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Mais qui es-tu, Andrea Stramaccioni ?

Depuis lundi soir, il est le nouvel entraîneur de l’Inter Milan, en lieu et place de Claudio Ranieri. Inconnu au bataillon, Andrea Stramaccioni a huit journées pour aider l’Inter à finir dignement sa saison.

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Massimo Moratti a toujours un nouveau tour dans sa besace. Après l’époque du coach bling-bling (Mourinho, Leonardo, Benitez) et celle du coach italien renommé (Gasperini, Ranieri), place à l’ère du fait-maison. Andrea Stramaccioni a 36 ans. Deux de moins que Javier Zanetti. Il y a une semaine, tout rond, pendant que l’Inter se faisait fesser par la Juventus, lui remportait à Londres la Ligue des Champions des jeunes, avec la Primavera de l’Inter. Un succès auquel Moratti a assisté. Le président a aimé et, à son retour à Milan, a tranché. Basta avec Ranieri. Son Inter est confiée à Stramaccioni jusqu’à la fin de la saison. Le coach a évidemment accepté l’invitation et, dès le mardi, s’est retrouvé aux côtés de Sneijder, Milito et autres Maicon.

Une promotion inattendue, qui a surpris un peu tout le monde, à commencer par les joueurs de la Primavera interista. « Sa promotion est arrivée si vite, mais elle m’a vraiment fait plaisir, raconte Lorenzo Crisetig, l’homme qui a inscrit le pénalty décisif contre l’Ajax dimanche dernier. Stramaccioni est vraiment quelqu’un de bien, en plus d’être un très bon entraîneur » . Evidemment, le technicien n’a pas oublié les gamins qui lui ont permis de se retrouver à la tête de l’Inter. Il en a d’ailleurs ramené quelques uns dans ses valises, histoire de leur faire découvrir le haut niveau d’ici à la fin de la saison. Parmi eux, le buteur Samuele Longo, 19 ans. « Lundi, j’ai appris la nouvelle au journal télévisé. Je lui ai envoyé un sms en le félicitant. Deux jours plus tard, il m’invitait à rejoindre l’équipe première » détaille-t-il. Une petite révolution en vue ?

Rome, Romulea, AS Roma

Une chose est sûre : en sept jours, Andrea Stramaccioni est passé de l’ombre à la lumière. Dimanche dernier, lorsque vous tapiez son nom sur Google, celui-ci apparaissait dans quelques articles dédiés au championnat Primavera. Une semaine plus tard, le bonhomme a sa propre page Wikipedia, traduite en français, anglais, portugais, néerlandais et même japonais. L’occasion d’apprendre que le technicien est né à Rome le 9 janvier 1976, soit le même jour que la date de fondation de la Lazio. Esprit de contradiction oblige, le cœur de Stramaccioni a toujours penché pour l’AS Roma. Gamin, il fait ses premiers pas à la Roma, puis fait ses armes dans un petit club local, la Romulea (lié à la Lazio), qui milite actuellement en septième division. A l’âge de 14 ans, il est repéré par Bologne, qui est alors en Serie C1. Lors de la saison 1994-95, sous l’égide de Renzo Ulivieri, Stramaccioni se blesse gravement au genou et renonce au football.

Commence alors une longue reconversion, qui le mènera rapidement vers le poste d’entraîneur. D’abord à l’AZ Sport (Rome), puis à nouveau à la Romulea, le club de ses premiers amours. En 2005, c’est Bruno Conti en personne qui vient le chercher, pour lui proposer d’entraîner les poussins et les cadets de la Roma. En 2007, il est promu chez les Allievi, l’étape juste avant la Primavera. Le mariage dure trois ans et demi (et trois titres de champion), jusqu’à janvier 2011, où il se libère de tout contrat. Stramaccioni a alors deux possibilités : soit aller entraîner l’Italie U-17, comme l’aurait voulu Arrigo Sacchi, soit rejoindre la Primavera de l’Inter. Il choisit le club nerazzurro. Six mois seulement après son arrivée, il remporte donc la première édition des NextGen Series, sorte de C1 miniature. Et le voilà propulser à la tête de l’Inter, devenant ainsi le plus jeune entraîneur de Serie A, devant Vincenzo Montella et ses 37 ans. Putain d’ascension.

Strama comme Guardiola


Reste maintenant à savoir ce que vaut vraiment Stramaccioni. On ne va pas se mentir : son parcours ressemble tout de même étrangement à celui de Montella. L’an dernier, l’Aeroplanino, qui n’avait aucune expérience hormis à la tête des jeunes de la Roma, avait remplacé au pied levé Claudio Ranieri (tiens donc). Malgré des résultats corrects, la Roma ne l’avait pas confirmé, lui préférant Luis Enrique. Montella a été engagé par Catane, où il réalise une super saison. Stramaccioni suit la même ligne, et, du coup, les tifosi nerazzurri sont plutôt enthousiastes. Sur Blog Inter, on peut lire certains commentaires plutôt élogieux : « Qui sait, Strama va peut-être être le Guardiola de notre bien-aimée » ou encore : « Le nouveau mister devra avoir la confiance des dirigeants. S’ils le virent, je les emmerde » . D’autres, sur Bauscia Cafè, préfèrent ironiser sur le peu d’expérience du nouveau coach. « Après Gasperini et Ranieri, enfin un entraîneur avec un grand palmarès » . Bonne vanne.

Toutefois, les critiques, Stramaccioni n’en a pas grand chose à foutre. Lui a les idées claires, et un caractère bien trempé. Le voilà qui se retrouve avec des joueurs champions d’Europe 2010, certains aussi voire plus âgés que lui (Orlandoni, Zanetti, Cordoba, Castellazzi), et qui n’a pas peur d’en mettre certains sur le banc. Pour son premier match, cet après-midi contre le Genoa, il est bien décidé à aligner un 4-3-3, en relançant Ranocchia à la place de Lucio, et en titularisant le mal-aimé Zarate. Du côté d’Appiano Gentile, il se murmure même que le nouvel entraîneur a l’intention de lancer dès le coup d’envoi, pour la première fois depuis son arrivée de Porto, le Colombien Fredy Guarin. Quant au banc, il se peut que Stramaccioni y ramène quelques jeunots inconnus du grand public, comme Marko Livaja (18 ans), Daniel Bessa (19) ou encore Ibrahima M’Baye (17). Histoire de faire souffler, enfin, un vent de fraîcheur sur cette Inter.

Eric Maggiori
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