaire, pour moi, et c’est ce qui compte », a-t-il assuré en conférence de presse, lundi, tentant de rejouer l’approche du match contre Manchester City pour revivre une deuxième partie de saison idyllique. Le coach est même allé plus loin : « C’est important pour la confiance de l’équipe de gagner, mais je ne suis pas sûr que ce soit l’idéal, parce qu’on ne jouerait pas les barrages. » Un stade de la compétition où le PSG avait dévoré le Stade brestois avant de passer au(x) plat(s) de résistance en phase finale.

Vouloir à tout prix disputer des barrages a pourtant tout d’une fausse bonne idée. Déjà rien ne dit que le potentiel adversaire dans ces 16es de finale déguisés offre aussi peut de résistance que les Bretons l’an dernier. Ensuite, le PSG a suffisamment de combats à mener et de temps de repos à récupérer pour s’en passer. Actuellement troisième de la phase de ligue, avant d’affronter le Sporting et Newcastle, le club de la capitale devrait aisément terminer à l’une des huit premières places tout en pouvant aussi se focaliser sur la Ligue 1, histoire de ne pas laisser le RC Lens s’envoler en tête. L’absence de deux matchs courant février semble une aubaine pour une équipe qui n’a pas eu de trêve estivale et qui en a souffert physiquement, mais le manque de rythme est, a contrario, craint par Luis Enrique, surtout après l’élimination en Coupe de France. La présence dans le top 8 de trois des quatre demi-finalistes lors de la dernière édition pourrait le rassurer quant aux six futurs mois. Surtout ça l’obligerait à sortir de sa boucle temporelle si confortable.
En direct : Sporting - PSGPar Enzo Leanni



















































