S’abonner au mag

Three Lions – New England Patriots

Par
4 minutes
Three Lions – New England Patriots

Depuis que Fabio Capello a pris les rênes de la sélection aux Trois Lions, les Anglais n'ont pas connu autre chose que la victoire en match officiel. En six mois à peine, l'Angleterre est passée du statut de risée du football mondial à celui de favori potentiel de la Coupe du Monde 2010. Gros plan sur la méthode Capello.

Avec quatre victoires en quatre rencontres éliminatoires, dont trois à l’extérieur, les Anglais seront selon toute vraisemblance du voyage en Afrique du Sud, laissant le soin au Portugal, à la France ou à la République Tchèque d’enfiler le costume de grand absent du mondial.

Pourtant, à l’annonce de la signature de don Fabio, beaucoup de spécialistes étaient sceptiques. Comment allait-il gérer cette pléiade d’ego surdimensionnés, ces stars qui n’étaient que l’ombre d’elles-mêmes une fois la tunique marine et blanche enfilée ? Il y a encore six mois, les Gerrard, Lampard ou Rooney s’avéraient incapables de jouer en équipe, à croire que la rivalité exacerbée qui existe entre leurs clubs respectifs se traduisait aussi lors des rassemblements en sélection.

Sur le terrain, soyons clairs, l’Italien n’a rien révolutionné : mêmes joueurs, système de jeu grosso-modo identique, il n’y a guère que David James qui ait retrouvé une place de titulaire dans les bois. Comme il est difficile pour un sélectionneur de faire des mises en place tactiques du fait du peu de temps passé avec les joueurs, c’est surtout en coulisses que l’effet Capello est palpable.

Un seul mot d’ordre, la rigueur

Premièrement, le Mister a remis de l’ordre dans le bordel ambiant. Quitte à instaurer quelques règles dont les Anglais n’étaient pas coutumiers, mais qui ont bâti la réputation du coach transalpin.

Dès son arrivée, il annonçait la couleur : « Nous avons besoin de règles. Nous avons besoin de travailler dans l’ordre. Par exemple, nous serons toujours réunis pour le repas et personne ne pourra quitter la table avant les autres. C’est une question de respect. Je serai intraitable sur la ponctualité. Nous avons un rôle à jouer : ce sont les joueurs et je suis le manager » .

Capello n’a eu qu’à brandir son CV pour être écouté. Parmi les mesures dictées par l’ancien technicien du Real, téléphones branchés sur répondeur et port de l’uniforme de la sélection obligatoire. Les petites amies comme les familles sont également proscrites des rassemblements. Le but ? Inculquer aux joueurs la notion de groupe, disparue depuis un bail.

Symbole de cette nouvelle Angleterre, Rio Ferdinand a récemment rappelé combien les rassemblements s’apparentaient à du grand n’importe quoi sous les prédécesseurs de l’Italien. « Nous versions dans les pires excès » , a admis le défenseur de Manchester United. « Nous n’étions plus que des célébrités connues pour nos femmes ou nos petites amies. L’équipe était surexposée médiatiquement. C’était devenu du théâtre et le foot était un élément secondaire. On avait l’impression d’être dans un cirque » , a-t-il avoué, tel un sage, alors qu’il était vraisemblablement le plus indiscipliné de tous les internationaux il y a encore quelques mois.

Deuxièmement, le manager à lunettes a mis fin aux passe-droits : « J’ai dit aux joueurs qu’ils allaient jouer un match, mais surtout être jugé en fonction pendant un mois et demi » . On se souvient des déclarations récentes de Steven Gerrard, qui déclarait flipper pour sa place. Désormais, lorsque le capitaine de Liverpool doit se sacrifier et jouer sur un côté, il s’exécute. Les joueurs sont appelés par leur nom de famille, et celui qui n’est pas content dégage. Seulement voilà, il sait qu’il prive peut-être son palmarès d’un titre de champion du monde.

Les bienfaits de la course au capitanat

Car, on a beau dire, le potentiel est bien là. Et pour la première fois depuis longtemps, il se voit sur le terrain. Au niveau de l’efficacité, difficile de faire mieux : douze points sur douze possibles et une différence de buts de +11 ! Il n’y a qu’à voir les prestations de Wayne Rooney en sélection – notamment celle réussie par le Red Devil en Biélorussie mercredi, absolument époustouflante – pour comprendre que le onze de la Reine a enfin franchi un cap.

Le back-four type est peut-être ce qui se fait de mieux en Europe, du moins sur le papier (Richards-Ferdinand-Terry-Cole). Offensivement, la sélection aux Trois Lions s’appuie sur un trio Joe Cole-Rooney-Walcott qui carbure à plein (déjà 10 buts à eux trois), soutenu par un midfield à trois têtes composé aussi bien de quaterbacks de talent (Barry, Carrick) que de snipers longue distance (Lampard, Gerrard).

Surtout, en remettant tous les compteurs à zéro et en supprimant la notion de titulaire indiscutable, Capello a réussi à faire du brassard un véritable enjeu. La concurrence entre les quatre capitaines potentiels (Terry, Lampard, Gerrard et Ferdinand) est saine et tire l’équipe entière vers le haut.

Aujourd’hui encore, le nom du skipper n’est pas définitivement arrêté, même si Terry tiendrait la corde. Les leaders se sentent enfin concernés et font preuve d’un comportement exemplaire, sur comme en dehors du terrain. Le genre de détails qui font qu’une équipe gagne ou non des titres. Car, mine de rien, 2010 sera probablement la dernière occasion pour ce que l’on présente comme la plus grande génération anglaise depuis celle de 66 de gagner quelque chose. En Afrique du Sud, Gerrard aura 30 ans, Ferdinand et Lampard 32. Il ne faudra pas louper le rendez-vous. Ça tombe bien, Capello n’a pas vraiment l’habitude d’échouer.

Par Marc Hervez

Tu sais que t'as suivi le premier quart du 21e siècle de foot quand...

Par

À lire aussi
Les grands récits de Society: Tout le monde en parle, l'histoire orale
  •  
Les grands récits de Society: Tout le monde en parle, l'histoire orale

Les grands récits de Society: Tout le monde en parle, l'histoire orale

C’était une émission, c’est devenu un rendez-vous. Puis un objet de culte. Souvent drôle, parfois intelligente, toujours alcoolisée et volontiers vulgaire, Tout le monde en parle mêlait la désinvolture d’une petite soirée entre potes et le clinquant d’un dîner dans le grand monde. Voilà pourquoi personne ne l’a oubliée, même 20 ans après.

Les grands récits de Society: Tout le monde en parle, l'histoire orale
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

C'est une putain de bonne question !

2025 aura-t-elle été une bonne année de foot ?

Oui
Non
Fin Dans 15h
129
73

Nos partenaires

  • Vietnam: le label d'H-BURNS, Phararon de Winter, 51 Black Super, Kakkmaddafakka...
  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.
  • La revue de presse foot des différents médias, radio et presse française/européenne, du lundi au vendredi en 3 à 4h!