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Eduardo Camavinga, tout sauf ingrat

Par Quentin Ballue
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Camavinga, tout sauf ingrat

L’extrême droite cherchait une nouvelle polémique pour exister après celle du « Joyeuses fêtes ». Elle a sauté sur l’occasion lorsqu’Eduardo Camavinga a déclaré qu’il se sentait redevable envers l’Angola, son pays natal. Une manœuvre ridicule, d’autant que l’ancien Rennais a toujours clamé son amour et sa reconnaissance pour la France.

Eduardo Camavinga a profité de la trêve pour quitter Madrid et se rendre en Angola. Un joli clin d’œil à son histoire familiale puisque ses deux parents sont originaires de ce pays d’Afrique centrale, situé entre la République démocratique du Congo et la Namibie. Camavinga y est lui-même né le 10 novembre 2002. « On vit dans un immense privilège, sans toujours s’en rendre compte. Profitez des vôtres pendant ces fêtes de fin d’année », a-t-il écrit sur Instagram, en publiant des photos de son voyage sur place, avec des enfants, au musée ou aux côtés du secrétaire d’État Paul Madeira. Il a annoncé son intention d’y créer une école et une académie de football… ce qui lui a valu un torrent de haine en France.

« Contribuer au développement » de l’Angola

Le milieu de terrain du Real Madrid a expliqué qu’il souhaitait « rendre à (son) pays » ce qu’il lui avait apporté. « Cela me remplit de joie. Mes parents sont très fiers. Je suis aussi très heureux d’être de retour dans mon pays et d’avoir l’opportunité de contribuer à son développement. » Plutôt que d’applaudir une initiative généreuse, tournée vers la jeunesse, l’extrême droite a vu rouge. Dans ses rangs, Jean Messiha, toujours prompt à mobiliser ses troupes sur X, a foncé tête baissée, voyant là une aubaine pour propager son discours identitaire habituel.

« Il a quitté l’Angola, tenez-vous bien, à l’âge d’un an pour s’installer en France. Après avoir fait sa carrière, sa réputation et sa fortune en France, il envisage d’ouvrir une académie de football en Angola afin, dit-il, de “rendre à mon pays ce qu’il m’a apporté”. Son pays qui ne lui a rien apporté du tout puisque c’est la France qui l’a fait roi du début à la fin ! Pourquoi une telle ingratitude ? Quand va-t-il rendre à la France ce qu’elle lui a apporté ? » Celui qui soutenait Éric Zemmour à l’élection présidentielle 2022 a obtenu ce qu’il voulait : un peu d’attention. Sans s’embarrasser des détails d’un cas qu’il ne connaît visiblement pas.

Oui, on peut aimer plusieurs pays

Eduardo Camavinga est né en Angola à une époque où la guerre faisait rage dans la région. Sa famille n’a donc pas eu d’autre choix que de fuir. Elle a posé ses valises en Bretagne, où elle s’est intégrée de manière exemplaire. À 23 ans, « Cama » affiche 28 sélections en équipe de France. Il a contribué à l’épopée jusqu’en finale de la dernière Coupe du monde, qui a fait vibrer des millions de Français. Et il n’a pas oublié d’où il venait, en témoigne son don de 5 000 euros au club de son enfance, à La Chapelle-Janson (Ille-et-Vilaine), en 2021.

Un garçon discret, dont l’attitude a toujours été saluée, partout où il est passé. En 2022, il déclarait aussi dans le magazine GQ : « La France est le pays qui m’a accueilli quand j’étais très jeune, je vis en France depuis que je suis tout petit, j’ai la culture de la France et l’éducation de la France, j’ai été à l’école en France, mon diplôme est français, donc c’est normal pour moi de jouer pour la France pour rendre à la France ce qu’elle m’a donné. »

Il souhaite aujourd’hui ouvrir une académie et une école en Angola : où est le problème ? Ce pays fait lui aussi partie de sa culture et de son histoire familiale. Son projet répondra à un besoin, puisque l’Angola n’est que le 148e pays de la planète au classement de l’Indice de développement humain (IDH), basé sur des données comme l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le niveau de vie. N’en déplaise à Jean Messiha, on peut aimer plusieurs pays. Tant mieux. Et surtout, Eduardo Camavinga est libre de faire ce qu’il veut.

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