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Mariage pour tous : Le football n’est pas à la noce

Par Nicolas Ksiss-Martov

L'anniversaire des 10 ans du Mariage dit pour tous-tes a coïncidé avec le fiasco du brassard arc-en-ciel en Ligue 1. L’occasion surtout de se rendre compte que le problème de l’homophobie s’avère profond et structurel et que, cette fois, le foot est à la traîne de la société.

Mariage pour tous : Le football n’est pas à la noce

Dix ans. La dernière victoire culturelle de la gauche en France et la dernière grande avancée des droits LGBT dans l’Hexagone date d’une décennie. L’occasion de se souvenir, pour ceux qui ne regardent que la religion des quelques joueurs qui ont refusé de porter le maillot arc-en-ciel, que lors des débats à l’Assemblée nationale, une grande partie de la France catholique est descendue dans la rue expliquer que Jésus était au-dessus de la République et du « vivre ensemble ». Depuis, 70 000 mariages entre personnes du même sexe (majoritairement des femmes) ont été promulgués, ainsi que 93 000 PACS. Loin du raz-de-marée détruisant cette institution encore dominante de la famille, cette évolution juridique l’a de fait plutôt renforcée. Même ce brave Gérald Darmanin, alors porte-drapeau du combat de la droite contre cette loi, reconnaît s’être trompé et que ses craintes étaient « infondées ». Il se focalise désormais sur l’immigration et les black blocs, c’est plus sûr…

Pour lutter contre l’homophobie dans le foot, il faut décortiquer et discuter ensemble tous les mécanismes d’oppression, créer des alliances, redécouvrir les vertus de l’éducation populaire.

Les Dégommeuses

L’ensemble de la nation a été concerné, et même des petits villages ont célébré ce type d’union. Dorénavant inscrit dans le Code civil, entré dans les mœurs, plébiscité par l’opinion, le mariage pour tous-tes s’est imposé et normalisé, y compris chez la plupart de ses anciens opposants. Sauf dans le foot, enfin surtout le foot professionnel, qu’il soit masculin ou féminin. La dernière journée de lutte contre l’homophobie en L1 et L2 a été le théâtre de débats passionnés autour du refus par quelques joueurs de porter le fameux flocage arc-en-ciel. Cette séquence pousse surtout à réfléchir à la façon de mener cette lutte. Une problématique qui ne se limite pas au ballon rond : par exemple, l’an dernier, 5 joueurs des Tampa Bay Rays en MLB (base-ball) ont refusé de porter les couleurs LGBT pour la Pride Night du club au nom de leur foi chrétienne. Les Dégommeuses, club de foot LGBTQI+, ont d’ailleurs souligné sur leur compte Twitter le besoin de regarder plus loin que le bout du bad buzz : « Pour lutter contre l’homophobie dans le foot, il faut décortiquer et discuter ensemble tous les mécanismes d’oppression, créer des alliances, redécouvrir les vertus de l’éducation populaire. »

Un bloc de conformisme à briser

De fait, l’hermétisme du foot français sur ce sujet, illustré par les propos de Bruno Genesio, « pas certain que ce soit nécessaire de faire une journée contre l’homophobie », peut et doit d’abord se comprendre par d’un retard général en la matière sur le reste de la société. Aucun joueur masculin pro, sur un corpus de plus d’un millier par saison, n’a effectué son coming out (hormis Ouissem Belgacem) et donc évidemment aucun mariage n’est venu « gâcher » l’uniformité du milieu. Quelques-uns ont pu s’exprimer sur les droits LGBT, tel Antoine Griezmann ou Jules Koundé, mais cela se limite à ce type d’affichage. Pour ce qui concerne les filles internationales, le tableau n’est guère plus réjouissant, si l’on excepte le cas de Pauline Peyraud-Magnin. Une situation qui détonne par rapport à d’autres pays, comme les USA avec, par exemple, la figure de proue Megan Rapinoe, ou d’autres sports (Gro & Anja Hammerseng-Edin, handballeuses norvégiennes, se sont mariées).

Évidemment, chez les amateurs, où existent maintenant des associations LGBT tel le Paris Arc-en-ciel par exemple, des célébrations, parfois en interne, ont eu lieu sans problème. La réalité du foot en revanche, y compris après la fin de carrière, révèle de ce fait un blocage fondamental, et sûrement entretenu. Le foot s’imprègne certes de l’ambiance sociale et des milieux dont sont issus les joueurs. Il reste aussi et surtout guidé par le souci des clubs et de leur direction de préserver leur fonds de commerce. L’homosexualité y est toujours vue comme une complication « extérieure », qu’il vaut mieux taire en interne. La normalité du mariage s’y vit certainement comme un danger pour les habitudes et la tranquillité de ce petit monde. Une journée dédiée ou quelques séances dans les centres de formation ne suffiront pas à égratigner un tel bloc de conformisme. Car loin de se limiter à la vie privée, l’orientation sexuelle est un positionnement social. D’ailleurs, aucun joueur ne s’est pour l’instant senti obligé de cacher son hétérosexualité ni son épouse, c’est une évidence de principe. Le mariage pour tous-tes avait permis d’instaurer au sein de la République l’égalité entre les citoyen-nes dans ce domaine essentiel. On n’est pas près, malheureusement, de voir débarquer un nommé aux trophées de l’UNFP au bras de son mari.

Par Nicolas Ksiss-Martov

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