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« Le mot commotion, on ne l'entendait qu'au rugby »

Avec son mètre 91 et ses dents cassées, Iwan Roberts a marqué 96 buts en 306 apparitions sous le maillot de Norwich City entre 1997 et 2004. À 51 ans, le Gallois, qui était réputé pour son jeu de tête, a répondu à l’appel de l'université East Anglia, basée à Norwich, en participant à une étude qui vise à détecter les premiers signes de démence chez les anciens footballeurs. Il explique aujourd’hui sa démarche.

Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette étude ? Parce que vous vous sentez concerné ?
J’étais un grand avant-centre de 1,91m, j’ai marqué 239 buts dans ma carrière, dont probablement la moitié de la tête. Les gens nous voient faire des têtes les jours de match, mais en 20 ans, j’en ai fait aussi des centaines et des centaines à l’entraînement pour travailler mon jeu de tête et devenir plus performant. Aujourd’hui, j’ai 51 ans et je me pose des questions sur les problèmes que cela peut engendrer, tôt ou tard.

Une étude de l'université de Glasgow publiée en novembre dernier était assez alarmante...
Cette étude de l’université de Glasgow prouve que les anciens footballeurs ont 3,5 fois plus de risques de mourir de démence que le reste de la population. Je me suis dit que je devais faire quelque chose. Vous savez, Jeff Astle, le footballeur mort d'une maladie neurodégénérative le plus connu au Royaume-Uni, n’avait que 55 ans quand il a découvert sa maladie, avant de mourir quatre ans plus tard. Dans quatre ans, j’aurai 55 ans. Donc je veux m’assurer que je ne risque pas ça et je pense que tous les footballeurs qui ont la cinquantaine devraient aussi s’en préoccuper.


À l'origine, comment avez-vous rencontré les scientifiques de l'université de Norwich ?
D'abord, j'avais été contacté par la télévision galloise qui voulait faire un documentaire sur les liens entre les coups de tête et la démence chez les anciens footballeurs. Cette émission m’a permis de découvrir le projet SCORES mené par l’université East Anglia et le docteur Michael Grey, un expert dans ce domaine.

« Jeff Astle n’avait que 55 ans quand il a découvert sa maladie, avant de mourir quatre ans plus tard. Dans quatre ans, moi, j’aurai 55 ans. Donc je veux m’assurer que je ne risque pas ça. »

En quoi consistaient les examens que vous avez faits ?

En octobre dernier, on m’a fait passer plusieurs petits tests cognitifs avec un écran tactile. Le but était de voir à quelle vitesse le message passe de mon cerveau à mes mains. Mais le principal exercice que le docteur Michael Grey a développé est un « jeu » dans lequel tu te retrouves dans les rayons d’un supermarché virtuel : tu es baladé de gauche à droite et ensuite, on te présente une vue aérienne du supermarché et tu dois pointer l’endroit où tu penses te trouver. Si ces tests sont plutôt simples en apparence, les résultats peuvent apprendre beaucoup de choses.

Et quels sont les résultats vous concernant ?
D’après les premiers résultats, a priori, tout va bien. Mais je dois y retourner au mois de mars, puis tous les six mois, pour mesurer l’évolution de mes capacités cognitives.

En 2017, Alan Shearer a mené son enquête dans le cadre du documentaire Dementia, Football and Me diffusé sur la chaîne BBC One. Vous avez fait des examens similaires ?
Oui, ce que j’ai fait est assez similaire à ce qu’a fait Alan Shearer dans d’autres universités (celles de Glasgow et Stirling, N.D.L.R.). La seule chose que je n’ai pas essayée, c’est l'IRM. On n’a pas eu le temps de la faire.

Vidéo

Au Royaume-Uni, l’opinion publique a été sensibilisée aux maladies neurodégénératives chez les anciens footballeurs avec les cas des champions du monde anglais de 1966 : Ray Wilson et Martin Peters souffraient de la maladie d’Alzheimer, Nobby Stiles en souffre et Jack Charlton a des troubles de mémoire...
Oui, d’autant plus que Martin Peters nous a récemment quittés. À titre personnel, il y avait aussi Duncan Forbes, un grand et solide défenseur central qui jouait pour Norwich, que j’ai croisé sur la fin de sa carrière (Forbes était dans le staff quand Roberts était joueur, N.D.L.R.). C’était un grand joueur de tête. Il est décédé en octobre dernier après avoir souffert de démence pendant près de 15 ans. Ces cas font réfléchir sur les risques pour ton cerveau, même si ces gars ont joué dans les années 1950, 1960 ou 1970, à une époque où, déjà le jeu demandait plus de têtes, et le ballon était plus lourd quand il pleuvait.



Vous avez joué dans les années 1990 et 2000. Est-ce qu’à cette époque, on vous a alerté sur les risques des chocs à la tête ?
Non, pas vraiment. Mais en plus de ça, si on m’avait dit à mes débuts que je courais ce risque, je ne pense pas que ça aurait changé quoi que ce soit dans ma façon de jouer.
« Si on m’avait dit à mes débuts que je courais ce risque, je ne pense pas que ça aurait changé quoi que ce soit dans ma façon de faire. Quand j’ai signé mon premier contrat professionnel, je réalisais mon rêve de gosse. Rien ne m’aurait arrêté. »
Quand j’ai signé mon premier contrat professionnel, je réalisais mon rêve de gosse. Rien ne m’aurait arrêté. C’est triste, mais c’est seulement plus tard, quand tu es arrivé au bout de ton rêve, que tu y penses. Là, on parle du monde professionnel, mais je discute avec un chercheur de Swansea qui travaille sur un programme depuis 10 ans et qui dit que les footballeurs de tous niveaux peuvent souffrir de démence. C’est pour ça qu’il faut prendre le maximum de précautions avec les enfants, pour éviter les dommages que peut causer le jeu de tête sur leurs cerveaux en formation.


Quand vous étiez joueur, avez-vous subi des commotions cérébrales sur le terrain ?
Oui, bien sûr ! Avec mon style de jeu, j’étais assez agressif dans les airs, mais je ne peux pas me souvenir d’une commotion en particulier. Quand je jouais à Norwich, j’ai eu plusieurs chocs avec des coéquipiers ou des adversaires durant les matchs, qui me sonnaient pendant 10 ou 15 minutes. À l’époque, il n’y avait pas de test, pas de protocole pour les déceler. Je restais sur le terrain et je finissais les matchs. Après coup, ça m’arrivait de ne pas me souvenir ce qu’il s’était passé pendant le match.

« À l’époque, il n’y avait pas de test, pas de protocole pour déceler les commotions. Je restais sur le terrain et je finissais les matchs. Après coup, ça m’arrivait de ne pas me souvenir ce qu’il s’était passé pendant le match. »
En restant sur le terrain après avoir subi un choc, vous vous exposiez à subir un second impact hyper dangereux...
Oui je sais, mais à l’époque, on s’en souciait à peine ! Aucun joueur des années 1990 en Angleterre ne réalisait les risques qu'il prenait. Aujourd’hui, en revanche, les choses ont pas mal changé. Même si tout n’est pas parfait, des mesures ont été prises pour prendre en charge les commotions ou au moins s’assurer de l’état du joueur après un coup à la tête. C’est un environnement un peu plus sécurisant.

Le mot commotion n’était même pas utilisé à votre époque, si ?
Non, c’est vrai. Le mot commotion, on ne l'entendait qu'au rugby.

Le projet SCORES a lancé un crowdfunding pour financer les recherches. Mais ne serait-ce pas aux clubs et aux instances de financer ces programmes ?
Aujourd’hui, en Premier League, je pense que les clubs sont d’accord pour participer au financement. Mais c’est surtout à la PFA (le syndicat des joueurs professionnel en Angleterre et au pays de Galles) de prendre ses responsabilités pour aider les anciens joueurs et faire avancer les recherches.



Le site du projet SCORES est à retrouver ici.

  • Foot - Les dangers des chocs à la tête : une enquête à lire dans le numéro 173 de SO FOOT, actuellement en kiosque


    Propos recueillis par Florian Lefèvre et Mathieu Rollinger
    Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.

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