Jeudi soir, Strasbourg retrouve Mayence en quarts de finale de la Ligue Conférence pour un match qui s’annonce bouillant. Plus qu’un combat crucial pour les Alsaciens, la rencontre est aussi l’occasion de retrouver le très absent Emmanuel Emegha. Une bénédiction pour faire taire les critiques et faire vibrer la Meinau ?
Lointains sont les bons souvenirs, difficile est la fin de l’aventure. Blessé depuis plusieurs mois, Emmanuel Emegha a fait son retour sur le rectangle vert avec son futur ex-maillot strasbourgeois. On s’y perd, mais c’est bien ça. Un quart d’heure contre Nice en Ligue 1, 27 minutes en Ligue Conférence contre Mayence, et pas beaucoup plus. Cinq passes réussies sur les deux rencontres, pas d’occasions et un arbre qui ne cache pas la forêt vide, laissée par la grave blessure de Joaquín Panichelli il y a quelques semaines.
Souviens-toi Brøndby
Outre le côté sportif, les décisions et l’arrogance du Néerlandais ne l’ont pas aidé à s’adjuger l’amour inconditionnel de ses supporters, loin de là. Un départ annoncé chez les Blues de Chelsea à la fin de la saison et un air supérieur sur ses adversaires qui ont du mal à passer, surtout pour un joueur absent depuis plusieurs mois. Bref, le package n’est pas le meilleur avant d’affronter les Allemands de Mayence pour une qualification historique en demi-finales. Mais c’est peut-être ce cocktail explosif qu’a besoin Strasbourg et son attaquant pour définitivement enterrer la hache de guerre et conclure, de la plus belle des façons cette aventure commune.
C’est un jeune qui est ambitieux, avec du talent, il faut faire abstraction du passé.
David Zitelli
C’est en tout cas le point de vue de David Zitelli : « Ce match-là peut l’aider à bien terminer ce chapitre. Le Racing a besoin d’un joueur comme lui, c’est difficile de se priver des qualités d’un joueur comme lui. C’est un jeune qui est ambitieux, avec du talent, il faut faire abstraction du passé», confie l’ancien buteur de Strasbourg. Jeudi, la potion magique strasbourgeoise est réunie. Une pincée de folie sur les ailes avec les virevoltants Ouattara, Enciso et Godo. Un zeste de technique pure avec le meilleur milieu de terrain de Ligue 1 Valentin Barco, mais surtout une bonne grosse louche de colosses aux noms imprononçables (Omobamidele… par exemple). Zitelli l’affirme : « Il y a du talent dans cette équipe, on n’a jamais eu d’aussi beau football».
Bref, un bouillon qui n’a perdu que son druide, Liam Rosenior. Toutes les conditions sont réunies pour le voir briller. Un stade plein à craquer, des partenaires qui ne demandent qu’à retrouver le Dennis Bergkamp du Rhin et une intensité des grands rendez-vous européens que le géant strasbourgeois ne demande qu’a expérimenté, puisqu’il ne les connaît pas. C’est d’ailleurs dans cette même Ligue Conférence qu’il avait lancé sa saison. Un doublé sur le terrain de Brøndby qui offrait la qualification en phase de ligue à Strasbourg. Une rencontre retour, dans un match à élimination directe marqué par la galère de la première manche. C’est un peu un copié-collé du match qui attend les joueurs de Gary O’Neil demain non ?
C’est un crack, ce serait beau pour lui de finir cette aventure avec un titre.
David Zitelli
Dans les tabloïdes, effacer les doutes
Viser la lune, ça ne lui fait pas peur comme le chantait Amel Bent. Mais offrir à Strasbourg une fin de saison solaire lui permettrait de chasser les nuages qui pèsent au-dessus de sa tête alors que son transfert à Chelsea a été officialisé bien avant la fin de la saison. Des photos avec le maillot des Blues qui n’ont pas provoqué de joie, mais plutôt de la colère chez les supporters du Racing qui voulaient lui faire bouffer son brassard de capitaine. Pourtant Zitelli croit en l’union sacrée pour réaliser de grandes choses : « Il faut savoir ce que l’on veut. Le public est assez intelligent pour apporter son soutien à une équipe qui fait de belles choses et du spectacle. Tout le monde va mettre du sien pour aider le Racing».
Emegha doit aussi prouver. Prouver que le maillot qui l’attend dans l’ouest de Londres n’est pas trop grand. Une réussite qui conforterait peut-être Todd Boehly, le président de Chelsea, qui doit ressentir à l’égard des arrivants d’Alsace certains doutes. Andrey Santos, Mamadou Sarr et donc le très commercial Liam Rosenior ont pour le moment, une étiquette de «flop» outre-Manche. Mais Zitelli ne pense pas que le Hollandais a déjà la tête ailleurs. «Il a envie de bien terminer son aventure. C’est un crack, ce serait beau pour lui de finir cette aventure avec un titre». Les supporters du Racing, David Zitelli et le football français ne souhaitent qu’une chose : le revoir danser dans les vestiaires avec son pote Diego Moreira. Une belle célébration, des mots en français avec un léger accent hollandais et une Stehtribune qui vacille. En piste !