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ACTU MERCATO

Quelle place pour Antoine Semenyo à Manchester City ?

Par Sacha François
5 minutes

Pep Guardiola serait-il devenu accro au mercato hivernal ? Après un hiver 2025 déjà agité, Manchester City a remis ça en janvier 2026.. Là où les recrues de l’an passé répondaient à une urgence, un effectif décimé par les blessures, l’arrivée d’Antoine Semenyo pour 72 millions d’euros interroge davantage. Pourquoi City, pourquoi maintenant, et surtout qu’elle sera sa place ?

Quelle place pour Antoine Semenyo à Manchester City ?

La finition de Savinho, Jérémy Doku et Oscar Bobb aura fini par user la patience de Pep Guardiola. Entre irrégularité et manque d’options réellement fiables dans les 30 derniers mètres, le technicien catalan a replongé dans ce qui est devenu son péché mignon : le mercato d’hiver. Résultat, Manchester City débourse 72 millions d’euros pour arracher Antoine Semenyo à Bournemouth. Un choix loin d’être anodin.

Courtisé par la moitié de la Premier League, invité à fêter la nouvelle année avec à peu près tout ce que l’Angleterre compte de clubs ambitieux, Semenyo a choisi de faire partenaire avec Manchester City, sans avoir oublié d’offrir la victoire aux Cherries contre Tottenham (3-2) en partant. Ce garçon, ancien roi absolu des soirées d’Angleterre, aujourd’hui à 26 ans plus discret et en pleine reconstruction, vient donc enrichir les possibilités du technicien espagnol et d’un club qui aimerait retrouver sa couronne en fin de saison.

Un joueur plus guardiolesque qu’on ne le pense

Sur le papier, Semenyo n’a rien du joueur « guardiolesque » classique. Puissant, vertical, friand de duel et de projection directe, il semblait davantage destiné à un football « kloppesque » qu’à un jeu de position ultra-codifié. Sauf que nous sommes en 2026, la règle du hors-jeu va peut-être bientôt changer et il faudrait finir par accepter que Guardiola n’est pas le dogmatique que l’on veut parfois bien présenter.

Pour commencer, à Bournemouth, Semenyo a profondément muté. Initialement ailier droit chez les Cherries, il a vu son rôle être continuellement remodelé par son entraîneur Andoni Iraola, jusqu’à s’installer comme ailier gauche à tendance axiale. Le temps du simple coureur de ligne est révolu. Cette saison, son positionnement est bien plus intérieur, favorisé par la présence très haute de son latéral, Adrien Truffert, qui occupe le couloir. Un schéma qu’il retrouvera presque naturellement à City avec Nico O’Reilly, où les triangles de passe seront identiques, où les déplacements seront les mêmes, et où Semenyo pourra même observer ce qui se passe du côté de l’aile droite, alors que Cherki y est. Depuis le début de la saison, les ailiers de City sont invités à faire ce qui leur plaît. Ce ne sont pas des consignes strictes, mais des libertés assumées. Le Français en est le symbole : il dézone souvent par instinct, parfois à l’encontre des consignes. Guardiola, lui, oscille entre l’envie de le réprimander et celle de le protéger. « Parfois j’ai envie de lui crier dessus, parfois de l’embrasser », résumait-il. Preuve que le cadre s’est assoupli et que Pep accepte, voire encourage, cette liberté créative.

Autre élément clé : la proximité tactique entre Bournemouth et Manchester City. Les Cherries d’Iraola attaquent souvent dans une structure hybride proche d’un 4-2-4 avec ballon, un milieu projeté très haut pour fixer les centraux et libérer les ailes en situation de un-contre-un, un schéma également identique à celui de City avec Phil Foden ou Tijjani Reijnders, adeptes des projections. Une organisation redoutable pour une équipe de transition, mais aussi pour une équipe adepte du jeu long. Et Manchester City est devenu, par séquences, cette équipe aux innombrables courses vers l’avant et sans prise de tête. Oui, Guardiola a lâché du lest. Oui, le contrôle absolu n’est plus une obsession permanente. Dans ce contexte, Semenyo n’est plus un corps étranger. Il est une option. Et une option qui peut être enfin décisive : il est actuellement troisième meilleur buteur de Premier League avec dix réalisations, derrière Erling Haaland et Igor Thiago.

Des longues touches dans le jeu de Guardiola ?

Le natif de Londres et international ghanéen pourrait également se présenter comme une corde supplémentaire à l’arc cityzen avec sa capacité à être efficace dans un domaine revenu à la mode cette saison en Premier League : les longues touches. Lors du nul face à Chelsea (2-2), il n’a ni marqué ni délivré de passe décisive. Pourtant, les deux buts de Bournemouth trouvent leur origine dans ses touches longues, véritables obus en direction de la surface. Un aspect du jeu que Guardiola n’a jamais vraiment exploré, et qui semble presque contre-intuitif dans son logiciel. Comme il l’a lui-même rappelé : « Une équipe qui gagne la Premier League est une équipe qui progresse et évolue dans son jeu au fil de la saison. » Alors, des touches longues à l’Etihad ? Peu probable. Impossible ? Plus vraiment.

Comprendre le rôle tactique de Semenyo est une chose, comprendre sa place dans la hiérarchie en est une autre. En choisissant Manchester City, Semenyo a fait le même pari que Cherki l’été dernier, et que tant d’autres avant eux. Pour être titulaire indiscutable, il aurait pu aller à Tottenham. À Manchester United. À Chelsea. Mais à chaque fois, un détail bloquait : un projet flou, une ambition bancale ou une incompatibilité tactique. À City, il vient pour le système, pour le nom, pour la marque, pour Guardiola. Pas pour des garanties immédiates. Riyad Mahrez et Bernardo Silva sont aujourd’hui considérés comme des légendes du club. Leurs débuts furent pourtant tout sauf évidents. À Manchester City, le temps de jeu se conquiert, se négocie tactiquement. Semenyo doit sûrement le savoir, Doku aussi et c’est Guardiola qui se frotte déjà les mains.

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