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Edgar Barros : « Une story de Sadio Mané, ça donne du pouvoir à mon message »

Par Célia Merckens
6 minutes

Après un parcours en tant que joueur en National à Avranches, Edgar Barros, 27 ans, devenu créateur de contenus sur les réseaux sociaux, est rattrapé par ses racines sénégalaises. Le 6 décembre, à l’occasion de la CAN 2025, il lance le single « Allez les Lions » en collaboration avec le chanteur malien Sidiki Diabaté, un hymne pour supporter le Sénégal, qui affrontera l’Égypte en demi-finales mercredi. Une projet pour mettre en lumière la culture africaine, selon lui encore trop peu valorisée.

Edgar Barros : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Une story de Sadio Mané, ça donne du pouvoir à mon message<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

C’est quoi ton parcours dans le foot ?

Je suis un gros passionné depuis toujours. J’ai commencé à jouer à 5 ans, avec le même rêve que tous les gamins, devenir footballeur professionnel. Pendant ma dernière année de master, j’ai eu un essai à Avranches, en National. Le club m’a proposé de signer et j’y ai joué pendant deux ans. J’ai même décroché mon premier contrat fédéral. Mais avec le recul, je me sentais un peu comme dans une prison dorée : je gagnais de l’argent, mais je ne pouvais pas m’exprimer de manière créative. À la fin de ma deuxième saison, j’ai décidé de faire une petite pause en partant en vacances au Mali pour trois semaines… qui se sont transformées en quatre mois.

Tu as eu un coup de cœur pour le pays ?

Je sentais que ma place était là-bas. J’avais 25 ans, le football devenait compliqué, et je m’y sentais bien, heureux, loin du métro boulot dodo. À côté de ça, je suis aussi rendu compte que les gens avaient une image faussée du pays. Quand on disait « Mali », le premier truc auquel ils pensaient, c’était la guerre. J’ai commencé à créer du contenu avec une idée toute simple : mettre en valeur les pays africains, leur culture, leurs talents.

Mon truc, c’est juste d’aller à la rencontre des gens, que ce soit le président de la République ou le pêcheur croisé sur la corniche. J’essaie d’être une passerelle culturelle.

Edgar Barros

Comment tu t’y prends ?

Aujourd’hui, mon constat c’est qu’il n’y a pas assez de « rôles modèles » africains, du moins, pas assez mis en avant. Je voyage un peu partout, je vais rencontrer les gens. Récemment, j’étais avec Alan Petre, un ingénieur aérospatial de la NASA d’origine sénégalaise, ou Coach Joe, le coach sportif du clan Kardashian et de Kanye West. Je les mets en avant pour montrer que le continent brille grâce à des profils comme eux. Il y a quelques semaines, j’ai été reçu au palais présidentiel du Sénégal. Beaucoup se sont dit : « Regardez où il est le petit du 77 ! » Mon truc, c’est juste d’aller à la rencontre des gens, que ce soit le président de la République ou le pêcheur croisé sur la corniche. J’essaie d’être une passerelle culturelle.

C’est quoi la fierté d’être sénégalais ? 

On a quelque chose ici qu’on appelle la teranga. La teranga, c’est une terre d’acquisition, c’est le mot qu’on a choisi pour mettre en avant cette hospitalité, cette générosité sénégalaise. Demain, tu vas au Sénégal, on t’accueillera bien, peu importe ta nationalité. Si tu vois des gens en train de manger dans la rue, ils vont t’inviter à venir avec eux, même si tu ne demandes pas. Et puis côté sport, il y a cette fierté sénégalaise, cette ambition. Sans oublier Sadio Mané ! Son humilité, son aura, sa force de travail…

Comment s’est déroulée la création de cette chanson « Allez Les Lions » pour la CAN ?

Je ne suis pas du tout chanteur ni musicien à la base. Je suis simplement créateur de contenus, mais je suis un touche-à-tout. Dans la vie, il faut oser. Toujours dans l’idée de valoriser l’équipe et les joueurs du Sénégal, mon père m’a soufflé l’idée de faire une musique pour la CAN. Même si j’y connaissais rien, j’ai tenté le coup. Mon modèle c’était « Coup du marteau », un son de Tam Sir lors de la dernière CAN, qui avait cartonné en Côte d’Ivoire et dans le monde. Je me suis mis au défi de faire aussi bien. Pour m’aider, j’ai contacté Sidiki Diabaté, un chanteur et musicien malien qui avait fait l’Arena de la Défense en février. Je lui ai proposé le projet.

 

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Sidiki Diabaté est malien, ça peut être considéré comme un choix étonnant pour composer un hymne du Sénégal. 

Exactement. Je lui ai dit direct : « Sidiki, je sais que tu es malien, ça te dérange pas de faire un son pour l’équipe nationale du Sénégal ? » Il m’a dit « pas du tout », lui ce qu’il voulait, c’était faire rayonner l’Afrique de l’Ouest. D’ailleurs, il avait déjà fait des chansons pour la Guinée, le Sénégal en 2022, la Côte d’Ivoire… Il partage la même vision que moi sur l’Afrique, créer du lien entre les pays.

Sans oublier que Sidiki Diabaté a un statut un peu atypique…

Sidiki Diabaté est un griot. C’est quelqu’un qui raconte l’histoire de son peuple, de sa culture. Au Mali ou au Sénégal, ce statut se transmet de génération en génération. C’est des familles qui connaissent l’histoire de tout le village, donc l’histoire de tout le peuple, et qui racontent ça aux générations suivantes. Lui, c’est le griot de la 72e génération, ses enfants ça sera la 73e, et ainsi de suite. En tant que griot, il m’a demandé à m’aider à raconter mon histoire sous forme chantée. C’est pour ça que sur la cover du son, on le voit pas avec un maillot du Sénégal, mais une tenue traditionnelle.

Aujourd’hui, le son est repris, passe dans les stades de la CAN après les matchs du Sénégal… Comment tu expliques cette réussite ?

C’est fou. Je pense qu’on a fait une bonne communication, mais c’est aussi grâce à l’équipe nationale qui est en train de faire un parcours de dingue. Je suis très proche des joueurs, donc, forcément, quand je vois que la musique est dans une story de Kalidou Koulibaly, de Sadio Mané ou de Bafétimbi Gomis, ça donne encore plus de force et de pouvoir à mon message. Il y a aussi une circonstance favorable, étant donné qu’il n’y a pas eu d’hymne national très fort dans la compétition, naturellement, le mien s’est fait une bonne place.

Alors, le Sénégal va gagner cette CAN ?

Là, on a un gros match contre une grande équipe qui est l’Égypte, ça ne va pas être évident, même si je nous vois bien décrocher une victoire. Après, on verra, je me dis « jamais deux sans trois ». Et puis ça permettrait de récompenser tout un peuple venu en masse au Maroc. Ça serait une belle histoire.

La boulette qui qualifie le Sénégal

Par Célia Merckens

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