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EDF, le coup de la panne

Par Maxime Brigand, au Groupama Stadium

Baladée nettement, à Lyon, ce samedi soir, l’équipe de France n’a jamais su allumer la lumière sans Antoine Griezmann.

EDF, le coup de la panne

Il n’y avait pas grand mystère, la première salve de changements de la soirée ayant servi de répétition générale, mais à 22h51, ce samedi soir, le public du Groupama Stadium a bouclé sa soirée comme il avait pris l’habitude de le faire à la fin 2023 : en sortant des seaux de sifflets. Pour la deuxième fois en l’espace de six mois, l’Allemagne aura donc encore dompté les Bleus, mais ce tout premier revers de 2024, subi à la première virée, a été bien plus net que celui vécu à Dortmund, au début de la saison. Cette fois, la bande de Nagelsmann a su offrir à l’équipe de France, favorite désignée du prochain Euro que les Allemands vont organiser dans leur jardin, une leçon d’intensité, de variété et même, sur plusieurs périodes de la rencontre, d’agressivité. Comment l’expliquer ? Par la simple absence d’Antoine Griezmann ? Trop simple, bien sûr. Par le fait que sur l’intégralité de la rencontre, la voie bleue unique sur le plan offensif aura été de trouver le plus vite possible Kylian Mbappé et d’attendre qu’il enchaîne les centres – personne n’en a tenté plus que le capitaine français – à destination de joueurs moins à l’aise que lui dans la surface ? Trop réducteur, aussi, même si la bien trop grande lisibilité du jeu français a évidemment été un problème central.

Alors, quoi ? « On n’a simplement pas su se hisser à la hauteur du très grand match qu’a proposé l’Allemagne, a répondu en conférence de presse Didier Deschamps, qui a, au passage, avancé à plusieurs reprises l’argument mystérieux que son équipe était incapable, samedi soir, de proposer physiquement un autre match. On peut parler de plein d’éléments, mais on n’a pas mis ce qu’il fallait, comme on dit. Est-ce qu’on en était capable ? On peut se poser la question, pour différentes raisons. Je ne veux pas m’en servir comme excuse, mais le groupe est arrivé très fatigué et je n’ai pas voulu prendre de risques avec certains. On n’aura réagi que par intermittence. Il vaut mieux vivre ce type de match aujourd’hui que dans trois mois, mais je m’en serai bien passé. »

Juste un accident ?

Il n’est, bien sûr, pas question d’envoyer à la poubelle tout ce qui a été fait à la suite d’un amical dont personne ne se souviendra probablement dans quelques mois, mais il sera nécessaire de s’en servir pour ne pas oublier plusieurs choses. La première : que l’Allemagne, qui a vu Toni Kroos fêter son premier match international depuis juin 2021 en attrapant une ovation au vol et Florian Wirtz sortir une rencontre golden (un but magnifique, une ouverture parfaite sur le second, douze ballons récupérés – record du match –, trois occasions créées), pourrait faire mal dans son Euro si elle avance comme elle a su le faire sur certaines séquences à Lyon. La seconde : que l’équipe de France, qui aura offert une deuxième période sans vie après s’être pourtant un peu relevée en fin de première, n’a pas une marge si grande que ça et que ce match sans Griezmann a finalement aidé à faire ressortir certains manques dans le cœur du jeu, notamment en matière de profils.

Le fait est que sans le joueur de l’Atlético, les Bleus ont avancé sans joueur axial créatif et se sont reposés sur les exploits de Dembélé et Mbappé, qui n’en ont pas vraiment réussi. « Ça aura été un non-match, de la première à la dernière minute », a tranché Benjamin Pavard en zone mixte, appuyant sur la thèse de l’accident là où on a senti Deschamps un peu plus inquiet, en partie en ce qui concerne la fraîcheur mentale de son groupe. La troisième : que certains, Marcus Thuram en tête, ont laissé des plumes dans les duels à distance qui les attendent en vue de l’Euro, l’attaquant de l’Inter voyant même le Groupama Stadium chanter le nom d’Olivier Giroud très tôt dans la nuit. La suite, à commencer par le France-Chili de mardi, livrera de nouveaux enseignements, mais si la caravane continue d’avancer, elle le fait sans doute avec un poil moins de certitudes que prévu. Bon à se souvenir : avant le Mondial 2022, ces types-là n’avaient remporté qu’un seul de leurs six derniers matchs.

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Par Maxime Brigand, au Groupama Stadium

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