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Tactique : comment l’Inter a roulé sur le Milan

Battue à l'aller, l'Inter a pris sa revanche dimanche en étrillant le Milan (0-3) grâce à des transitions brutales, à un Barella toujours aussi solaire, à une mécanique huilée aux quatre coins du gazon et à un duo Lautaro-Lukaku intenable. Retour sur une démonstration.

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Ça, un jeu ? N’importe quoi. « La compétition est une bataille, et quand on va au combat, il n’y a aucune raison de rire ou d’être content. C’est "morte tua, vita mia". Je suis extrêmement focalisé sur le fait qu’il ne doit en rester qu’un et je fais tout pour que ce soit mon équipe. Je joue pour gagner, ça peut agacer, ça met de la pression à beaucoup de personnes qui ne sont pas habituées et qui ont du mal à me suivre. Mais c’est ma façon d’être, et elle m'amènera d'ailleurs à stopper très tôt ma carrière, car je vis mon métier de manière trop entière. Je pourrai sourire quand j'aurai moins de responsabilités et de gens à porter sur mes épaules. » * Pas pour le moment, donc. Antonio Conte, qui a toujours affirmé ne connaître qu’un verbe, à savoir « travailler » , n’a en effet aucune raison de se boyauter : dimanche, son Inter a remporté son seizième match de Serie A de la saison et a confirmé son statut de meilleure attaque du pays. Ah, autre chose : les Nerazzurri ont surtout transformé le deuxième derby de 2021 en démonstration de force et ont, dans le même temps, pris quatre points d’avance sur un Milan tordu par la furia interiste. Mais que s’est-il passé, au juste, pour en arriver là ? Réponse de Conte : « Le seul secret, c’est le travail. C’est le travail qui a conduit à nos progrès. Nos succès viennent de là et de l’amélioration individuelle de chaque joueur. Aujourd’hui, nous nous étions bien préparés et nous avons su exploiter les opportunités contre une équipe très forte, notamment en première période, où nous avons joué à un très bon niveau et où nous avons réussi à nous créer de nombreuses occasions pour plier le match. » Un autre secret : comme face à la Lazio dimanche dernier (3-1), c’est en aspirant son adversaire et en le torturant en transitions que l’Inter a réussi à faire la différence. Voilà la recette.

Une porte se ferme, une autre s'ouvre


Dans la forme, aucune surprise : Antonio Conte a présenté son 3-5-2 mécanique, porté par un esprit collectif presque sans égal, où l’on a retrouvé, toujours dans la continuité de la victoire contre la Lazio, Eriksen plutôt que Vidal à gauche de Brozović et Perišić, préféré à Young, pour jouer le piston gauche. En face, pas de sensation non plus côté Pioli, dont le Milan s’est déplié dans son habituel 4-2-3-1, privé d’Ismaël Bennacer, touché jeudi dernier sur la pelouse de l’Étoile rouge de Belgrade en Ligue Europa. Mais dans les faits, si la bande à Zlatan a cherché à presser haut, elle a toujours vu l’Inter trouver une solution pour s’en sortir. Là est le premier ingrédient de la nette victoire finale des Nerazzurri.


L'Inter a toujours trouvé une parade. Sur cette séquence, cela s’explique par une arrivée un peu trop tardive de Tonali sur Eriksen et donc une sortie un peu lente de Saelemaekers. Résultat, Bastoni est trouvé par Handanović...


... et peut toucher Barella.


Milan a alors été rapidement puni. À la 5e minute, Škriniar relance avec Hakimi côté droit, alors que Barella décroche, emmenant avec lui Kessié. Si Hakimi peut déclencher, le Milan est en grand danger...


Hakimi peut déclencher...


Et voilà le gros danger : Lukaku est trouvé en pleine course et peut rugir face à Romagnoli. Kjær va ensuite sortir un bon tacle sur un centre de l’attaquant belge, mais le ballon va revenir...


Et Lukaku va pouvoir trouver la tête de Lautaro Martinez : 1-0.


Autre séquence de sortie de balle : le Milan cadre de nouveau les relanceurs de l’Inter. Néanmoins, une porte va s’ouvrir, indiquée par Barella en bas de l’écran...


Alors que le Milan est aspiré, Lautaro Martinez déclenche dans le dos et est trouvé par Handanović.


Sur un dribble, l’Argentin efface Kjær, et le Milan est en danger.


Kessié recentre, abandonnant alors Barella, mais l’Inter est surtout en 5 contre 4. Heureusement, Kjær va faire faute sur Lautaro.


Quinze minutes plus tard, à la suite d'un corner pour le Milan, Brozović est trouvé par Handanović derrière le milieu milanais...


En quatre secondes, l’Inter est aux abords de la surface du Milan. Cette fois, Lukaku sera contré.


Plus haut sur le terrain, même intelligence situationnelle des différents éléments : ici, Bastoni grimpe d’un cran et attire alors Tonali. Perišić peut ainsi jouer avec Eriksen, libre dans l’axe...


Pendant ce temps, Lukaku a décroché dans l’axe, attirant l’attention de Kessié, Barella peut être trouvé par Eriksen...


Dans la foulée, dégagement de Škriniar...


... Lautaro a encore décroché et est trouvé derrière Tonali.


De cette position, il peut écarter vers Perišić...


Au bout, bon centre, mais Lukaku trop court.


Encore ? Allez : cette fois, variation, avec Škriniar qui sort balle au pied grâce à Barella, monté plus haut.


Barella a emmené Kessié le long de la ligne, et Škriniar peut alors trouver Lukaku plein axe.


Le Milan est perdu : Lukaku décale Hakimi, alors que Barella emmène Kessié...


Barella est lancé entre Kessié et Kjær...


Fin du mouvement avec Perišić trouvé de l’autre côté, dont le centre sera contré par Kjær.


La récompense va finalement venir en seconde période... Sur un 6 mètres, l’Inter relance côté droit avec Škriniar...


Škriniar attire Rebić, Brozović occupe Çalhanoğlu, alors que Barella peut être trouvé dans le dos...


Kessié sort, Hakimi occupe Theo Hernandez, Lukaku peut alors déclencher dans le dos et être touché par Barella.


Le Belge fait parler son talent de conservation et lance Hakimi qui transperce la défense du Milan.


Situation de 4 contre 2 en place. Hakimi va jouer avec Eriksen en retrait...


Eriksen temporise, Lautaro déclenche son appel, Perišić est trouvé...


Clinique : 2-0.

Les deux visages de l'Inter


Dimanche, on a ainsi retrouvé l’Inter vainqueur à Sassuolo en novembre et contre la Lazio la semaine dernière : celle qui sait abattre froidement avec moins de 40% de possession de balle. Face au Milan, les hommes de Conte ont bouclé la rencontre avec 40% tout pile (34,2% en seconde période). « Avant, on ne faisait que du pressing et on l’a un peu payé, a soufflé le technicien italien dimanche après-midi. Maintenant, on arrive à maîtriser deux types de phase. On a celle attentiste, avec les attaquants à hauteur du rond central, et celle où, quand c’est possible, on presse avec nos pistons. »


Dimanche, c’est l’Inter de la première phase qui s’est présentée. On retrouve les attaquants à hauteur du rond central, pour fermer le double pivot adverse. Lorsque l’adversaire ressort à trois, comme le Milan, Eriksen n’hésite pas à sortir pour empêcher toute transmission intérieure.


On le voit très bien ici : Calabria ne peut pas trouver Tonali, qui est également cerné par Bastoni. Le latéral milanais doit alors décaler vers Saelemaekers, sans grands rêves de voir progresser le ballon.


L’objectif a été clair : empêcher le Milan de construire dans l’axe. L’Inter a principalement réussi à le faire grâce à un bloc compact et des compensations permanentes.


Difficile ainsi pour Milan de dialoguer et d’être dangereux.


Et lorsque les Milanais ont trouvé une faille... Ils ont été punis à la moindre erreur technique. Ici, Perišić intercepte une mauvaise passe de Çalhanoğlu...


... Il peut ensuite lancer Lautaro dans le dos de Calabria, écartant ainsi Kjær.


Ici, Calabria trouve enfin LA passe pour Kessié, qui va rater son contrôle...


Brozović sort parfaitement.


Enfin une situation offensive pour le Milan, Barella intervient subtilement...


Saelekaekers veut lancer Çalhanoğlu... Bastoni sort et coupe.


Zlatan est cherché à l’intérieur... De Vrij s’impose.


Autre exemple avec une course de Theo Hernandez, coupée là aussi par Brozović.


Parfois, notamment en première période, on a vu l’Inter de la deuxième phase décrite par Conte avec un pressing haut...


Bien imposé par les pistons comme Perišić, qui va forcer une passe de Calabria en touche.

L'occasion en or de Conte


Létale en contre, impériale dans son quadrillage, l’Inter a sorti une première période parfaite avant de pleinement se replier à 0-2 comme le montrent les positions moyennes des deux équipes dans le deuxième acte.



À ce petit jeu, aucun joueur de l’Inter n’a failli, que ce soit Škriniar, impérial avec et sans ballon, De Vrij (12 interceptions, 7 ballons récupérés) ou encore Brozović, toujours aussi impeccable dans son rôle de serpillère créatrice. Nicolo Barella, joueur de l’Inter qui a touché le plus de ballons (65), a également de nouveau été précieux dans sa capacité à ouvrir des espaces pour ses potes dans n’importe quelle zone. Autre mention : Samir Handanović a été assez incroyable et a sorti un double arrêt monumental devant Zlatan Ibrahimović en début de seconde période, qui a aidé l’Inter à résister lors d’un temps faible. Enfin, si Lautaro Martinez est reparti chez lui avec l’étiquette méritée de MVP pour ses buts, ses occasions créées et son énorme travail défensif, le troisième but de l’Inter a récompensé deux autres pions majeurs du jour : Romelu Lukaku et Ivan Perišić.


Un but où le Milan a de nouveau été percé dans son pressing. Plutôt laissé libre par Zlatan Ibrahimović, De Vrij va alors sortir avec Perišić...


Dos au jeu, le Croate va dégainer plein axe en profitant notamment d’un bon décrochage de Lautaro Martinez (avec Kjær sur les talons, donc)...


Le Milan se retrouve à 3 contre 2...


Et Lukaku va faire parler sa puissance : 3-0.


Comme un symbole, Milan a pris sa troisième baffe du jour pour avoir laissé les attaquants de l’Inter s’éclater dans les espaces. Sans surprise, les hommes de Pioli ont surtout coulé pour avoir échoué à briser les circuits de ceux de Conte et pour avoir été ensorcelés face aux déplacements de Barella, entre autres, ce qui a notamment débouché sur ce qui est le plus beau but collectif de 2021. L’entraîneur interiste le sait : il tient désormais une occasion en or de ramener le premier titre de champion de son club depuis 2010 et a pu mesurer, dimanche, le niveau atteint par son équipe lors des derniers mois. À savoir : celui de l’une des équipes les plus attrayantes de la saison, qui doit désormais finir le boulot pour ne pas tout gâcher comme en C1. Le combat ne fait que continuer. Par Maxime Brigand * Propos issus d'un entretien donné par Antonio Conte à L'Équipe Magazine.