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PSG-Bayern : les liaisons tumultueuses

Alors que les deux clubs s’affrontent en demi-finales de Ligue des champions, la relation entre le PSG et le Bayern Munich semble s’être réchauffée. Ou pas.
« Qui était le Paris Saint-Germain avant que Qatar Sports Investments ne le rachète ? » Au détour d’une interview banale accordée ce lundi à T-Online, sponsor du Bayern Munich, Karl-Heinz Rummenigge – membre du conseil de surveillance du club et ancien PDG – s’est laissé aller à une petite pique historique envers le club parisien, avant la demi-finale de Ligue des champions les opposant. Un savoureux mélange de carotte et de bâton, dans lequel le dirigeant a alterné entre le chambrage et les louanges tressées à Nasser al-Khelaïfi, dont il félicite les travaux depuis quelques années. Une manière comme une autre de saluer l’arrivée du PSG chez les grands et de rappeler, aussi, que les relations entre les deux clubs semblent s’être apaisées. Une affaire loin d’être gagnée jusqu’ici.
Il faut dire que ce même Rummenigge, dans le sillage de la réflexion made in Bayern, s’est rarement montré tendre avec le PSG. Considéré comme un nouveau riche menaçant de fouler les plates bandes des historiques, le club de la capitale – comme Manchester City d’ailleurs – n’a jamais été vu d’un très bon œil par les dinosaures. En septembre 2017, quelques heures avant de se prendre une fessée au Parc des Princes (3-0), Rummenigge synthétisait ainsi l’écart entre les deux institutions : « Le PSG est un nouveau-né en Ligue des champions » tandis que le Bayern est « l’ancien club ». L’année précédente, le bonhomme en avait déjà mis une couche : « Nous n’allons pas payer le type de salaires offerts par Manchester City ou le PSG. Nous donnons de très bons salaires, mais ces clubs offrent des salaires fous. Et ce n’est pas comme ça qu’on gagnera plus de trophées. » Aujourd’hui, le discours a changé.
« Tout ne dépend pas de l’argent. »
Car depuis, la finale de Ligue des champions 2020 – remportée par le Bayern face à Paris – est passée par là et l’assagissement de tous les protagonistes aussi. Au Figaro, Rummenigge concédait ainsi que « grâce aux investissements de son actionnaire et au travail de Nasser, le PSG joue un rôle très important en Europe aujourd’hui. C’est l’équipe française qui brille, et votre pays devrait être fier du PSG. Je sais qu’ils sont souvent critiqués pour l’aspect financier, leurs achats de joueurs très chers. Mais tout cela a finalement été très utile à la Ligue 1 et au football français. » Cette première finale de C1 atteinte par le PSG a donc comme « légitimé » l’entrée du club français dans le giron des grosses cylindrées.

Un constat également visible en Espagne par exemple où, plusieurs années durant, le président de la Ligue de football, Javier Tebas, n’a cessé d’allumer les petro-dollars parisiens avant de se calmer ces derniers temps. La stabilisation sportive du PSG par Luis Enrique et son succès européen de la saison dernière n’ont ensuite fait que confirmer la bonne tendance. Ce point a été entériné par Rummenigge lundi donc : « Je m’en souviens encore : après avoir perdu contre nous en finale en 2020, Nasser était complètement abattu. Je lui avais dit à l’époque : “Nasser, tu dois faire preuve de patience.” Dans le football, rien n’est acquis. Tu dois gagner à la sueur de ton front, faire des transferts intelligents. Tout ne dépend pas de l’argent. Il faut qu’il y ait un esprit dans le vestiaire qui te donne ces trois à cinq pour cent supplémentaires pour remporter ce trophée. » Ne reste plus qu’à savoir si au coup de sifflet final de cette double confrontation les drapeaux blancs seront toujours en berne, ou si les pleurnicheries de ces vieux messieurs en costume reprendront de plus belle.
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