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Italie : grazie pour rien

En perdant sans rien montrer de bien en Bosnie-Herzégovine, l'Italie va donc manquer une troisième Coupe du monde de suite. C'était impossible, mais ces Azzurri-là l'ont fait.
Cette fois, même Gigio Donnarumma n’aura pas pu sauver l’Italie. Cette séance de tirs au but, cela faisait de nombreuses minutes que les tifosi italiens n’attendaient que ça. Une sorte de miraculeuse issue de secours presque tombée du ciel. Du même type que celles qui ont offert un Euro 2021 inespéré à la Nazionale et une première Ligue des champions au PSG. Mais cette fois, même dans son exercice favori, Donnarumma n’a rien pu faire. Sa main gauche, sur la seule tentative bosnienne qu’il aura été en mesure de repousser, fut à l’image de la prestation de son Italie à Zenica ce mardi soir : molle, moite, insuffisante, ridicule, indigne et honteuse pour tout un peuple qui ne sait même plus quoi faire de cette sélection en dépression.
Supplices
Au coup de sifflet final de cette énième insulte au football proposée par les Azzurri, les larmes de Gennaro Gattuso se noient rapidement dans le marasme ambiant qu’est devenu le calcio : tout le monde savait dès le départ qu’il n’aurait jamais dû se retrouver assis sur ce banc trop large pour lui. Son seul mérite était d’avoir accepté un job que personne ne voulait, l’intérêt collectif du football italien, de ce qu’il a été et de ce qu’il devient, n’intéressant plus grand monde au pays depuis un moment.
Bon, on a mis le titre à jour. pic.twitter.com/Lu57vcjXwS
— SO FOOT (@sofoot) March 31, 2026
Après l’impuissance face à la Suède en 2017, la “malchance” face à la Macédoine du Nord en 2022, il a donc fallu se farcir ce football d’émeutiers pendant 120 minutes. Face à la Bosnie-Herzégovine d’Edin Džeko, 40 ans. Car c’est bien là le pire : au-delà du supplice incarné par le résultat final, les yeux ont une nouvelle fois saigné devant les mauvais contrôles à répétition et les trois pauvres tirs cadrés en une heure et demie face à une équipe de seconde zone. Sans oublier ces jambes qui tremblent, cette léthargie qui transforme certains joueurs double finaliste de la Ligue des champions ou titulaires en Premier League en vulgaires joueurs lambda du dimanche matin. De quoi faire marrer les fans des autres grandes sélections, les spécialistes internationaux et tous ceux qui se déléctaient d’avance d’une nouvelle chute des quadruples champions du monde. Pour eux, la soirée fut encore une fois grandiose.
Et toute l’Italie n’est plus là
Ceux qui imaginent qu’une révolution va s’opérer dans le calcio demain aux aurores, après cette nouvelle humiliation, se trompent. Les penseurs ont déserté ce football depuis des années, remplacés par des ayatollah résultatistes qui tenteront certainement d’expliquer que tout ça n’est encore une fois la faute à pas de chance ou seulement à l’arbitrage (certes médiocre) de Clément Turpin. Avant de rebasculer, comme de parfaits dissociés, sur le train-train quotidien d’une Serie A sans saveur, d’ici deux-trois jours, à se demander si le Milan d’Allegri finira par rattraper l’Inter de Chivu. Chacun dans sa paroisse, comme toujours, plus jamais pour le meilleur et plus que jamais pour le pire.
Pendant tout l’été, les Italiens partiront se ressourcer dans les Pouilles et sur les délicieuses plages de Sardaigne en regardant Curaçao, le Cap-Vert ou la Bosnie disputer la Coupe du monde. Les bambini ne porteront pas les maillots de Sandro Tonali ou Moise Kean pendant les tournois de campings, mais imiteront avec joie les plus beaux coups de Jannik Sinner sur les terrains de tennis avoisinant. Pendant ce temps-là, leurs parents liront les pages roses de La Gazzetta dello Sport en espérant voir un joueur potable débarquer dans leur club de cœur tout en sirotant un délicieux ristretto devant une infinie mer bleue. Sans aucun doute, l’été sera doux. Mais pour toutes celles et ceux qui aiment encore le foot, il y aura une nouvelle fois un grand vide impossible à combler. Et forcément encore un peu de honte.
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