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Lucas Chevalier, après une année de galère et de combats

Touché à la cuisse à l’entraînement, Lucas Chevalier a perdu tout espoir de rejouer avant la fin de saison au PSG, et voit sa participation à la Coupe du monde remise en cause. Un nouveau coup dur dans une saison cauchemardesque. Laquelle pourrait faire dérailler une carrière annoncée si prometteuse ?
Toutes les pensées se sont immédiatement tournées vers Achraf Hakimi, élément indispensable au PSG dont l’état physique inquiétait depuis la fin de PSG-Bayern. Pourtant, le communiqué médical du club de la capitale comportait également une deuxième mention, plus inattendue. Celle de Lucas Chevalier, victime d’une « lésion de la cuisse droite » à l’entraînement et absent pour « plusieurs semaines ». Une fin de saison en club pour le portier tricolore qui ne sera pas forcément tout en haut de la pile des préoccupations des supporters parisiens au vu de son statut de remplaçant inamovible depuis trois mois maintenant, mais qui continue de nourrir le flot d’interrogations qui entoure l’avenir de l’ancien Lillois.
Une saison en enfer
Elle n’est pourtant pas si loin, l’époque où le dernier rempart voyait Luis Enrique venir le chercher dans le Nord pour l’installer à la place d’un Gianluigi Donnarumma héros de l’épopée européenne, séduit notamment par ses qualités au pied. Sept mois compliqués, plusieurs erreurs et une place de numéro un perdue plus tard, celui que l’on annonçait comme un concurrent sérieux à Mike Maignan en équipe de France se voyait « tendre la main » par Didier Deschamps pour figurer dans la liste du mois de mars. « Ça fait partie de la relation de confiance, lâchait alors le sélectionneur. C’est important pour moi humainement, et je considère qu’en quatre mois, il n’a pas perdu sa valeur. Il reste en activité. De quoi seront faits les lendemains, je ne sais pas. »
30 - Lucas Chevalier 24/25 vs 25/26, une comparaison statistique 📊 Gants. pic.twitter.com/UnN0Wy7cQ8
— OptaJean (@OptaJean) January 23, 2026
Cette blessure assombrit encore le tableau. S’il devrait être remis avant le départ vers l’Amérique, sa participation à la Coupe du monde devient particulièrement incertaine, lui qui n’a pas joué depuis le 23 janvier à Auxerre. Ces dernières semaines, Luis Enrique se refusait à jouer les bons samaritains, tout en rappelant tout le bien qu’il pensait de son gardien. « J’étais très content de le voir en équipe nationale. C’est important d’avoir de la confiance pour un gardien comme lui, soulignait l’Asturien début avril au retour de la trêve, après une question portant sur l’éventualité de lui donner du temps de jeu en vue du Mondial. Si tu penses que je suis ici après toutes ces années parce que certaines personnes peuvent m’influencer, tu te rates clairement. Si tu dis A je dis B, si tu dis noir je dis rouge… J’adore dire le contraire, comme tous les Asturiens, particulièrement les gens de Gijón. » Le tacticien l’aurait-il relancé dans la dernière ligne droite en Ligue 1, en particulier dans le cas d’un titre validé avant la ligne d’arrivée ? On ne le saura donc jamais.
Le tournant, c’est maintenant
Appelé sans discontinuer depuis novembre 2024 et auréolé d’une première sélection un an plus tard face à l’Azerbaïdjan, Chevalier risque-t-il de voir sa carrière avec les Bleus prendre un tout autre virage dans les prochains mois ? Le manque d’options évidentes pour seconder Maignan et Brice Samba pourrait jouer en sa faveur à court terme. Tout comme son caractère, bien trempé. « J’ai toujours tourné à l’adrénaline, à la résilience, à la haine de l’échec. Gamin, je pouvais péter un plomb pour un but, et même pleurer après une défaite. En revanche, je n’avais qu’une envie : que le prochain match démarre pour défoncer l’adversaire, nous confiait-il l’été dernier en interview. J’ai simplement besoin de ça, de me lever le matin avec un but, l’envie de progresser, de chercher l’étape d’après… Je pense qu’il y a trop de gens qui se brident, qui ne se lâchent pas par peur de potentielles conséquences. »
Le foot, ça reste quelque chose d’assez fragile. Un jour, tu es le roi, et le lendemain, tu peux perdre de ta valeur…
Moins d’un an après la consécration que fut ce transfert chez les champions d’Europe, cette prochaine étape doit-elle déjà s’écrire loin de la capitale ? Dans l’immédiat, difficile d’imaginer le Calaisien retrouver une place de titulaire la saison prochaine, entre les performances satisfaisantes de Matveï Safonov et la possibilité de voir le PSG repartir en quête d’un autre profil à ce poste. « Le foot, ça reste quelque chose d’assez fragile. Un jour, tu es le roi, et le lendemain, tu peux perdre de ta valeur… Il faut réussir à le gérer », confiait-il encore, avouant être suivi sur le plan mental. « Pour le moment, je n’ai pas connu de gros trou, je n’ai jamais enchaîné cinq ou six performances compliquées, mais j’imagine que ça peut affecter un équilibre. »
Plus que simplement son équilibre, certains imaginent déjà que sa trajectoire globale puisse être remise en cause par cette saison en enfer. Au point de déjà lui prédire un avenir à la Sébastien Frey ou Alphonse Areola, eux aussi promis à un grand avenir qu’ils n’auront jamais pleinement embrassé. Du haut de ses 24 ans, ce qui reste jeune surtout à l’échelle d’un gardien de but, Chevalier se retrouve face à de prochains mois qui pourraient s’avérer décisifs pour remonter la pente. À lui de trouver le bon défi pour se relancer cet été, et surtout de s’appuyer à nouveau sur cette confiance en lui et des qualités hors normes qui lui ont permis de briller de mille feux à Lille. C’est à ce prix-là qu’il pourra sortir sa prometteuse carrière de l’ornière et faire en sorte que Paris ne soit qu’un mauvais souvenir, comme tant d’autres avant lui.
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