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Entre Gasperini et la Roma, pour le moment tout va bien
Cet été, après neuf saisons marquantes à l’Atalanta, Gian Piero Gasperini a troqué Bergame pour Rome. Si son choix a fait grincer des dents chez les tifosi de la Dea, le coup de tonnerre a pris des airs de renaissance à la Roma : la Louve est en tête de la Serie A avant d’affronter le Napoli, champion en titre, ce dimanche.
Quand un entraîneur quitte son royaume après presque dix ans de règne pour rejoindre le club que tout le monde adore critiquer, l’histoire pourrait virer au chaos. Mais l’histoire aime écrire des scénarios imprévus. Six mois après son arrivée, Gasperini a déjà une fresque à son effigie dans les rues de la capitale : lui, en sorcier, penché sur un chaudron où l’on peut lire « grinta, cœur et sueur ». De quoi faire sourire le technicien, et résumer ce qu’il essaie d’infuser à sa Roma depuis son premier jour. Pour l’instant, la potion fait effet.
Une nouvelle peau, mais les mêmes bases
Gasperini n’a pas renié sa grammaire : défense à trois, pistons agressifs, projection permanente. Derrière, le trio Gianluca Mancini, Evan Ndicka et Mario Hermoso absorbe la pression et permet une relance toujours propre. Au milieu, Bryan Cristante reste le point d’équilibre, tandis que Manu Koné apporte sa puissance. Le nouveau venu Neil El Aynaoui, lui, coche toutes les cases gasperiniennes : volume, mobilité, relais permanent. Parfois à gauche, parfois à droite, le piston brésilien Wesley dynamise le couloir par ses courses répétées, tandis que devant, Paulo Dybala conserve le rôle de phare technique — celui qui éclaire une attaque encore en recherche de certitudes.
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— AS Roma English (@ASRomaEN) November 27, 2025
Car tout n’est pas parfait : recruté la saison dernière Artem Dovbyk semble avoir perdu la confiance de son coach, notamment depuis l’épisode des penaltys ratés contre Lille. Depuis son arrivée, le buteur ukrainien peine à s’intégrer dans ce système exigeant en pressing et déplacements, aussi concurrencé par l’arrivée d’Evan Ferguson. Et ce déséquilibre entre solidité et efficacité offensive se retrouve dans les chiffres : la Roma est la meilleure défense de Serie A, avec seulement 6 buts encaissés… mais seulement la neuvième attaque, avec 15 réalisations. Une équipe d’abord structurée, puis créative.
Identité Gasperini VS incertitudes romaines
La signature de Gasperini est visible, mais il a dû ajuster le curseur. Moins de pressing total qu’à Bergame, plus de contrôles, plus de séquences où la Roma attend, s’organise, puis frappe en transition. Les pistons — Wesley à gauche, Zeki Celik à droite — assurent la largeur, tandis que les milieux compactent les lignes pour protéger la défense et préparer la première projection. Le manque de but traduit surtout une équipe encore en rodage dans les combinaisons finales. Les accélérations viennent souvent d’un coup de génie de Dybala, d’une projection d’El Aynaoui, ou d’un centre bien senti. La titularisation du jeune Tommaso Baldanzi à la pointe de l’attaque romaine lors de la victoire face à la Cremonese (3-1) la semaine dernière résume bien cette Roma qui se cherche offensivement, et ce malgré le leadership offensif endossé par Matías Soulé (5 buts 2 passes cette saison).
En Ligue Europa, le tableau est similaire : trois victoires en cinq matchs, dont un succès 2-1 contre Midtjylland ce jeudi, qui leur permet de remonter à trois points du leader lyonnais. Pas encore de domination totale, mais une cohérence tactique qui rassure — et laisse entendre que la marge de progression est réelle.
🟡🔴 L'artista #Drugi ha realizzato un murales dedicato al vero artefice di questo primo scorcio di stagione straordinaria dell'#ASRoma: il druido #Gasperini. 🧙🏻 Il tecnico amalgama tutti gli ingredienti necessari per far bene: grinta, cuore e sudore.#seriea pic.twitter.com/CcDS9uLuyV
— InfoRoma24 (@inforoma24) November 22, 2025
Entre une défense imperméable, une attaque en chantier et un collectif qui absorbe rapidement de nouveaux principes, Gian Piero Gasperini a déjà transformé la Roma. L’équipe est solide, disciplinée, et commence à ressembler à ce qu’il avait construit à l’Atalanta… mais avec des joueurs plus techniques, plus imprévisibles, plus romains, finalement. La fresque du « sorcier Gasperini » n’est peut-être qu’un clin d’œil de la ville, mais elle dit quelque chose : Rome croit à nouveau en son équipe, en son entraîneur et en ce mélange de grinta, de cœur et de sueur. Reste à voir si la potion tiendra tout l’hiver. Mais pour l’instant, elle chauffe juste comme il faut.
De Rossi confond Gênes et RomePar Cyprien du Brusle





























