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La Hongrie au tapis

Ils pensaient transformer l’essai et jouer des coudes au Mondial russe après un Euro honorable stoppé en huitièmes de finales par les Diables rouges. Malgré les stades construits à foison en Hongrie, la pluie d’argent déversée sur le foot par le gouvernement de Viktor Orbán et le charisme de capitaine Dzsudzsák, le « Nemzeti 11 » de Bernd Storck a vécu son Knysna en se cassant les dents contre Andorre vendredi dernier et n’ira pas à la Coupe du monde 2018. Un retour de bâton mérité ?

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«  Il y a un an, on était au top. Aujourd’hui, c’est l’enfer. J’ai donné mon maximum et en réponse on me balance : "Dzsudzsák l’arabe", "Dzsudzsák le fou du pognon". Je suis le capitaine et le premier fautif, celui qui doit payer. J’assume les conséquences. Il n’y a pas de mots ni de pardon qui tiennent.  » Balázs Dzsudzsák, l’Émirati d’adoption chéri du côté d’Abu Dhabi, pleure comme une madeleine dans la zone mixte de l’Estadi Comunal. Son doublé contre le Portugal à l’Euro et l’incroyable parcours en France de ses camarades magyars sont déjà aux oubliettes. Le «  Nemzeti 11 » , défait 1-0 par Andorre, est devenu la risée d'un pays qui se pâmait littéralement devant la sélection un an auparavant.

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Neuf buts encaissés, aucun marqué


Si quelqu’un risque de payer, ce sera vraisemblablement l’entraîneur allemand Bernd Storck. Comme Lothar Matthäus, remercié fin 2005 faute d’avoir propulsé les Hongrois vers la Coupe du monde 2006. Storck, ancien du Borussia, se prenait pourtant au jeu des bouillants supporters en haut noir rappelant une mini Südkurve couleur corbeau. Ceux-là même qui, le 9 juin, conspuaient leur « putain de faible » équipe et l’amas de choix douteux du technicien teuton. Comme par exemple : écarter régulièrement les finisseurs Priskin et Nikolićs, rajeunir outrageusement l’effectif quitte à se prendre un vilain 0-3 à domicile contre la Russie ou mettre au placard la sentinelle Kádár et l’expérimenté dix Gera en vue du duel andorran.

Avec sept petits points en six matchs qualificatifs, la Hongrie n’a quasiment aucune chance de rattraper les Suisses (18) et les Portugais (15) se battant pour filer au Mondial. Accroché par les Féroé (0-0), battu sur le fil par la Nati (2-3), vainqueur difficile en Lettonie (2-0) et calmé par les troupes de CR7 (3-0), le « Nemzeti 11 » jouant quasi systématiquement en contre s’est laissé déborder par l’enjeu. Au point d’encaisser neuf buts sur ses quatre dernières rencontres officielles sans en planter un seul. Manque criant de réalisme au moment de conclure ? Pression trop intense du pouvoir saignant les comptes publics au nom du ballon rond ? Système de formation mal pensé ? Un condensé de tout ça.


«  Le niveau d’argent investi dans la formation hongroise serait inimaginable en Serbie ou en Croatie. Eux, au moins, progressent avec tous ces milliards. Chez nous, ce fric n’a servi qu’à distordre le système et à supprimer toute compétition entre les académies. Ce qui, apparemment, contente tout le monde. La formation n’est en rien une course de vitesse et la volonté manifeste de façonner des joueurs à la chaîne nuit au football magyar » , critiquait après l’Euro dans le magazine Forbes l’ex-international Pál Dárdai, prédecesseur de Storck chez les A et coéquipier de Király au Hertha époque Daei et Deisler. Autrement dit, la stratégie impulsée par le Premier ministre fou de foot Viktor Orbán dessert l’équipe.

« Football d’État »


Malgré le retour triomphal de sa chère Puskás Akadémia dans l’élite et les sondages le donnant largement vainqueur aux législatives d’avril-mai prochain, la claque est rude pour le gamin de Felcsút. Orbán place dans le « Nemzeti 11  » , revenu en compétition internationale après trente longues années de sevrage, l’espoir d’une popularité au-dessus des nuages façon Chirac 98. Lui qui rêvait d’une carrière professionnelle sur les gazons se délecte d’incarner le coach en chef de la nation, accompagnant à coups de milliards de forints le réveil d’une sélection et d’équipes jadis cocons de Puskás ou d’Álbert. Un « football d’État  » à la Ceaucescu neutralisé en 90 minutes par la 186e nation au classement FIFA.



« Le football est revenu dans le jeu politique qu’il avait quitté à la fin du communisme. Clubs et académies se sont considérablement enrichis sans contrôle. Le gouvernement Orbán avait une vision lorsqu'il a pris les rênes du pays en 2010 : faire une société autour du foot afin de battre en brèche la désagrégation citoyenne. Sans succès. Cette conception était une faute, sa concrétisation une catastrophe. Qui plus est, la Hongrie n’a pas su profiter de l’euphorie de l’Euro pour remplir ses tribunes. L’industrie ne sera saine que si elle fonctionne avec de l’argent privé. Défaite contre Andorre ou pas » , analyse l’économiste du sport Ferenc Dénes dans les colonnes de l’hebdomadaire d’opposition HVG.


Les performances jusqu’ici mitigées du portier Gulácsi, pourtant excellent avec Leipzig cette saison, prouvent que la Hongrie tourne difficilement la page Király. Le récent retraité Juhász manque cruellement à une ligne défensive penaude autour de Kádár, Bese le Havrais et Lang le Dijonnais. Au milieu, Nagy le Bolonais et Kleinheisler, rentré au bercail (Ferencváros) après une escapade allemande foirée (Werder puis Darmstadt), peinent à déployer leur talent dans un entrejeu sclérosé, bientôt amputé de Gera qui tutoie la quille. Et devant, Szalai trouve bien moins souvent les filets qu’à Hoffenheim quand il n’est pas out. Déjà bardée de stades, la Hongrie a plutôt besoin d’un onze solide.

Par Joel Le Pavous
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