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Jeux paralympiques : où en est l'équipe de France de cécifoot ?

Par François Linden, à Meudon

L’équipe de France de cécifoot, le football pour non-voyants, disputera en septembre prochain les Jeux paralympiques de Paris. Les Bleus s’entraînent aujourd’hui d’arrache-pied pour espérer y décrocher une médaille. À quatre mois de l’échéance, nous avons pu assister à leur entraînement à Meudon. Et discuter de leurs ambitions.

Jeux paralympiques : où en est l'équipe de France de cécifoot ?

Il n’y a pas que les conférences de presse de Thierry Henry et la présence hypothétique de Kylian Mbappé qui feront vibrer le cœur des fans du ballon rond durant les Jeux de Paris cet été. Un peu plus de deux semaines après la fin des JO, huit équipes du monde entier débarqueront dans la capitale pour défendre à leur tour leurs chances de médailles au cécifoot, le football pour déficients visuels (les Jeux paralympiques se tiendront du 28 août au 8 septembre). Les joueurs de l’équipe de France, champions d’Europe en titre et quarts de finaliste du dernier Mondial, s’entraînent plusieurs fois par semaine ensemble en parallèle de leur programme en club. Les Bleus l’affirment avec ambition : l’objectif est de figurer sur le podium aux Jeux, et pourquoi pas de créer la surprise en montant sur la marche la plus haute.

Notre vie familiale et professionnelle est focalisée autour de cet événement. On est obsédé, au sens positif du terme.

Gaël Rivière, joueur de l’équipe de France

Une préparation contre l’ogre brésilien

« Tire, maintenant ! » C’est au son de la voix de Charly Simo, sélectionneur français et gardien improvisé à l’entraînement, que les joueurs de l’EDF balancent leurs meilleures pralines au fond des filets. Sur ce terrain de Meudon, entouré de panneaux empêchant les joueurs d’aller dans le décor, la session du jour mêle autant d’exercices avec ballon que sans. Gaël Rivière, non-voyant de naissance, a beau être en sueur, il l’assure : « C’était un entraînement léger ! » Bien qu’aucun des membres de l’équipe ne vit aujourd’hui de la discipline, c’est leur quotidien qui est en ce moment consacré à la grande échéance estivale. « Les Jeux paralympiques sont la compétition la plus importante dans notre discipline, explique Gaël Rivière. Notre vie familiale et professionnelle est focalisée autour de cet événement. On est obsédé, au sens positif du terme. » Son coéquipier, Ahmed Tidiane Diakite, confirme la montée d’intensité des séances depuis un peu plus d’un an : « En dehors des matchs, on passe quatre heures par semaine avec l’équipe de France, quatre heures en club, auxquelles s’ajoutent aussi deux à trois heures de préparation physique. »

Le cécifoot est habituellement divisé en deux catégories, avec les non voyants d’un côté (personnes aveugles ou avec une faible perception lumineuse) et les malvoyants de l’autre, mais seuls les premiers sont admis aux Jeux paralympiques. Si une vraie amitié règne entre les joueurs, ils savent que les places seront chères pour cet été. « Pour faire sa sélection, c’est comme pour du foot : on supervise leurs matchs en championnat, en Coupe et en stage, détaille Charly Simo, le Didier Deschamps du cécifoot. Là, on travaille surtout avec un vivier de quinze joueurs, et il faudra en extraire dix pour les Jeux. » Cette semaine, la sélection s’est déplacée jusqu’à São Paulo pour disputer deux matchs amicaux contre le Brésil, qui a raflé à chaque fois la médaille d’or depuis l’instauration de la discipline aux Jeux, en 2004. « On a perdu le premier match 1-0, le second 4-0, explique le coach. Mais l’important était surtout de faire tourner l’équipe, en vue de la phase de sélection. » Pas de chance pour les Bleus : c’est leur lourde défaite qui a été diffusée en direct sur la télévision brésilienne devant des millions de téléspectateurs.

Un tournoi au pied de la Tour Eiffel

Cet été, les Bleus auront l’occasion d’écrire une nouvelle page de leur histoire, trois ans après le marasme des derniers Jeux de Tokyo. En 2021, la France avait en effet été classée dernière du tournoi après avoir perdu ses quatre matchs. Une contre-performance qui avait tranché avec la prometteuse médaille d’argent obtenue à Londres, en 2012. « Au niveau européen, nous continuons d’être bien placés, on est champions d’Europe en titre, raconte Gaël Rivière. Au niveau mondial, en revanche, on est en retrait. Il y a des pays comme le Brésil, la Chine ou l’Argentine qui ont les moyens d’en faire un sport professionnel. » Difficile en effet de rivaliser avec des athlètes payés, encadrés par des staffs professionnels et qui peuvent s’entraîner davantage. « Ça ressemble un peu à un affrontement David contre Goliath, comme on en voit en Coupe de France, explique Charly Simo. Il y a des équipes professionnelles qui affrontent des amateurs. Nos joueurs ont des boulots à côté, le football doit parfois passer au second, ou au troisième plan. On ne joue pas dans la même cour, mais on fait le maximum pour réduire l’écart et rivaliser. »

Les adversaires des Bleus ne seront connus qu’à l’issue d’un tirage au sort, le 25 mai prochain. Il restera alors plusieurs semaines pour se projeter et se préparer, le tournoi devant se tenir lors de la première semaine de septembre. Le cadre ferait rêver n’importe quel amateur de foot : tous les matchs se joueront sur le Champ-de-Mars, au stade de la Tour Eiffel. En attendant le grand moment, les joueurs enchaînent les entraînements, les matchs et les tournois de préparation, avec l’ambition d’être de la partie et le rêve fou de triompher à domicile à la fin de l’été. Pourquoi face à l’invincible Brésil, comme lors d’un certain 12 juillet 1998.

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