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Top dissolutions

Par Julien Duez et Jules Reillat

Il n’y a pas qu’en politique que la dissolution fait l’actualité. Dans le football, le terme a aussi fait souvent parler de lui. La preuve par dix.

Top dissolutions

  L’équipe féminine de l’US Orléans, la dissolution comme sacrifice

Comme le chemin est long avant l’égalité. Avant l’annonce d’Emmanuel Macron dimanche soir, il y avait une autre dissolution qui faisait parler d’elle dans le monde du football : celle, probable, de l’équipe féminine de l’US Orléans. Le nouveau propriétaire du club, Cyril Courtin, a annoncé il y a deux semaines qu’il souhaitait dissoudre la section féminine, pour concentrer tous les moyens économiques du club sur l’équipe masculine, pensionnaire de National. Résultat : bad buzz médiatique et démission de plusieurs dirigeants, qui poussent le président à chercher une solution avec Jean-Michel Aulas et la LFP. Jeanne d’Arc se retourne dans sa tombe.


  Le Bayern proche de passer à la trappe

La vie de Lars Leuschner aurait pu rester celle d’un anonyme professeur de droit civil à l’université d’Osnabrück si, en 2016, ce juriste n’avait pas défrayé la chronique en réclamant la radiation du Bayern Munich du registre des associations allemandes. La raison ? Leuschner estimait qu’en ayant externalisé sa section football sous la forme d’une société par actions, le Rekordmeister contrevenait au règlement des associations, lesquelles ne sont pas censées être à but lucratif et ne peuvent ainsi gérer des revenus qu’à titre secondaire. Lors de l’année fiscale précédente, le Bayern avait en effet enregistré 500 millions d’euros de revenus, ce qui n’a pas empêché le tribunal de débouter le juriste, en se basant sur une décision de la Cour fédérale de justice de 1982, qui autorise les clubs à sous-traiter leurs activités économiques à des sociétés privées. Le plus fou dans tout ça ? Lars Leuschner est lui-même supporter du Bayern. Prenez ça les clubistes !


  Quand le frère de l’émir du Koweït annulait un but en direct

Dissolution, nf : Fait de mettre fin légalement à quelque chose. « Légalement », voilà un mot qui n’avait pas sa place lors du match France-Koweït disputé à Valladolid en 1982. Alors que les Bleus menaient tranquillement leur premier match du Mondial face à l’émirat, l’impensable se produit à la 79e minute de jeu. Sur un une-deux avec Platoche, Alain Giresse marque le but du 4-1. Coup de sifflet, mais pas de l’arbitre, des tribunes. C’est le frère de l’émir, le cheikh Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah (carte d’identité XXXL pour lui) qui décide d’aller parler directement à l’arbitre pour contester le pion du Bordelais. Ce dernier l’annule dans la foulée, rendant Hidalgo (pas Anne, Michel) fou de rage. Comme quoi, même au foot, on peut pratiquer la dissolution quand le score ne nous plaît pas. Macron n’a donc rien inventé.


  L’OM et ses Minots défient les grands du PSG

On vous parle d’un temps que les moins de 18 ans ne peuvent pas connaître. Marseille en ce temps-là était dirigée par son président Pape Diouf, et le PSG était une équipe moyenne de Ligue 1. On est alors en 2006, et à l’occasion de la 30e journée, l’OM doit se déplacer à Paris pour y disputer un Clásico. Mais, redoutant des débordements et accusant la sécurité parisienne de ne pas être au niveau, Pape Diouf refuse d’envoyer l’équipe première, et aligne à la place les Minots, l’équipe B de l’OM (dont la sécurité devait moins compter à ses yeux). Fureur du côté de Canal+, qui avait alors les droits exclusifs de la Ligue 1 et qui pensait diffuser le match de l’année et se retrouve finalement avec un 0-0 tout moisi (ou héroïque, selon le point de vue). De quoi annoncer les résultats du 7 juillet prochain ?


Le PFG, la résignation et l’autodissolution

Fondée en 2003, l’association Paris Foot Gay se structure sous la forme d’un club parrainé par Vikash Dhorasoo et Agnès b., avant d’établir, quatre ans plus tard, une charte contre l’homophobie dans le football qui sera signée par la LFP et 9 clubs de Ligues 1 et 2. S’ensuivent plusieurs actions d’envergure nationale, mais qui restent malgré tout insuffisamment soutenues pour mener à bien la mission que s’est fixée le PFG à sa création. Résultat, 12 ans plus tard, il annonce son autodissolution : « Face à l’indifférence notable, la peur des institutionnels à s’engager réellement, la honte pour certains à traiter ce sujet, nous devons nous rendre à l’évidence : nous ne parvenons plus à faire avancer notre combat contre l’homophobie. » Et depuis ? Ben, comment dire…


  Jiangsu FC, la dissolution en guise de récompense

On a déjà vu mieux en matière de reconnaissance. Trois mois après que le Jiangsu FC a remporté le championnat de Chine pour la première fois de son histoire, en novembre 2020, sa direction annonce dans un communiqué que le club basé à Nankin – dans l’est du pays – sera purement et simplement dissous, en raison des difficultés financières de son propriétaire, le groupe Suning. Ciao la Ligue des champions asiatique, ciao le football tout court d’ailleurs. Quatre ans plus tard, Suning jette de nouveau l’éponge en revendant l’Inter Milan au fonds d’investissement américain Oaktree… pile un mois après le sacre des Nerazzurri en Serie A. Le sens du timing.


  Dissolution et résolution au Paris Saint-Germain

Au terme de la saison 2018-2019 de National 2, le directeur sportif du PSG Antero Henrique annonce à ses joueurs que cette défaite contre Saint-Brieuc sera leur dernière. Malgré un sauvetage in extremis à la différence de buts, l’équipe B du club de la capitale est dissoute. Trop coûteuse, plus en phase avec le développement souhaité par la direction… Les pros en phase de retour de blessure et les jeunes trop verts pour la Ligue 1 iront se faire pendre ailleurs. En lieu et place de la bonne réserve qui a fait les beaux jours du stade Georges-Lefèvre, le PSG mise tout sur son équipe U19, celle qui participe à la Youth League. Mais avec la création prochaine du championnat des réserves, un nouveau projet a vu le jour : baptisé groupe espoir, il sera composé de joueurs de moins de 21 ans et servira d’intermédiaire avec les pros. Comment on appelait ça, il y a cinq ans, déjà ? Ah oui, une réserve.


  Partizan du moindre effort

En Serbie, les liens entre supporters et mafia sont connus comme le loup blanc. Dans certains cas, ceux-ci peuvent prendre une tournure extrême. C’est par exemple le cas de Veljko Belivuk, comptant parmi les leaders des ultras du Partizan, mais aussi criminel notoire. Lors de son arrestation en 2021, après six mois d’enquête, il est inculpé de meurtres, enlèvements, extorsion et trafic de drogue. Le tout en ayant organisé ses activités en partie depuis l’ancien restaurant du stade de son club de cœur et une maison de la périphérie de Belgrade, où ses victimes passaient dans un broyeur à viande industriel, avant de finir dissoutes à l’acide. Plus radical qu’un vol de bâche, c’est certain.


  Mort et renaissance populaire du Bury FC

To bury, en anglais, ça veut dire « enterrer ». Autant dire que le Bury FC, historique club anglais fondé en 1885, portait bien son nom au moment de sa disparition en 2020 à la suite de multiples problèmes financiers. Cependant, loin de s’en remettre à cette fatalité, les supporters font tout pour le faire renaître de ses cendres, allant jusqu’à racheter carrément leur stade, après avoir créé un projet parallèle, le Bury AFC, et réussi un an plus tard à fusionner les deux identités afin de définitivement recréer leur club de cœur sous son appellation d’origine. Une belle histoire de résilience dont certains partis politiques français pourraient bien s’inspirer.


  Le FK Marioupol : dissous en Ukraine, recréé au Brésil

C’est le funeste sort qu’a connu le FK Marioupol, situé dans la région du Donbass, annexée par la Russie en 2022 et en proie à de violents conflits depuis plus de dix ans. Après que ses installations ont été détruites par l’armée russe, le club est dissous en 2022. Un an plus tard, l’AA Batel, équipe de la ville brésilienne de Prudentópolis, annonce son intention de reprendre les couleurs de son défunt confrère, afin de le faire renaître à 12 000 kilomètres de ses bases. Cette volonté de sauvegarder cet héritage s’explique par le fait que cette petite ville brésilienne a une population composée à 75% de descendants d’Ukrainiens, depuis une vague d’immigration massive à la fin du XIXe siècle. La solidarité est là, l’espoir aussi.

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