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Non, Manuel Pellegrini n’est pas le premier à proposer une « révolution »

JD
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Non, Manuel Pellegrini n’est pas le premier à proposer une « révolution »

Après la victoire de son Betis contre Lyon en Ligue Europa, Manuel Pellegrini a profité de la conférence d’après-match pour proposer de révolutionner les lois du jeu en s’inspirant de la NBA. Le Chilien n’est ni le premier, ni probablement le dernier, à faire travailler son imagination. Petit florilège.

« Je pense que d’autres règles pourraient être modifiées pour améliorer le football, par exemple en empêchant le ballon de retourner dans sa propre moitié de terrain une fois la ligne médiane franchie. Cela rendrait le football plus dynamique. » Du Manuel Pellegrini dans le texte pour une suggestion qui s’inspire directement du « retour en zone », une règle en vigueur en NBA et effectivement censée favoriser le jeu offensif. « Des experts se penchent sur la question, mais je ne pense pas que cela changera fondamentalement le jeu, ajoute-t-il. Nous devons le rendre plus divertissant et dynamique et, pour cela, nous devons être plus proches du but adverse. » Pourtant, son Real Betis n’a pas eu besoin de règles adaptées pour battre l’Olympique lyonnais à la loyale (2-0). Comme quoi, on peut proposer un football séduisant sans forcément transformer les lois du jeu. Ce qui n’a pas empêché certains acteurs du ballon rond de sortir quelques énormités malgré tout.

→ Supprimer le hors-jeu, par Marco van Basten

En 2017, l’ex-international néerlandais est nommé responsable du développement technique de la FIFA. Pourquoi ? Comment ? Aujourd’hui encore, la réponse est floue. Surtout quand on relit cette proposition du Batave qui va à l’encontre de l’essence même de son sport de prédilection : supprimer la règle du hors-jeu. « Le football ressemble de plus en plus au handball, avec des équipes qui installent une muraille devant leur surface de réparation. Sans la règle du hors-jeu, il y aurait plus de possibilités pour les attaquants et plus de buts. Dans le hockey sur gazon, le hors-jeu a été aboli et ça n’a pas posé de problème. » Peut-être, sauf que le hockey sur gazon n’intéresse personne.

→ Faire compter double les buts de loin, par Jacques-Henri Eyraud

Alors qu’il était invité à un congrès de startupeurs en 2019, l’ancien président de l’OM s’est laissé aller à une analogie entre jeux vidéo et révolution : « Le foot reste extraordinairement conservateur. Il faut que cela évolue. FIFA (depuis nommé FC, NDLR) propose aujourd’hui qu’un but mis en dehors de la surface, remporte deux points ? Pourquoi cela ne pourrait pas être le cas dans la vie réelle ? » Au hasard, parce que la vraie vie n’est pas un jeu vidéo ?

→ Abolir les matchs nuls, par Gary Neville

Le problème des joueurs à la retraite, c’est qu’ils ont souvent trop de temps libre et donc d’idées folles. Comme celle qui consiste à supprimer les scores de parité, soi-disant pour rendre le football plus attractif auprès des kids : « Si un enfant voit un match pour la première fois, ou si c’est son seul de la saison, et qu’il assiste à un match nul 0-0 ou 1-1, il y aurait au moins un vainqueur. Les enfants adorent les tirs au but, mes filles adoreraient les tirs au but à la fin d’un match. » Pas sûr que ça arrange vraiment l’Angleterre, pas vraiment vernie dans l’exercice de 1990 à 2018.

→ Jouer à 10 contre 10, par Michel Platini

Obsédé par son ancien numéro de maillot, Platoche ? Oui, la preuve par dix : « Peut-être qu’il faudrait enlever un joueur, jouer à 10, a-t-il osé l’an dernier sur RMC. Le football, on l’a fait à 11 en 1900, mais en 1900 ils couraient moins qu’aujourd’hui, ils étaient moins costauds, ils allaient moins vite. » Et donc ? C’est une raison pour cramer les organismes de types qui jouent 52 fois plus de matchs par saison qu’en 1900 ?

→ Augmenter la surface de la cage, par Rudi Gutendorf

Parfois, pour qu’une bonne idée fonctionne, il suffit d’en parler à la bonne personne. L’ancien baroudeur des bancs de touche Rudi Gutendorf en a fait l’amère expérience. À la fin des années 1960, l’entraîneur allemand est en poste aux États-Unis où il est chargé de développer le soccer outre-Atlantique. Au pays du capitalisme sauvage lui vient tout naturellement l’idée suivante pendant son passage chez les Stars de Saint-Louis : « Agrandir les cages. Mes poteaux faisaient 80 centimètres de largeur et la barre transversale, un mètre de hauteur. J’ai dit à Sepp Blatter de faire pareil. On aurait pu afficher des sponsors dessus, ça aurait rapporté des millions ! Mais il ne m’en a jamais reparlé… » Depuis, Gutendorf est mort, non sans avoir pensé à faire breveter son invention. Gianni Infantino est prévenu. Une nouvelle innovation est possible, mais pas gratuite.

Pas de vainqueur dans le derby de Séville

JD

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