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Cédric Villani : « Face à Ribéry, j'aurais l’air d’un crétin absolu »

Il s'est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu'on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d'en parler pendant une heure, on a foncé.

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Jeudi noir. « Tu vas trouver pour notre hôte des gâteaux, du thé, de la chantilly, du rhum, tout ce que tu veux. Mais là je dois m'éclipser pour une affaire urgente. » C'est un peu comme arriver comme un cheveu sur la soupe : en pleine crise de coronavirus et à quatre heures du discours télévisé du président de la République, Cédric Villani a autre chose à faire que de parler football. Dans le QG du candidat, un appartement situé à deux pas de Notre-Dame, sa jeune équipe offre finalement un café, la discussion, et une accroche toute faite : « On est l'équipe qui s'y connaît le plus en football pour le candidat qui s'y connaît le moins. » Question : pourquoi alors avoir longtemps feint l'inverse ? Réponse : parce que Villani, et c'est une surprise, ne calcule pas tout très bien.



On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.
Vous présumez bien.

Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.
Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons... Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.


Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?
On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.

Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.



Ribéry est un surdoué de l’appréciation des effets et des trajectoires. C’est un génie en matière d’appréciation géométrique, alors qu’il est moqué pour son intellect.
J’ai connu tellement de profils différents que j’en ai retenu une leçon : l’intelligence est relative à la situation. Face à Ribéry, j’aurais l’air d’un crétin absolu sur un terrain de foot. J’ai connu des gens dans ma carrière mathématique, vous les voyez et vous dites : (il pose la main sur son front) « Mais quel putain d’inadapté, c’est incroyable, le gars bredouille, il ne sait pas quand c’est à lui de parler...  » Et puis derrière, médaillé Fields, en tout cas pour celui auquel je pense. Une femme, des enfants, une maison hors de prix, un salaire dix fois supérieur au mien aujourd’hui... Selon l’angle sur lequel on le prend, on a l’impression que c’est un crétin ou un génie. Et l’un comme l’autre sont faux. Nous trois dans la pièce (il se tourne vers sa responsable communication), on se retrouverait dans le désert à devoir survivre, on aurait l’air de complets couillons là où les tribus touaregs ont appris depuis des millénaires les geste adaptés, et paraîtraient pour des génies par rapport à nous.


À propos d’image, vous avez dit : « Je viens d’un milieu ou quelle que soit l’apparence, même si vous bredouillez un machin d’une voix fluette, tant que vous avez le bon raisonnement, on se couchera devant vous. Alors qu’en politique, et plus généralement dans la vie, la façon dont on se tient, dont on parle, inspire confiance. » De la même manière, il y a parfois des joueurs géniaux à qui l’on reproche leur apparente nonchalance, qui est un procès qui vous a été fait.
« Notre société aime les cases, et pour moi qui y suis allergique, ça n’est pas quelque chose qui me plaît. »
(Il rit) On m’a fait toute sorte de procès. Pas adapté, comportements bizarres... Un gars dans la rue m’avait même demandé si je fumais de l’herbe. On a fait toute une histoire parce que début septembre, je me suis retrouvé à danser à la fête de la mairie du XIVe arrondissement, sur la place publique. Les uns et les autres dansant le jerk de façon pas très contrôlée, mais moi, politique, ça a été vu comme un signe d’extravagance, d’excentricité... Notre société aime les cases, et pour moi qui y suis allergique, ça n’est pas quelque chose qui me plaît.

Pendant un temps, on s’est demandé si vous n’étiez pas atteint d’une forme d’autisme. Soupçons qui se sont aussi portés sur Messi des années plus tôt, pour le même bilan : non. On soulignait votre "différence".
Exactement. Et mon message, quand la question s’est posée, a été en substance : « Qu’est-ce qu’on s’en fout ? » Les gens sont différents, tant mieux, réjouissons-nous. Il y a ce paradoxe dans le discours : « Soyez originaux ! » Et puis quand quelqu’un est réellement différent, on trouve cela très bizarre. Dans le monde de l’économie, c’est un procès qui a aussi été fait à Mark Zuckerberg. Alors attention : spécial, hein, Mark Zuckerberg. Je l’ai rencontré en vrai, hyper control-freak, c’est pas quelqu’un avec qui le contact est simple. Mais qu’on l’aime ou pas, il fait partie des décideurs les plus importants du monde. Eh ! On commence par se respecter.



Vous avez grandi à Toulon et Brive. Vous êtes plus rugby que football ?
J’ai toujours trouvé que le rugby était un sport fascinant, j’étais bien copain à une époque avec Daniel Herrero, la légende de Toulon. Pour la petite histoire, sa fille avait passé le Bac avec mon père comme examinateur. On le sait, le rugby est aussi un sport prisé des intellectuels. Mon directeur de thèse et son collègue, médaillés Fields tous les deux (équivalent du prix Nobel en mathématiques, N.D.L.R.), étaient des grands amateurs de rugby dans les milieux Normaliens, donc c’était naturel pour moi avec ce passé-là.

Le football n’est pas un sport prisé par les intellectuels ?
Comme on dit : Le football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous et le rugby est un sport de voyou pratiqué par des gentlemen...


Étudiant, vous passiez vos nuits à vous amuser à la Traque. Un jeu de rôle où des équipes partaient chacune d’une porte de la ville et devaient s’attraper pour se « tuer symboliquement » . Vous étiez assez sportif, donc. Ce qui n’est pas l’image qu’on a de vous.
Objectivement je crois être assez sportif, même si cela ne se voit pas. J’ai fait le GR20 Corse comme il se doit en famille, un certain nombre de randonnées à vélo nationales et internationales... Le sport a fait partie de mon développement personnel. Pour la Traque, imaginez des groupes de Normaliens qui se répartissent à travers Paris à minuit, en petites équipes de deux ou trois. L’équipe 1 poursuit la 2, qui poursuit la 3, et ainsi de suite. À l’époque c’était un jeu de cabines téléphoniques, et nous devions appeler un standard à intervalles réguliers en disant : « Je suis dans telle cabine. - Très bien, le groupe que tu poursuis est à tel endroit. » Si le groupe qui vous poursuit vous voit dans une cabine pendant que vous êtes en train de téléphoner, il vous court après, tape sur la cabine et vous êtes prisonnier. Vous avez alors le choix entre sortir du jeu ou devenir leur esclave, leur zombie. Au fur et à mesure, les équipes s’éliminent les unes les autres, ça commence à travers tout Paris puis ça se resserre, et ça terminait en une courte-poursuite au petit matin sur l’Île de la Cité ou dans le Ve arrondissement. Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois d’être réellement dans les trois derniers, et vous finissez à 7h du matin après avoir couru toute la nuit. C’était super ! Un vrai défoulement, potache, à une époque où l’on était peut-être moins concernés par les risques de sécurité et surtout sans les téléphones portables qui ont ruiné tout l’esprit du jeu.

Quel est votre rapport au football ?
La première prise de contact remonte à l’école, comme tout le monde. Puis quelques matchs à la TV, et en particulier la Coupe du monde 1998. De façon plus ludique, j’ai joué au foot avec mes gamins comme le font tous les papas du monde. En tant que politique, dans ma circonscription en Essonne, les Ulis est une terre de football. Des gens comme Patrice Évra et Thierry Henry sont passés par là.
« Je me souviendrai toujours de la fois où je suis arrivé dans un café en Palestine, à une époque où j’étais lyonnais. Je commence à expliquer ça, et un interlocuteur me dit : "Ah l’Olympique lyonnais, un grand club !" Je me suis dit : "Bon sang c’est pas des blagues, le football c’est vraiment un marqueur international qui permet aux uns et aux autres de parler." »
Le football est aussi important pour l’humaniste que je suis car cela donne des références internationales, des frissons à partager dans le monde entier. Je me souviendrai toujours de la fois où je suis arrivé dans un café en Palestine, à une époque où j’étais lyonnais. Je commence à expliquer ça, et un interlocuteur me dit : « Ah l’Olympique lyonnais, un grand club ! » Je me suis dit : « Bon sang c’est pas des blagues, le football c’est vraiment un marqueur international qui permet aux uns et aux autres de parler. » Quand vous arrivez à l’aéroport d’Alger et que vous voyez le grand portrait de Zidane sur une tour, voilà quelque chose qui nous lie par-delà les frontières. Ou en Uruguay, (Il se tape sur la cuisse) pays de football s’il en est, bon sang, où des mères de famille commencent à vous raconter par le menu la rivalité avec le Brésil. Vous sentez à quel point c’est un liant.

Étant jeune, vous y jouiez dans la cour ?
Non car dans la cour d’école, je jouais à mon sport favori : le tennis de table. C’était vraiment une part importante de ma vie pendant une époque, j’ai été classé 35. Mon petit frère a été jusqu’à 25 (au-delà de ce classement, on devenait numéroté français, N.D.L.R.). Mon père accompagnait souvent les autres gamins du club et moi dans les compétitions, c’était une manière de voyager à travers la Côte d’Azur. J’ai côtoyé des gens comme Christophe Legoût (triple champion de France en simple) ou Anthony Geminiani, qui a été l’un de mes tout premiers matchs en compétition. Je me souviens très bien de son redoutable service de gaucher très travaillé. J’étais un joueur un peu original, contre-attaqueur, j’ai joué pendant des années avec un soft en revers, puis des picots longs.

Vous étiez défenseur ?
Pas du tout, j’attaquais à la table avec mon picot long. Puis j’ai eu des picots courts, avec mousse, sans... Je collais ma plaque, avant que ce soit interdit. Dans ma chambre j’avais aussi une pile haute comme ça de Tennis Magazine. Très précisément à partir de Roland Garros 1984. Il y a une époque où je pouvais réciter tous les vainqueurs des tournois du Grand Chelem des années 1970 aux années 1990. Ma mère s’inquiétait même, elle disait : « Si ce garçon sait tant de choses sur le tennis, ça doit forcément manger de la place dans son cerveau pour d’autres choses plus importantes. »

Le football est de plus en plus une affaire de mathématiques. De courbes, de triangles, d’angles, de données, d’algorithmes. Est-ce une matière que vous avez analysé à l’époque où vous étiez chercheur en mathématiques ?
« C’est la loi de Bernoulli qui relie la vitesse à la pression. Plus la vitesse est élevée, plus la pression est basse, donc la balle va descendre. C’est ce qui fait que la balle enroulée redescend. C’est intéressant à savoir. »
Les jeux de balle sont en général des questions intéressantes mathématiquement. En tant que pongiste, j’ai toujours été fasciné par les effets. Le fondement physique des effets c’est l’effet Magnus, bien connu des footballeurs, celui des balles liftées, coupées, ou des balles qui dévient et vous permettent de marquer en contournant le défenseur. Je me souviens d’un article de Science & Vie qui est resté avec moi pendant des années : prenez une balle qui avance. Sur le dessus, vous avez le vent qui avance dans le sens contraire du sens de rotation, et qui ralentit le mouvement. Alors que sur le dessous, ça va s’accélérer. Ce qui ralentit a une pression plus forte. Ce qui est accéléré a une pression plus faible, c’est la loi de Bernoulli qui relie la vitesse à la pression. Plus la vitesse est élevée, plus la pression est basse, donc la balle va descendre. C’est ce qui fait que la balle enroulée redescend. C’est intéressant à savoir.

Un entraîneur, Unai Emery, a dit un jour qu’il voulait que ses joueurs soient plus intelligents que lui. Comment monte-t-on une campagne avec des gens qui n’ont pas la même forme d’intelligence que vous ?
Quiconque a fait du sport a petit niveau sait que le bon entraîneur n’est pas forcément un meilleur joueur que le joueur qu’il entraîne. C’est celui qui sait analyser, trouver les bons exercices. C’est sa forme d’intelligence qui va tout changer. Rendre le joueur plus intelligent que soi, j’y souscris tout à fait, tout comme j’ai dit pendant des années
« On peut être un génie des mathématiques, des échecs, du football, de League of Legends, et être une bille ailleurs. L’intelligence est tellement variée qu’on ne va surtout pas s’amuser à comparer les uns aux autres de façon linéaire. »
: « Le professeur qui réussit c’est celui qui se fait dépasser par son élève. » Quand l’un des miens, Alessio Figalli, a reçu la médaille Fields, ça a été l’un des moments les plus importants de ma vie, car c’était quelqu’un dont je voyais à quel point il m’avait dépassé sur le sujet qu’il avait traité. Et combien il a réussi à résoudre des problèmes sur lesquels je m’étais cassé les dents. Prenez le mot génie, qu’on a l’habitude de galvauder ici et là, notamment à mon égard. Moi j’en ai vu, des gens qui sont des vrais génies des mathématiques. Qui ont fait des trucs devant lesquels je m’agenouille. Mais quoi qu’il arrive, on peut être un génie des mathématiques, des échecs, du football, de League of Legends, et être une bille ailleurs. L’intelligence est tellement variée qu’on ne va surtout pas s’amuser à comparer les uns aux autres de façon linéaire.

Les footballeurs sont-ils des génies des maths qui s’ignorent ?
Nous sommes tous des génies en mathématiques qui nous ignorons. C’est comme Monsieur Jourdain (Le Bourgeois gentilhomme, N.D.L.R.) qui fait de la prose sans le savoir. Nous, nous faisons de la mathématique sans le savoir. Nos fonctions intellectuelles de reconnaissance des visages sont spectaculaires, par exemple. J’ai régulièrement fait une conférence appelée : « Mathématiques de la chauve-souris » où j’expliquais comment, avec son petit cerveau de quelques grammes, la chauve-souris peut avoir une analyse sonar qui est quasiment au maximum théorique de la performance. Elle envoie des sons qui sont presque des petites chansons, fait la différence entre ce qu’elle envoie et reçoit, repère les insectes, et c’est d’une complexité physique extraordinaire. C’est juste éblouissant. La nature fait des prouesses physiques, et les humains en font partie, notamment dans leur manière de jouer collectivement.



Avant chaque match retour de Ligue des champions, on évalue les pourcentages de chances de qualification. Comme, d’ailleurs, on fait des sondages pour savoir qui va passer au second tour des élections...
(Il coupe). Évidemment vous allez me parler de la bérézina du match entre le PSG et Barcelone. Et bien cela a défié le calcul de probabilités, ça arrive. Ça arrive en mathématiques : c’est la théorie du cygne noir (développée par le statisticien Nassim Nicholas Taleb, N.D.L.R.), avec les queues de distribution... Cela arrive dans le monde réel plus que dans le monde mathématiques, parce qu’il y a des facteurs qui jouent : la panique, la psychologie... Le monde est encore loin de se mettre en équation.

On dit que Messi peut battre n’importe quel algorithme. Existe-t-il un Messi des mathématiques, capable de battre tous les algorithmes ?
Aucun mathématicien ne maîtrise plus que quelques pourcents du champ mathématiques global, et aucun n’est capable de comprendre plus d’un tiers de la littérature mathématiques globale. Par exemple moi, je peux lire les articles qui parlent analyse réelle, équation de dérivées partielles en partie, physiques mathématiques en partie, géométrie non-euclidienne en partie... Si on vient me chercher sur la théorie des représentations, la théorie des nombres, l’algèbre, je suis à la ramasse ! Chacun son secteur.

Chacun son secteur : alors pourquoi faites-vous semblant de vous y connaître en football ?
On va dire plutôt que bon sang, j’ai essayé. Et j’ai dû reconnaître que... ce n’était pas mon truc.

Mais pourquoi ne pas assumer dès le départ que vous n’y connaissez rien ? S’il y a bien quelqu’un qui a eu d’autres choses à faire, c’est vous.
Maintenant c’est ce que je fais. Dans toutes mes dernières interviews, j’assume complètement. Voilà : « Les enjeux, les matchs, tout ça, je ne peux pas vous dire » . Je me suis bien fait cramer dans une interview récente quand on m’a demandé de citer trois joueurs champions du monde au PSG. Ça a été... mauvais quoi ! À partir de là, je me suis dit : « Bon, on arrête les bêtises et on assume. » Je peux vous parler pendant des heures du jeu de Jan-Ove Waldner, de Jörgen Persson ou de Andrzej Grubba que j’avais vu en long et en large dans les compétitions de ping-pong. De comment le jeu polonais, chinois ou suédois a changé la face du tennis de table. En revanche le football, c’est juste pas mon truc. Ça n’empêche qu’être au Parc des Princes et assister à un match, c’est quelque chose. Ça fait vibrer. Et c’est quelque chose qui doit être sur la table du maire de Paris.



Politiquement, c’est un défaut de ne pas s’y connaître en foot ?
C’est tellement important dans la vie de Paris que ça fait forcément partie des grands dossiers du maire. Mais on peut avoir un grand intérêt pour quelque chose sans s’y connaître dans le détail. Non, mais j’ai expérimenté. On a bossé !

Son directeur de campagne : Il faudrait qu’on retrouve le premier débat qu’on a eu.

Ils m’ont fait des notes, des fiches, des cours ! Il m’ont fait des cours ! Pour m’expliquer combien, le nombre de matchs, la position dans la Coupe des Champions...

Son directeur de campagne : Puis nous on s’emmerde quand on va au match avec lui parce qu’on y va pour le plaisir, alors que lui regarde vraiment le match. Donc on n’a pas le droit de lui parler, c’est chiant !

Au lendemain de PSG-Dortmund, vous n’avez pas tweeté. Contrairement à ce que vous aviez fait au lendemain du match aller face au Real. La question s’est posée ?
Oui ! Les avis divergeaient. (Il se tourne vers sa responsable communication) Elle m’a dit « Hors de question  » , et moi : « Guys, il est hors de question que je tweete sur le résultat du match. » Et de la même façon, quand Quotidien m’a demandé : « Alors, c’est quoi la nationalité de Cavani ? » J’ai répondu : « Il est parisien de cœur. » Il est quoi, uruguayen ? Je ne voulais pas risquer de me tromper. J’ai assumé mon truc, et de toute façon on s’en fout. Il joue au PSG, il fait partie de la famille, pour ainsi dire.

Il paraît que vous êtes allé parler à des Ultras à la fin d’un match, parce que vous étiez très impressionné par les virages.
« La tribune VIP c’est très bien, mais on a l’air de plus s’amuser chez les Ultras. »
La tribune VIP c’est très bien, mais on a l’air de plus s’amuser chez les Ultras. D’abord on m’a dit : « En campagne, il peut y avoir un problème. Puis ça peut se castagner. Allons-y après la campagne. » Donc j’irai. Alors oui, il y a le problème des chants, et en particulier certaines chansons que la communauté LGBT juge offensants selon les standards actuels. Je suis d’accord avec eux. Il y a quelque chose à trouver pour faire évoluer sans être agressifs, pour que tout le monde s’y retrouve. Mais en tout cas, avec toutes ces nuances, ils ont l’air de bien s’amuser.

On pourrait donc vous retrouver en virage bientôt ?
Mieux : j’attends ça avec impatience. Propos recueillis par Théo Denmat