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Ces cinq choses que vous ignorez sur Jonatan Giráldez

Génie tactique, famille de coach galicienne, formation catalane... À 33 ans, Jonatan Giráldez trône déjà au sommet du football féminin mondial. Moins d’un an après son arrivée sur le banc de l’OL Lyonnes, il va connaître sa première finale de Ligue des champions avec les Fenottes, face à son ancien club, le FC Barcelone. Présentations.
→ Le football, une affaire de famille chez les Giráldez
Pas besoin de Geneanet pour faire son arbre généalogique quand on a le football. C’est ce qu’a dû se dire Claudio Giráldez, le coach du Celta de Vigo, avant d’affronter Lyon en Ligue Europa quand on lui a demandé s’il avait un lien avec Jonatan, l’entraîneur d’OL Lyonnes. « Nous sommes tous les deux de Galice, et nous avons eu l’opportunité de nous connaître et de parler football plusieurs fois. Il a regardé nos entraînements l’année passée, mais je ne peux pas dire que cette confrontation provoque une grande connexion, car nous ne nous sommes jamais affrontés directement, avait-il déroulé. Je suppose qu’il a des sentiments particuliers avec le Celta, mais cela relève plus de l’anecdote. Je ne sais pas si nous sommes de la même famille, mais je me renseignerai. »
Dring dring, Jonatan Giráldez a bien confirmé au Progrès que les deux hommes étaient liés par le sang : « J’ai eu l’opportunité de discuter avec lui lors d’une visite à Vigo, et il m’avait dit que nous avions peut-être une connexion familiale. Ma famille a enquêté et nous avons découvert, il y a trois ou quatre mois, que nos grands-pères étaient cousins. » Vivement le passage chez Camille Combal sur TF1.
Jonatan Giráldez ✨ pic.twitter.com/7ooaCQl6PY
— OL Lyonnes (@ol__lyonnes) May 11, 2026
→ Un coach (et un universitaire) façonné à Barcelone
Si Giráldez s’est fait un nom du côté du FC Barcelone, c’est pourtant l’Espanyol qui lui a mis le pied à l’étrier. C’est du côté de l’Atlántida Matamá, en parallèle de ses études en Sciences du sport à Pontevedra, qu’il a connu ses premières expériences d’entraîneur. Le type a surtout étudié : un coup à l’Institut national d’éducation physique de Catalogne, un autre à l’université de Barcelone avec un double master (sur la performance sportive et un professionnel en football)
Des connaissances théoriques complétées par une expérience de terrain du côté de l’Espanyol entre octobre 2014 et mai 2015, où il était entraîneur adjoint et préparateur physique de l’équipe U16 masculine. Un début d’odyssée qui s’est poursuivi du côté de la Fédération catalane de football, avant de rejoindre le Barça comme adjoint de Lluís Cortés, d’abord du côté de la Masia, puis chez les A en 2019. C’est en 2021 que « Jona » a commencé à écrire sa légende et à faire du Barça féminin la nouvelle terreur du foot mondial, avec 10 trophées remportés en trois ans sur douze possibles. Seule la finale de la Ligue des champions 2021-2022 face à l’OL (1-3) et l’édition 2023 de la Coupe de la Reine, pour avoir fait jouer une joueuse suspendue en huitièmes de finale, lui ont échappé.
→ Mister winner
« Ce qui me caractérise le plus, c’est mon esprit de compétition », analysait Giráldez au détour d’une interview au Guardian. Difficile de donner tort à celui qui n’a raté aucune finale de Ligue des champions depuis qu’il est en poste et qui n’a manqué la finale que d’une seule compétition, celle de Coupe de la Reine en 2023, depuis qu’il est devenu entraîneur principal. Le Barça, Washington Spirit, puis l’OL Lyonnes, le natif de Vigo compte déjà un joli CV à 34 ans.
C’est vraiment appréciable d’avoir un entraîneur capable de changer de stratégie d’un simple signe de la main.
Compétiteur, mais surtout génie tactique selon Lindsey Heaps : « C’est vraiment appréciable d’avoir un entraîneur capable de changer de stratégie d’un simple signe de la main, même quand le match ne se déroule pas parfaitement, que nous ne donnons pas le meilleur de nous-mêmes ou qu’un ajustement s’impose. Il peut facilement modifier son approche, détaille la milieu de terrain qui rejoindra Denver Summit à la fin de la saison. Mais c’est aussi un gagnant : il sait comment gagner et comment faire basculer un match pour nous aider à l’emporter. Il a rejoint l’équipe idéale, car nous sommes des gagnants, nous voulons tout gagner, et avec un entraîneur aussi compétent, je pense que ça fonctionne très bien ensemble. »
Un avis partagé par Ingrid Engen qui a évolué sous les ordres du tacticien galicien au Barça et désormais à Lyon : « Jona a sa propre vision du jeu. Il parvient à nous faire jouer son style de football, tout en mettant l’accent sur les atouts de cette équipe. » Un mariage de raison qui a déjà ajouté deux titres au palmarès des Fenottes avec la Coupe LFFP et la Coupe de France, toutes deux remportées face au Paris Saint-Germain, avant de remettre l’OL au sommet du football européen ? Même si chaque titre en son temps, comme l’a rappelé le coach lyonnais après le sacre en Coupe de France : « Je n’aime pas parler de la conséquence du titre, j’aime parler du jeu, du visage que l’équipe doit montrer au niveau offensif et défensif pour bien jouer chaque match. Après, la conséquence, c’est de mériter la victoire et de gagner beaucoup de titres. C’est vrai qu’arriver ici, c’est pour gagner beaucoup de matchs, beaucoup de titres. » Deux sur quatre, pour l’instant.
Jonatan Giráldez est à Lyon. 👋🤩 🗨️ La première interview de notre nouvel entraîneur est dispo' sur YouTube !
— OL Lyonnes (@ol__lyonnes) July 12, 2025
→ Le nouveau visage de la galaxie Kang
« J’ai tellement évolué. C’était l’une des principales raisons de mon départ : évoluer en tant que professionnel, m’épanouir personnellement », confiait Giráldez à propos de son aventure à Washington Spirit, la franchise américaine détenue par Michele Kang. Un départ pas forcément bien reçu de la part des supporters barcelonais, comme l’explique Frédéric Porta, journaliste sportif et historien du FC Barcelone : « Personnellement, en ce qui concerne Giráldez, l’impression générale qui prévaut est qu’il a quitté le club pour l’argent, tout comme l’avait fait Markel Zubizarreta. Rejoindre une équipe aux États-Unis semblait être un pas en avant dans sa carrière, mais depuis qu’il a atterri à l’OL, l’impression a changé. Il est au service de la grande magnat du football féminin, ce qui ne le met pas sous un jour très favorable. »
En effet, le technicien espagnol n’a passé qu’une saison à Washington avant de débarquer dans le Rhône pour prendre la succession de Joe Montemurro, éphémère coach des Fenottes qui a depuis pris la tête de la sélection australienne. Sa nomination a laissé la sensation que la période américaine n’était qu’une transition avant de prendre véritablement les rênes de l’OL Lyonnes, alors que la rivalité entre le Barça et l’OL ne cesse de s’exacerber année après année.
→ Une promesse de ne pas affronter le Barça
« Ce ne sera pas l’Europe. Pour moi, l’important est de ne pas affronter le Barça. Le club passe avant tout », avait expliqué le natif de Vigo au moment de quitter le FC Barcelone. Moins de deux ans plus tard, Giráldez va bien affronter le FC Barcelone en finale de Ligue des champions, mais en étant de l’autre côté, sur le banc de Lyon. « On m’a posé une question sur ma prochaine destination ou mon prochain club, et pour des raisons de confidentialité, ma réponse a été que je ne pouvais pas donner le nom de cette équipe et, pour donner un peu plus d’informations, j’ai dit que ce serait une équipe qui ne jouerait pas contre le Barça, ce qui était important à ce moment-là, après tant d’années au Barça, s’est-il justifié. La première partie de cette question a été omise, on n’a retenu qu’une phrase, je dirais même que cette partie de la phrase a été manipulée. J’ai entendu dire que je n’allais plus jamais jouer contre eux, que je partais pour ne plus jamais jouer contre le Barça, c’est quelque chose qui n’est pas sorti de ma bouche. »
Gràcies a tots i totes per regalar-me el dia d’ahir 💙❤️ “No me gustan las despedidas porque considero al Barça parte de mi familia y de la familia nunca te despides”. pic.twitter.com/LhiquRq668
— Jonatan Giráldez (@giraldez_jona) June 10, 2024
La rencontre aura toutefois une saveur particulière pour celui qui a été élu meilleur entraîneur de club au monde en 2023 selon l’IFFHS avec le FC Barcelone. « Je suis très heureux parce qu’en tant que supporter du Barça, je me réjouirai toujours de leurs succès. J’ai été très heureux là-bas. J’y ai mûri sur le plan personnel et professionnel. Je leur souhaiterai toujours le meilleur, sauf, évidemment, lors de cette finale, car je suis compétitif et j’aime gagner, tout comme elles et le staff, a rassuré Giráldez. Mais au-delà de ça, je prends ce match avec sérénité, avec beaucoup de motivation. On sait qu’on doit faire un match presque parfait parce que le niveau de football sur le terrain sera très élevé. » Reste à savoir si le football prendra le pas sur les émotions.
Ada Hegerberg ravie de jouer une finale à domicilePar Léna Bernard
Tous propos recueillis par LB, sauf mentions.























































