La fête, c’est les autres. Une semaine après avoir perdu contre Lille pour la première partie de sa fête d’anniversaire, le Stade rennais a ronronné contre le dernier, Metz (0-0), ratant l’occasion de retrouver le top 6. Le week-end avait été parfait jusqu’à cette rencontre triste, avec la centaine de têtes connues (re)venues pour souffler les bougies (Nonda, Gourcuff, Tait, Hunou, Lama, Wiltord et bien d’autres). Devant tous ces anciens et après avoir découvert un tifo splendide étalé sur trois tribunes pour raconter 125 ans d’histoire, l’équipe de Franck Haise n’a pas franchement réussi à faire en sorte que ce match reste un souvenir impérissable. Toujours dans leur nouvelle tunique grenat, rappelant les couleurs habituelles de leur adversaire du jour, les Rennais auraient dû mettre plus de rythme, de mouvements et de vitesse dans leurs passes pour régaler l’assistance.
Un gâteau sans bougies
Pape Mamadou Sy, préféré à Jonathan Fischer dans les cages messines, s’est dit que c’était une belle journée pour se montrer infranchissable. Ses arrêts n’ont pas été spectaculaires, mais il fallait repousser les tirs de Valentin Rongier et le coup franc de Sebastian Szymański. Le géant sénégalais aurait peut-être pu provoquer un penalty malheureux sur un contact avec Ludovic Blas, sauf que l’arbitre n’a pas bronché et que les locaux ont continué de se montrer bien trop tendres pour inquiéter la lanterne rouge qui n’était pas non plus venue en victime pour ce fest noz.
Après avoir vu Blas ne pas cadrer sa tête ou Lilian Brassier envoyer un pétard lointain, on a pu entendre en tribune que Yoann Gourcuff ou John Utaka ne feraient pas de mal si on leur trouvait un short et des crampons. Les Rennais sont pourtant revenus avec les mêmes hommes et les mêmes problèmes sur le terrain, puisqu’il a fallu attendre l’heure de jeu pour voir de nouvelles frappes, celles d’Arnaud Nordin et surtout celle de Blas qui a touché le haut de la barre. La preuve que ce n’était pas la joie : le public du Roazhon Park, endormi par la rencontre, s’est mis à acclamer Mousa Al-Tamari comme une rock star pour son entrée, un amour que le Jordanien a bien failli rendre dans la foulée d’un déboulé suivi d’une frappe.
C’était brouillon, trop brouillon, face à ce FC Metz qui a timidement essayé de piquer en contre, laissant les Rennais à leurs tentatives lointaines et leurs tirs aux pigeons dans une fin de match sans vie, sur la pelouse comme en tribunes, comme si tout ce petit monde avait accepté qu’un 0-0 était un une manière de fêter un anniversaire. Le stade a pourtant cru à la délivrance, à l’aube du temps additionnel, mais le but d’Anthony Rouault a été annulé par la VAR pour une position de hors-jeu, et le tableau d’affichage n’a pas bougé d’un iota, comme la place au classement des deux équipes : Rennes reste 7e, Metz 18e, et la trêve ne sera joyeuse pour personne.
Heureusement, les 130 ans, ce n’est pas pour tout de suite.
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