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La CAN 2025 peut-elle échapper au Maroc ?

Par Ulysse Llamas
4 minutes

Grandissime favori de sa CAN, le Maroc n’a pas gagné le tournoi depuis... 1976. Si elle s’avance avec de nombreuses certitudes et un gros paquet d’attentes, la sélection de Walid Regragui, Achraf Hakimi et Neil El-Aynaoui connaîtra aussi la pression du pays hôte, et elle s’annonce grande.

La CAN 2025 peut-elle échapper au Maroc ?

Il y a 700 ans, bien avant les compilations de l’année de la SNCF, l’auto-stop et un certain Marco Polo, Ibn Battûta commençait son long périple. Depuis sa ville de Tanger, il s’envolait en direction de La Mecque, avant de filer en Inde, aux Maldives et dans le monde entier. Sept cents ans après, son voyage de près de 120 000 kilomètres valait bien un stade démesuré. C’est chose faite depuis le 14 novembre dernier, date de la fin de la rénovation du stade de Tanger. 68 000 spectateurs ont pu voir leur équipe s’imposer 1-0 contre le Mozambique, poursuivant ainsi une incroyable série désormais étendue à 18 victoires d’affilée. Tout un pays espère qu’elle s’étende à 26, après le 18 janvier et la 35e CAN, qui démarre dimanche.

Certitude max…

Tout voyage autre qu’une visite du stade Ibn Battûta ou du nouveau stade de Rabat, hôtes des demi-finales, ne serait qu’échec. Le premier pays africain demi-finaliste d’un Mondial attend son premier succès continental depuis 1976. À l’époque, le tournoi n’accueillait que huit sélections, et les favoris étaient le Zaïre et l’Éthiopie, pays organisateur. Depuis, le Maroc a disputé sa dernière finale en 2004, époque Marouane Chamakh, et attend son heure. Le roi Mohamed VI aussi, lui qui a dépensé des millions d’euros pour rénover des stades qui seront les futures vitrines du Mondial 2030. Tout un pays pousse : les anciens de 1976, comme les boomers qui n’ont jamais rien connu ou la Gen Z de ceux qui manifestent pour de meilleures conditions de vie, de ceux qui gagnent le Mondial U20 contre l’Argentine et terminent troisièmes aux JO.

Dans ce panorama global, auquel il faut ajouter la sélection féminine vainqueur de la dernière CAN, se dresse une sélection masculine en superbe forme. Le Maroc de Walid Regragui, ancien coach du Wydad, n’a plus perdu depuis son huitième de finale à la CAN contre l’Afrique du Sud, en janvier 2024. Cette semaine, la onzième nation au classement FIFA est même en finale de la Coupe arabe. « On n’est pas dans le rêve, on est dans l’ambition légitime, affirmait cet été Fouzi Lekjaa, président de la fédé, à propos d’une éventuelle victoire. Nous sommes la première nation africaine depuis plus de deux ans, […] nous avons un groupe composé de talents de haut niveau, avec un capitaine que vous connaissez bien, Achraf Hakimi. Nous avons le potentiel pour aller chercher cette CAN, après la première glanée en 1976. » En bref, le Maroc s’est mis dans la position du winner, et doit l’assumer.

… et pression max

Reste que la CAN 2024 a été moins glorieuse pour Walid Regragui. Le sélectionneur, débarqué comme intérimaire en 2022 pour éteindre le feu de Vahid Halilhodžić, a notamment été critiqué pour son jeu défensif. Depuis, il gagne, mais n’a pas affronté de gros cadors. Achraf Hakimi, joueur africain de l’année, arrive au tournoi blessé. Brahim Díaz ne joue pas beaucoup au Real Madrid. Et son capitaine Romain Saïss ne joue qu’à Al-Sadd, au milieu d’une défense centrale qui n’a maintenu les deux mêmes joueurs entre deux matchs qu’une fois en 2025. Le Rennais Abdelhamid Aït Boudlal, qui incarne cette génération de joueurs formés à l’Académie Mohamed VI, pourrait y tenir une belle place. Aussi, la préparation n’a démarré que ce lundi 15 décembre, et pas le 8 comme le prévoient les règlements, alors que, rappelons-le, la FIFA a décalé la CAN de juin à décembre.

Mais le foot et la CAN sont incertains. Le pays organisateur a gagné 13 des 34 éditions. Depuis l’Égypte en 2006, seule la Côte d’Ivoire a chopé le trophée à domicile. Et, avant la compétition, pas grand monde ne voyait les Ivoiriens dans la position du vainqueur. Plus personne après les poules. Les certitudes historiques, comme l’Égypte ou le Cameroun, seront là, comme toujours. Comme le Sénégal, qui est resté invaincu pendant deux ans. La Tunisie de Sami Trabelsi, qui a tout gagné en qualifications du Mondial, rôde. Comme l’Afrique du Sud du sélectionneur Hugo Broos, coupable d’une sortie raciste envers un de ses joueurs. Les questions règnent. Le voyage démarre.

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