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Les petits fours dans les grands

Misogynie, mesquinerie et instants de solitude. En transformant la soirée remise du Ballon d’or en un sommet mondial de la gêne, les organisateurs ont réussi un tour de force : celui de faire davantage parler de la cérémonie que des vainqueurs eux-mêmes. Il fallait au moins ça pour faire avaler le sacre de Luka Modrić ? Le foot et Martin Solveig n’en sortent pas grandis pour autant.

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Mai 2015, cérémonie de remise des trophées UNFP. Organisé depuis près de 20 ans par Canal+, le rendez-vous vient de tomber dans l’escarcelle de beIN. Pas con, le diffuseur décide de maintenir une touche d’humour à l’événement, incarnée chez Canal par Philippe Guillard, « la Guille » pour les intimes, et ses Marcel d’Or, prix récompensant notamment les plus grosses bourdes de joueurs de Ligue 1. Puisqu’il faut bien se démarquer de la concurrence, beIN dégaine Bilel et Stéphane, youtubeurs maîtres dans l’imitation de footballeurs et d'entraîneurs. Manque de bol, les garçons sont beaucoup moins à l’aise en live que devant leur webcam. Pire, Vincent Labrune, le président marseillais, refuse de jouer le jeu. Plombés par les incompréhensions à peine voilées d'Alexandre Ruiz, le maître de cérémonie, les deux Canteloup de la Ligue 1 font un four mémorable. Il faut une imitation improvisée – et forcée – d’Omar da Fonseca par Christophe Josse pour décoincer l’assistance. Un comble.

Solveig, le boulet d’or


Depuis cette date, on croyait les chaînes de télé vaccinées. Pas de doute, il y aurait un avant et un après-trophées UNFP 2015. On était dans le vrai, du moins jusqu’à hier, 21 heures. Comme tout le monde, on devinait depuis des semaines, ou a minima depuis trois bonnes heures et les innombrables fuites sur les réseaux sociaux, que le lauréat masculin du Ballon d’or 2018 se nommait Luka Modrić. Mais comme pour tout le monde, c’était ça ou Auxerre-Lorient. Alors on a zappé sur la chaîne L’Équipe. Pour voir. Trop tard pour voir Martin Solveig se manger un vent de la part d’un Kylian Mbappé avouant franco ne pas le connaître. Trop tard, aussi, pour voir le DJ français faire un bide, pas de danse craignos à l’appui, en pensant balancer les sons préférés d’Antoine Griezmann ou Luka Modrić, crispés comme un couple lors d’une intervention d’un tonton ou d’un cousin gênant à leur mariage. À côté. Bonne nouvelle pour les retardataires et les réfractaires : Malaise TV était aux aguets pour capter l’instant. Mauvaise nouvelle pour les militants féministes : le résident du Pacha Ibiza en avait encore sous ses semelles compensées du plus mauvais effet.


Car ce Ballon d’or 2018, organisé dans un cadre magnifique, au Grand Palais, en plein Paris, c’était aussi une cérémonie pour l’histoire. Celle de l’égalité des sexes dans le sport, celle du football féminin, dont on couronnait hier pour la première fois la meilleure joueuse. Pour l’anecdote, c’est la Norvégienne de l’OL Ada Hegerberg qui a reçu le trophée. Car l’auteur de We’re all stars – titre dont l’interprétation a laissé le public de marbre au passage – a trouvé le moyen de reléguer cette belle révolution au rang d’anecdote. À peine la Lyonnaise récompensée, Solveig a démythifié l’instant, sortant à l’attaquante norvégienne un « Tu sais twerker ? » minable, que la danse improvisée avec elle sur du Franck Sinatra ne pouvait clairement pas sauver (le DJ s'est excusé un peu plus tard dans la soirée, ndlr). Pas plus que l’improbable chaîne humaine formée sur les planches par les joueuses de l’Olympique lyonnais, invitées avec leur coach par David Ginola à résumer, en un mot, tout le bien qu’elles pensent de leur équipière, dans une mise en scène rappelant le spectacle de fin d’année de l’école Hector-Berlioz de Behren-lès-Forbach. Mignon, si on veut, mais surtout terriblement gênant, là encore.

Un soir de mesquineries


Si c’était un soir à regretter que Thierry Roland ne soit plus là pour se demander s’il n’y avait pas mieux que Martin Solveig pour l’ambiancer, ériger le DJ comme unique responsable du fiasco serait assez injuste, toutefois. Ne serait-ce que parce que Vegedream faisant du play-back et mettant un vent à Modrić au moment de checker le premier rang, ce n’était pas beaucoup plus glorieux. Ou parce que ce n’était ni le lieu ni le moment pour un rappel sur scène des quelques champions du monde 2018 présents, pour embrasser la coupe et claquer une nouvelle fois à la gueule du Croate qu’il ne l’avait pas gagnée, lui le vainqueur du jour devant un Cristiano Ronaldo absent.


Sens du placement ou mesquinerie ? Énième fausse note, en tout cas, d’une soirée foirée dans les grandes largeurs et reléguant au second plan ses lauréats. Le signe, aussi, d’une lassitude des joueurs face à un événement dont l’organisation prend de plus en plus des allures de cérémonie ratée de remise des Oscars ? Pourvu que le message soit passé, si c’est le cas.

Par Simon Butel
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