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« Si tu défends seul face à Messi, t'es foutu »

La demi-heure de jeu à Delaune contre Reims n'aura été qu'un amuse-gueule : Lionel Messi va désormais croiser chaque semaine de nouvelles têtes, de nouveaux pieds, de nouveaux coudes. Soit autant de parties du corps de défenseurs de Ligue 1 pressés de se mesurer à la Pulga. Entre admiration, motivation et crainte, quatre d'entre eux se confient.

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#1: Romain Thomas

Romain Thomas, défenseur d'Angers SCO



« On en discute un peu dans le vestiaire et on ne peut qu’être fan de ce genre de joueur. Il y avait de l’excitation au moment des premières rumeurs. Moi, je le voyais rester à Barcelone, parce que Messi, c’est le Barça. Mais au plus profond de moi-même, j’espérais que ça se fasse. Le voir aujourd’hui dans le championnat de France, au-delà de l’aspect foot, ça change tout ce qu’il y a autour. C’est une plus-value énorme pour la Ligue 1. Il y aura beaucoup de curieux à travers le monde, pour savoir comment ça va se passer pour lui sous d’autres couleurs. C’est sympa de se dire qu’en Argentine et en Amérique du Sud, des gens vont parler du SCO par exemple. On avait déjà Neymar et Mbappé, mais avec Messi, ça ne peut qu’encore plus braquer les projecteurs sur la Ligue 1 et prouver que ce n’est pas le dernier des cinq grands championnats européens. Le Français n’est jamais content et pense toujours que c’est mieux ailleurs. Avec ces effectifs, c’est difficile de faire la fine bouche. On pourra toujours dire que Paris, avec sa capacité financière, n’a aucune limite dans son projet. Mais ils n’ont plus que deux ans pour faire ça, parce qu’après, ils auront les mêmes inconvénients que le Barça et devront respecter les règles salariales. Ils ont raison d’en profiter tant qu’ils le peuvent. C’est un kiff de voir ces stars jouer ensemble. De toute façon, même sans Messi ou Ramos, combien y a-t-il de chances que Paris soit champion en fin de saison ? 9 sur 10, peut-être.

« J’ai déjà pris des petits ponts par Fulgini à l’entraînement, donc si Messi veut m’en mettre, il m’en mettra. »

Avoir Messi face à soi, c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé. J’ai déjà eu affaire à quelques grands attaquants, comme Ibra, Cavani, ou Yılmaz, mais de cette trempe-là... Messi est le meilleur joueur du monde. Ça fait tellement d’années qu’on le suit. C’est le talent pur, c’est l’inné, c’est un don, c’est le dribble avec le ballon collé au pied, c’est le geste juste. J’ai revu récemment une compil’ de ses buts au Barça, c’est fou. C’est juste fantastique de pouvoir se dire dans quelques années, quand ma carrière sera derrière moi, que j’ai joué contre le plus grand joueur de foot de notre époque. C’est un joueur qui était en poster sur tellement de murs.

L’image qui me reste de Messi, c’est quand il fait tomber Boateng. Perso, je m’en fous d’être ridiculisé sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas une hantise : je jouerai contre lui comme je joue contre Neymar ou Mbappé. On ne va pas le regarder jouer, ça c’est sûr, mais je ne veux pas me mettre plus de pression que ça. La solution, on le sait, c’est de défendre en équipe. Il faut éviter de se retrouver en tête à tête avec lui. Tu peux remédier à plein de choses sur un terrain, tu as beau mettre toute l’agressivité que tu veux, c’est difficile de rivaliser face au talent. Sincèrement, même si on regarde des vidéos de Messi, même si j’en ai déjà discuté avec des collègues qui l’ont déjà affronté, tu sais qu’il peut toujours sortir le dribble juste. Si le mec est à son niveau, il trouvera la solution. J’ai déjà affronté des bons dribbleurs, comme Sofiane Boufal, mais c’est incomparable. C’est comme si moi je me comparais à Sergio Ramos. Et puis, j’ai déjà pris des petits ponts par Angelo Fulgini à l’entraînement, donc si Messi veut m’en mettre, il m’en mettra. »

#2: Arnaud Souquet

Arnaud Souquet, arrière droit du Montpellier HSC



« Voir arriver un gars qui a gagné six Ballons d’or, c’est une sacrée nouvelle. Entre nous, on a parlé principalement de ça. Grâce au PSG et à ses stars, la Ligue 1, si souvent décriée, va prendre de la valeur. La preuve ? La boîte de Piqué a acheté les droits pour l’Espagne. C’était déjà difficile contre Paris, et là, avec ce recrutement cinq étoiles, ça va être l’enfer. Tout est facile pour Messi, on ne pratique pas le même sport. Il élimine comme on respire, il marque presque quand ça le chauffe et affiche des stats de mutant, comme Ronaldo. On fera ce qu’on peut. On va se trouer une ou deux fois sans doute. Il faudra faire des prises à deux, à trois, mais ça libérera les autres, et quand ceux-là s’appellent Neymar, Mbappé ou Di María, ça fera quelques dégâts. Quoi qu’il arrive, il fera jouer les autres. Peu importe qu’on fasse de la vidéo, qu’on défende à onze comme des chiens, le talent à ce niveau finit toujours par parler. On aura la gnaque, on sera à la limite de la faute, mais on ne le cassera pas. On se battra avec nos armes, mais ça promet de sacrés maux de tête.

« Peu importe qu’on fasse de la vidéo, qu’on défende à onze comme des chiens, le talent à ce niveau finit toujours par parler. »

En Liga, il a pris de sacrés tampons. Il ne se plaint pas, ne reste pas à terre. À la limite, il comprend, l’accepte. Hormis son talent, c’est une des raisons principales pour lesquelles il est autant respecté par ses pairs. Il encaisse en silence. Son âge ? À Montpellier, nous sommes bien placés pour ne pas y attacher trop d’importance. Il n’a sans doute plus la vitesse de ses vingt ans, mais il sait gérer son corps. À part son talent et sa technique, il a évidemment gagné en expérience.

Où va-t-il jouer ? Probablement pas sur les côtés comme plus jeune, plutôt en faux neuf. Il aime le ballon dans l’axe. De toute façon, les trois monstres vont permuter, il n’y aura pas de postes fixes. Ce PSG pourrait ressembler aux Galactiques de Zidane et on ne sait pas où ce potentiel va les mener. Déjà avant son arrivée, le recrutement était somptueux. La meilleure pioche pour moi, c’est Hakimi, ils avaient une faiblesse à droite. Après, ils ont pris le capitaine des Pays-Bas, celui du Real, celui de l’Argentine et du Barça, plus le meilleur joueur de l’Euro, tous libres. Un truc de dingue. Il faudra trouver un équilibre, gérer les ego. Tout le monde ne pourra pas jouer en même temps. J’ai hâte de voir de quoi leur avenir sera fait.

Face à ce type de joueurs et d’équipes, on a toujours peur d’être ridicule. On a souvent pris des volées au Parc, mais chez nous, ça n’a pas été la même salade. On est surmotivés et on leur rentre dedans, ils n’aiment pas ça. S’ils évoluent à 100%, ils seront injouables. La saison dernière, ça n’a pas toujours été le cas, et Lille n’a pas volé son titre. Les joueurs de Ligue 1 sont pros, ils travaillent. Leur orgueil en a pris un coup. En ce début de saison, même sans leurs stars, les Parisiens engrangent. Ils ne veulent pas que l’accroc de l’an dernier se reproduise. Seul motif d’espoir pour l’instant : ils prennent pas mal de buts... »

#3: Alexander Djiku

Alexander Djiku, défenseur du Racing Club de Strasbourg Alsace



« Avec la visibilité que cela va apporter, l’arrivée de Messi est une belle opportunité pour nous, joueurs, et pour le football français. Il faut déjà dire merci au PSG, car, il y a quelques années, jamais on n'aurait pensé qu’un tel joueur puisse arriver dans notre championnat. Messi va attirer encore plus de monde au stade. J’espère qu’on pourra l’affronter au retour parce qu’à l’aller, il est remonté en tribune après sa présentation. On l’a croisé dans les couloirs du Parc des Princes, mais on était déjà concentrés sur notre match.

« Sur un appui, il peut te laisser sur le carreau. »

Il y avait un doute sur la participation de Messi à notre match. La semaine où on préparait le match contre Paris, Kevin Gameiro nous a raconté quelques petites anecdotes. Pour l’avoir affronté avec Valence, Séville ou l’Atlético, il nous a assurés qu’il pouvait faire ce qu’il voulait sur le terrain. Quand il joue tranquille, il y a une possibilité de lui prendre le ballon, mais quand il accélère, c’est impossible. Il est tellement imprévisible, que défendre seul face à lui, t'es foutu. Sur un appui, il peut te laisser sur le carreau. Il faudra absolument défendre collectivement, lui laisser le moins d’espace possible. Il est costaud sur ses appuis, petit, trapu et tombe rarement. J'aime ce genre de mentalité : les mecs qui tombent au moindre contact, ça devient agaçant. Au moins, tu sais que lui ne triche pas.

J’ai toujours été plus Ronaldo que Messi. Ce sont les deux G.O.A.T. du football, un plus par le travail, l’autre génétiquement. Quand je pense à Messi, je revois son but face à Manchester United (en 2009). Personne ne pensait qu’il pouvait marquer de la tête et il le fait en finale de Ligue des champions. Il y a son quadruplé contre Arsenal (en avril 2010) et ce petit piqué incroyable qu’il met face au gardien. Et, évidemment, quand il enterre Boateng et qu’on en parle sur tous les réseaux sociaux. Ce genre de choses, on va y penser avant le match, peut-être après si ça se passe mal, mais pas pendant. On fera du mieux qu’on peut. C’est bien de pouvoir se jauger contre ce genre de personnes : même si on sait que ce sera compliqué, ça ne peut que faire progresser. Le joueur que j’ai eu le plus de mal à marquer jusqu’à aujourd’hui, ça doit être Allan Saint-Maximin à Bastia. Très puissant, très véloce, très technique, mais ça n’a rien à voir avec Messi. »

#4: Brendan Chardonnet

Brendan Chardonnet, défenseur du Stade brestois 29



« J’ai envie de jouer les meilleurs joueurs du monde. Le PSG m’offre cette possibilité. Ma première en Ligue 1, c’était la dernière de David Beckham. J’avais 18 ans, et ouais, j’ai bloqué quand j’ai vu que j’étais entre Ibrahimović et Beckham. Je me suis dit : « Qu’est-ce que je fous là ? » Maintenant, ça va, je suis rodé. J’aurais quand même bien fait la première de Messi huit ans plus tard, ça aurait été beau pour moi, mais il n’est pas venu à Brest. Comme le disait mon coach Der Zakarian, c’est le genre de joueur qui « fait bander » , qui te fait lever de ton canapé.

« Ça fait quinze ans que toute l’Espagne et l’Europe cherchent la solution pour défendre sur lui, et je n’ai pas l’impression qu’on l’ai trouvée. »

Chez nous, on n’a pas pris la peine de travailler spécifiquement sur Messi, ne sachant pas s’il serait du voyage ni même dans quelle animation il pourrait être utilisé. De toute façon, ça fait quinze ans que toute l’Espagne et l’Europe cherchent la solution pour défendre sur lui et je n’ai pas l’impression qu’on l’ai trouvée. Tu peux essayer l’agressivité, mais avec les caméras, tu ne peux plus faire de sales gestes. De toute façon, ce n’est pas ma mentalité de vouloir l’arracher : si tu prends un rouge, c’est lui qui a gagné, pas toi. Tu peux essayer de le freiner en faisant des prises à deux, en étant très proche de lui, mais il est tellement vif que lorsqu'il aura analysé ta façon de défendre, il va trouver le truc pour te contrer. Et puis à côté, il restera Mbappé et Neymar, donc il faudra être attentif à tout le monde.

Même avec Messi en plus dans cet effectif, les Parisiens ne pourront pas être au top tout au long de la saison. Ils ne vont pas gagner leurs 38 matchs de championnat. Alors on se dira toujours qu’on a une chance de les contrarier. Alors oui, nos matchs seront certainement plus regardés à travers le monde et notamment en Argentine. Mais ce n’est pas en rencontrant Messi deux fois par an que ça va changer nos vies. Bon, sauf si tu prends le même crochet que Boateng. Si je deviens un mème, c’est comme ça. À choisir, je préfère être sur le terrain face à Messi que critiqué sur les réseaux. »
Propos recueillis par Rico Rizzitelli et Mathieu Rollinger

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